Vie du blog - Vive le blogging !
J’ai beau prendre beaucoup de plaisir à raconter mes pitoyables mésaventures, force est de constater que je n’écris pas très souvent. Au tout début de ce blog, je publiais un article tous les trois jours ; là, on est plutôt sur un rythme d’un article toutes les trois semaines. Cela n’empêche pas certain(e)s d’entre vous de prendre du retard sur la lecture des billets*.
Je reconnais avoir volontiers meublé ces attentes avec un ou deux articles non prévus initialement. Celui sur l’araignée, notamment, m’a valu quelques sympathiques railleries.
Paradoxalement, alors que je suis capable de pondre un pavé sur une aile de mouche, un barreau de chaise ou un robinet (Bénabar et Vincent Delerm en seraient jaloux), il y a un sujet d’article évident qui ne m’a pourtant pas sauté tout de suite aux yeux : l’anniversaire du blog.
« Vive le chômage » a en effet soufflé sa première web-bougie le 9 mai dernier. Cela fait donc déjà un an que j’ai sauté le pas, un an que j’ai décidé de faire partager mes péripéties un peu à l’aveugle, un an de matraquage de clavier, un an de blagues douteuses, de titres débiles et de génériques divers et variés. Voici un lien vers le tout premier article, si vous souhaitez vous (re)plonger dans ces poussiéreuses archives.
Je profite de l’occasion pour faire un peu le point et répondre à quelques questions que vous vous posez peut-être (ou pas du tout, mais peu importe). Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de vous recracher une copie de l’article que j’ai publié quand le blog a atteint les 2000 visiteurs. Je ne suis pas feignant à ce point-là.
Commençons par un sujet sensible : la qualité des articles. Sans fausse modestie, elle me semble globalement en baisse dernièrement ; ou, pour être plus exact, elle est relativement inégale d’un article à l’autre. Mais il me paraît compliqué de pouvoir atteindre à chaque fois le niveau de l’épisode 12, que je considère comme mon chef-d’œuvre ultime.
J’adore entendre les musiciens, cinéastes ou acteurs nous expliquer à chaque nouvelle création que cette dernière est la plus aboutie de toute leur carrière, comme s’ils s’amélioraient à chaque fois. Je peux comprendre que ça ne soit pas très vendeur de dire « cet album est moins bien que le précédent mais achetez-le quand même » ; mais bon, il n’est pas toujours possible de faire mieux à chaque occurrence, y compris à mon trèèèèèèèèès humble niveau de blogueur troufion anonyme.
Il faut bien garder à l’esprit que ce que j’ai à raconter n’est pas toujours drôle, ou bien il n’est pas toujours aussi facile d’en tirer des éléments humoristiques. J’essaye donc parfois de meubler avec des pirouettes qui peuvent du coup être hors sujet, de glisser ici ou là quelques conneries visant à relever le niveau.
Certains épisodes ont été assez laborieux à écrire car je savais à l’avance qu’il y aurait beaucoup de récit et peu d’humour, ce qui explique que j’ai parfois été si lent à les publier. Si je ne suis pas moi-même motivé, la fréquence de publication et la qualité s’en font fatalement ressentir.
L’épisode 24, par exemple, n’a rien de foncièrement drôle dans son contenu ; mais il fait partie de mon expérience, cette histoire m’a marqué et j’ai donc tenu à en faire un article, quitte à ce qu’il soit jugé comme étant moins bon que la moyenne. L’objectif du blog est de raconter mon parcours chaotique de chômeur, l’humour n’est qu’un outil qui n’y a pas forcément toujours sa place.
Cela dit, j’ai encore pas mal d’anecdotes psychédéliques en réserves ; le bordel, la déconnade et - espérons-le - la qualité devraient donc être au rendez-vous dans les prochains articles. En tout cas, je ferai tout pour.
On a beau se répéter (surtout nous messieurs) que la taille n’est pas importante, il faut reconnaître que les derniers articles sont à la fois moins bons et moins longs. Là encore, cela dépend de ce que j’ai à raconter. Je ne peux pas pondre l’équivalent de 12 pages Word à chaque fois ; surtout si je sens que le billet ne va pas être top, ça ne m’incite pas à tartiner.
Bon, là je me relis et je n’aime pas, mais alors pas du tout, les paragraphes précédents. Je trouve ça horriblement prétentieux et déplacé de me justifier sur la qualité d’un blog que quasiment personne ne lit. Mais ça ne m’avait pas dérangé quand j’ai commencé à rédiger cet article, et maintenant qu’il est fini j’ai la flemme de le modifier. Et puis j’aime bien qu’on me déteste.
Purée je vous jure, c’est compliqué d’être dans ma tête… Bref, tout ça pour dire que je ne suis pas parfait mais que je ne dois pas en être très loin. La preuve, je me remets en question. Tout seul, comme un grand.
Niveau statistiques, la barre des 6000 visites a été franchie il y a quelques jours. Encore une fois, je n’ai pas d’éléments de comparaison mais je pense que c’est pas trop mal, je fais grosso merdo mes 20/30 visiteurs par jour. À ce sujet, j’ai vraiment bien fait d’écrire un billet sur les gens qui veulent éviter les rendez-vous du Pôle Emploi : vous n’avez pas idée du nombre d’internautes qui viennent sur mon blog en tapant cette requête sur Google. Ça représente facilement un quart de mon trafic. Tout ça pour tomber sur un article où ils se font insulter… J’adore ! :-)
En ce qui concerne mon inéluctable ascension vers la gloire, l’argent et les soirées à me repoudrer le nez avec Delarue, c’est pas pour demain. Aussi improbable que cela puisse paraître, personne ne m’a contacté pour me proposer de publier un bouquin tiré du blog. Je voulais éviter de me peindre « Vive le Chômage ! » sur le corps et d’interrompre un match de l’Euro 2012 en courant tout nu sur la pelouse, mais je ne vais peut-être pas avoir le choix. Soit dit en passant, je remercie mes amis de ne pas m’avoir fait un coup de pute en guise de poisson d’avril, en m’appelant tout en se faisant passer pour un éditeur. Perso, à votre place, je l’aurais fait. Mais c’est logique, je suis une pute.
Autre sujet sensible : ma méchanceté. J’ai l’immense regret de vous informer que les différentes moqueries, insultes et diffamations proférées depuis un an ne m’ont toujours pas valu le moindre procès ; cela prouve, si c’était encore nécessaire, que mon audience est plus que limitée. C’est pas faute d’essayer de créer le buzz, mais ça ne marche pas.
Sans spoiler sur les futurs articles, je vais faire un point très rapide sur ma situation actuelle. J’ai entamé un processus de réorientation dont l’objectif est de cibler un nouveau métier puis très probablement d’effectuer une formation par la suite. Autant dire que je ne suis pas prêt de retravailler et que je vais donc encore avoir beaucoup de temps pour écrire.
Ça tombe bien, j’ai encore un paquet de choses à vous raconter. Au bas mot (Barack…), j’ai facilement 25/30 articles de prévus. Voire plus, si je continue d’improviser de temps en temps des billets comme celui-ci. Le blog a donc encore de beaux jours devant lui. En fait, son avenir dépend surtout de vous, mes très chers lecteurs.
Comme je le disais plus haut, je ne vais pas me relancer dans un long discours de remerciements puisque je l’ai déjà fait précédemment. Je me contenterai donc d’un simple mais sincère et chaleureux merci pour votre fidélité, vos commentaires, vos facebook-likes, vos retweets et tous vos messages d’encouragements en général.
J’adresse un remerciement particulier à Gof, un blogueur qui a eu la gentillesse de parler de mes modestes écrits via son blog et Twitter, ce qui m’a amené quelques visiteurs. Son blog La Mare du Gof parle beaucoup d’informatique et d’Internet, entre autres, mais pas uniquement. Ce serait trop réducteur de le résumer à cela. En tout cas, c’est extrêmement bien écrit et réellement intéressant. De plus, ses outils, services et sites à (re)découvrir regorgent de liens utiles. Inutile de préciser que je vous recommande chaudement d’aller y faire un tour, et plus si affinités.
Et puis parce que je suis de bonne humeur, j’en profite pour faire un peu de publicité pour le blog d’une collègue canalblogueuse : ça s’appelle DocLoose et ça raconte les déboires d’une doctoresse qui a le don de les cumuler. C’est très drôle, bien écrit et surtout c’est une poissarde de haut niveau ; alors forcément, je me sens solidaire.
Bon, là je pense que j’ai fait le tour. Le pire dans tout ça, c’est que j’étais en train de plancher sur l’épisode 27, à peine 24 heures après avoir publié le 26, et puis j’ai tilté sur la date. J’ai d’abord envisagé de juste écrire une ligne ou deux pour marquer le coup, puis je me suis demandé s’il y avait matière à pondre un article entier dédié à cet anniversaire… et bim !
Je n’écris quasiment jamais d’une traite ; en général, je jette des idées à la va-vite puis j’y reviens plusieurs fois, parfois en laissant de longs intervalles (d’où la cadence de grosse feignasse depuis quelque temps). Mais en de rares occasions, comme pour cet article, j’ai une idée qui me vient et je tartine à fond. Je ne l’ai pas écrit d’un coup, mais sa rédaction aura été beaucoup plus rapide et condensée qu’en temps normal. Et encore, j’aurais pu le publier plus tôt si mon PC ne m’avait pas fait un très gros caprice ces derniers jours.
Y a pas à dire, je suis bouillotte. Avec un peu de chance, vous aurez l’épisode 27 dans seulement deux semaines.
Je vous fais de gros poutous. Pas de panique, le chômage n’est pas contagieux.
Générique : Good Charlotte – Seasons
* Voilà, t’as eu ta dédicace :-)
Épisode 26 - If it doesn't fit, you must acquit
Comme je l’ai évoqué précédemment, j’étais à l’époque en plein dans une période où les offres d’emploi intéressantes grouillaient, offres auxquelles mon profil correspondait. De plus, n’étant au chômage « que » depuis un an (si je puis dire), je ne prenais pas encore en pleine tronche l’argument de la trop longue inactivité, ce qui fait que mes candidatures ne terminaient pas lamentablement leur parcours à la poubelle. Cette période est aujourd’hui malheureusement révolue, mais n’anticipons pas trop les futurs articles.
Un beau jour - en fait non, un jour normal donc un jour de merde -, je trouve sur le site du Pôle Emploi une offre intéressante pour un poste de webmarketeur spécialisé en référencement commercial.
Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à tartiner du texte inintéressant et pas en rapport avec le contenu de l’article uniquement dans le but de gonfler ledit article de quelques lignes. Une fois n’est pas coutume, je vais faire une petite parenthèse pour expliquer en quoi consistait ce poste, et surtout pourquoi j’étais objectivement le candidat idéal.
L’objectif principal du webmarketeur est l’acquisition de trafic. Il y a différentes manières de faire venir les internautes sur un site Internet, l’une d’entre elles étant le référencement qui consiste à optimiser le positionnement du site en question sur les moteurs de recherche. Il ne s’agit pas seulement de l’indexer, c’est-à-dire de l’ajouter à la base de données du moteur de recherche ; il faut aussi qu’il y soit bien positionné.
La comparaison qui revient souvent pour expliquer ce métier est celle du supermarché : il ne suffit pas que le supermarché place votre produit dans ses rayons, il faut également qu’il soit positionné à des endroits stratégiques afin d’attirer le client.
Au niveau des moteurs de recherche, on distingue deux référencements :
- le référencement naturel : en anglais, Search Engine Optimization (SEO). Comme son nom anglais l’indique (bien plus que le français en tout cas), il s’agit d’optimiser son site et sa communication afin d’améliorer son positionnement dans ce qu’on appelle les SERP (Search Engine Result Pages, bin oui le marketing c’est un truc de djeun’s qui speak english, get used to it). Les leviers d’amélioration de ce positionnement sont nombreux : qualité et originalité du contenu, ergonomie du site, popularité et notoriété du site, fréquence des mises à jour,… etc. La légende veut que l’algorithme utilisé par le Dieu Google contienne plus de 200 critères… L’argent n’en fait pas partie : vous pouvez bien évidemment payer quelqu’un pour effectuer cette prestation, mais vous ne pouvez pas « acheter » à Google un meilleur positionnement ;
- le référencement commercial : en anglais, Search Engine Marketing (SEM). Cette fois, c’est l’appellation française qui est plus explicite. Il ne s’agit pas ici de qualité mais bien de pépettes. Vous déboursez de l’argent pour être bien positionné sur un mot ou une expression clé. Cela fonctionne sur un système d’enchères : plus votre enchère est élevée, plus votre annonce est bien placée. Et dès qu’un internaute clique sur votre annonce, le moteur de recherche vous débite du montant de votre enchère. La gestion du budget est donc primordiale. Dans les faits, c’est plus complexe puisque la qualité du texte de votre annonce entre également en compte ; de plus, vous n’êtes pas nécessairement débité du montant exact de votre enchère, cela peut être un montant inférieur.
Prenons un exemple pratique : allez sur Google et cherchez « lunettes de soleil ». Les résultats de la colonne centrale sont issus du référencement naturel : ils sont classés en fonction de la qualité et de la pertinence des sites par rapport à votre recherche. Les résultats de la colonne de droite sont issus du référencement commercial : ils sont classés en fonction des enchères mises sur cette expression par les possesseurs de chaque site. Selon les cas, vous pouvez également trouver ces annonces en haut de la colonne centrale (donc juste au-dessus des résultats « naturels »), sur fond jaune, bleu ou rose. En cliquant sur l’un de ces liens, vous ferez dépenser une certaine somme au site en question. Ce service proposé par Google s’appelle Google Adwords.
Dans le détail, on pourrait parler d’autres référencements, tels que celui des réseaux sociaux (Social Media Optimization - SMO) ou encore le référencement géolocalisé (sur Google Maps, par exemple) ; but this is not the point.
À la base, pour mon précédent job, j’avais été embauché pour faire du référencement naturel. Ça tombait bien, je ne savais faire que ça. Mais au bout de quelques mois, mon employeur m’a demandé d’étudier le fonctionnement de Google Adwords afin que notre entreprise puisse proposer ce service. C’est ainsi que j’ai été chargé d’effectuer des prestations de référencement commercial pour des clients ; je sais donc mener une campagne de SEM, créer des annonces pertinentes, gérer un budget, et tout et tout…
Je sais : c’est long, chiant et je n’ai pas été drôle une seule fois. Mais ça va vous permettre de mieux comprendre ce qui va suivre ; et surtout, ça va mettre fin une bonne fois pour toutes aux idées fausses de certains membres de mon entourage qui croyaient dur comme fer que j’étais acteur porno.
NON ! WRONG ! FALSCH ! ULCA* ! Je référençais des sites de cul. Nuance.
Petite précision, au cas où ma présentation du référencement aurait éveillé une vocation chez vous : ça fait deux ans et demi que je suis au chômage. Libre à vous de tenter votre chance…
Maintenant que j’ai explosé pour un bon millier d’années le record du plus gros hors sujet, anciennement détenu par O.J. Simpson pour son essayage de gants qui lui avait permis de rallonger de 24 heures son procès**, je peux revenir à ma petite histoire.
Comme je le disais en début d’article, l’offre d’emploi concernait un poste en référencement commercial. L’entreprise cherchait un candidat ayant bac+4 avec une première expérience souhaitée. Mon profil correspondait donc totalement, que ce soit au niveau des diplômes, de l’expérience ou des compétences. Donc, sans aller jusqu’à penser que j’obtiendrai le poste, j’ai envoyé ma candidature en étant raisonnablement optimiste sur mes chances de décrocher un entretien.
Une semaine passe, puis une autre, puis une troisième… Pas de nouvelles de l’entreprise.
Bon, là je fais comme si je me rappelais précisément de tout alors que ce n’est pas tout à fait exact. Ça date pas d’hier donc j’ai pas tous les détails en tête… Disons qu’il s’est passé un certain laps de temps relativement long sans que je n’obtienne de réponse, fusse-t-elle négative.
Je décide donc d’appeler l’entreprise parce que bon, au bout d’un moment, ça suffit hein. Zut, quoi.
À l’autre bout du fil, mon interlocuteur m’informe que ma candidature n’a pas été retenue. Mais ce n’est pas tout… Il me dit également que l’entreprise n’a recruté personne, car elle n’a été satisfaite par aucune des candidatures reçues.
Très déçu de n’avoir même pas décroché d’entretien, je n’insiste pas et je raccroche. Très déçu, mais également très perplexe par rapport à ce que j’ai entendu.
Aucun candidat recruté ? Que mon profil ne corresponde pas à l’offre, sans être prétentieux, j’avais déjà beaucoup de mal à y croire. Mais après tout, pourquoi pas. En revanche, comme j’en ai fait de nombreuses fois l’amère expérience, il y a énormément de postulants pour chaque offre de ce genre. Sur le coup, je me demande donc comment l’entreprise a pu ne pas trouver son bonheur parmi tous les CV reçus.
Et puis ensuite, je me remémore un minuscule détail que j’avais jusque-là occulté : l’entreprise proposait le SMIC comme salaire. Aucune candidature reçue n’était satisfaisante ? Mon cul… Il est plus probable que, ayant reçu des CV de candidats qui avaient un bon niveau d’études doublé d’une expérience significative, l’entreprise ait eu peur que chacun d’entre nous exige un salaire plus conforme à nos profils respectifs.
Qu’ils tiennent ce raisonnement, passe encore… Mais ce qui est stupide de leur part, c’est de ne pas avoir pris la peine de me demander quelles étaient mes prétentions salariales, ne serait-ce qu’au téléphone avant même d’envisager de me convoquer pour un entretien. Après tout, au bout d’un certain temps au chômage, j’aurais carrément était disposé à faire des concessions. Peut-être ont-ils questionné d’autres candidats à ce sujet, mais ça ne change rien au fait qu’ils n’ont finalement recruté personne.
Toujours est-il que, si c’était pour entendre de telles conneries, j’aurais mieux fait de ne pas les appeler.
Je n’ai plus jamais eu de nouvelles de cette entreprise, pas plus que je n’ai vu d’autres offres d’emploi publiées par elle.
Bof, pas grave. Après tout, je croule sous les propositions d’embauche, hein…
Générique : Depeche Mode - Enjoy the Silence
* J’ai tenté l’elfique mais je suis pas très sûr de mon coup. Introuvable en Klingon, en tout cas.
** C.f. le titre de l’article, allez donc vous cultiver sur Wiki.
Épisode 25 - Get rich or die trying
Ça y est, ça a fini par arriver : depuis le jj/mm/20xx je suis officiellement une feignasse, un assisté, un profiteur du système. Bref, je touche le RSA.
Ah bah oui, l’allocation chômage n’est pas éternelle. Pour ceux qui se posent la question, vous touchez une allocation chômage pendant une durée équivalente à celle de votre précédente expérience. J’ai bossé 18 mois, j’ai perdu mon boulot, j’ai touché l’alloc’ chômage pendant 18 mois. And now, this is the end (my only frieeeeend, the eeeeeeeeend…).
Et là, ça devient problématique. Parce que bon, autant le mode Tanguy me permettait de vivre de l’alloc’ chômage, autant le passage au RSA* allait singulièrement me compliquer la tâche. Surtout avec un prêt étudiant aussi pot de colle qu’un directeur du FMI sur une femme de ménage, sans parler du prix de l’essence qui, déjà à l’époque, grimpait plus vite qu’un directeur du FMI sur… enfin bref, vous m’avez compris.
Autant dire qu’il me fallait trouver à très court terme un moyen de gagner ma vie un peu plus dignement (et surtout un peu mieux) afin de pouvoir satisfaire mes nombreux besoins en romans de Charles Dickens, en virées au casino, en prostituées bulgares, en mangas, en objets dédicacés par Booder et en vieilles boîtes de pâté Hénaff pour compléter ma collection (celles de 1982 étant particulièrement rares et chères).
Le temps était donc venu pour moi de faire le point sur les différents moyens de gagner ma vie…
Pour tout vous dire, j’ai pas mal galéré pour trouver l’angle de cet article qui n’a longtemps été qu’un fichier Word totalement vide et sobrement nommé « fin allocs ». Mais revenons au $ujet principal : comment me faire des thune$ ?
- créer ma boîte : alors oui mais en fait non… Je suis un peu sidéré d’entendre ce conseil revenir régulièrement. La moitié des nouvelles entreprises cessent leur activité au bout de 5 ans, alors merci de ne pas trop inciter les gens à se casser la gueule ; c’est pas votre pognon qui est en jeu. Et dans mon cas, ça me semble assez compliqué de convaincre des professionnels de faire confiance à un p’tit gars qui a tout juste dépassé le quart de siècle et qui a derrière lui un an et demi d’expérience et autant de chômage ;
- travailler au noir : variante de la proposition précédente qui a l’avantage d’éviter les risques liés à la création d’entreprise… ainsi que d'éviter de payer des impôts ! Et puis en cumulant des petites missions comme ça de temps en temps, je pourrais me constituer un carnet d’adresses et présenter quelques références si je me décidais à devenir auto-entrepreneur. Mais bon, vu que ce n’est pas très légal, je préfère ne pas crier sur tous les toits de la toile que je l’ai déjà fait et que je continue de le faire. Next ;
- vendre mon blog : bonne idée, sauf que je n’en avais pas entamé la rédaction à l’époque où mes droits chômage ont cessé. Et aujourd’hui, les propositions de rachat n’affluent pas. Mais je ne désespère pas : une fois qu’il sera achevé, j’arriverai bien à le faire publier et à en faire un best-seller (que vous aurez intérêt à acheter, merci d’avance). Et qui sait, une adaptation au cinéma verra peut-être le jour. Si une caissière de supermarché a réussi, pourquoi pas un ex-webmarketeur… ;
- vendre mon corps : mesdemoiselles, un formulaire de contact est à votre disposition ici ;
- le trafic d’organes : on reste dans la thématique du corps humain, en un peu plus glauque. Bon, ça me semble un poil risqué de se lancer dans ce genre d’histoires. De toute façon je ne suis pas sûr qu’il y ait une grosse demande, on n’est pas en Albanie. Enfin c’est ce que je pensais à l’époque mais la donne a peut-être changé entre temps ; en effet, les très nombreux myopathes soutenant François Hollande auraient bien besoin d’une greffe de moelle épinière. Et de cerveau… ;
- le trafic de drogue : c’est tellement cliché que j’ai rien trouvé à dire à ce sujet… J’en profite toutefois pour vous signaler que si vous avez voté pour un(e) candidat(e) qui proposait de dépénaliser le cannabis, vous pouvez aller vous faire foutre ;
- la chanson : franchement, vu les merdes qui se vendent en ce moment, j’ai largement la possibilité de faire fortune si je m’y attelle sérieusement, ne serait-ce qu’une demi-heure. J’avais d’ailleurs déjà planché à mes heures perdues sur une chanson dont le thème était « t’achètes une voiture pour travailler, tu travailles pour rembourser ta voiture… euh attends, c’est pas logique… pfouuu, j’suis défoncé… », mais Orelsan m’a piqué l’idée ;
- prendre une photo du Yéti : euh… Je ne suis pas frileux, mais de là à tenter l’expédition de la mort… Surtout que j’ai le même gabarit de maigrichon que Tchang dans Tintin au Tibet, ça pourrait me porter malheur. Je crois que je préfère encore rester au RSA ;
- épouser Paris Hilton : pourquoi pas, mais est-ce faisable ? Je ne sais pas s’il est possible de tremper un petit toast premier prix dans un pot de caviar ;
- prendre un petit job : ça va pas la tête ?
Bref, en arrivant au bout de mes allocations chômage, je me suis retrouvé à cette époque encore plus en galère que je ne l’étais déjà auparavant, avec un besoin encore plus important de trouver un taf. Vite.
Générique : Muse – Time is running out
* Soit une chute de mes revenus de 56,55%, je me suis fait chier à faire le calcul.
Épisode 24 - Le Poulidor de la recherche d'emploi
Quand vous échouez à un entretien d’embauche parce que le candidat retenu avait un meilleur profil que le votre, vous n’avez pas de regrets à avoir. Mais quand vous sentez que l’entretien s’est bien passé, que vous avez eu un bon contact avec le recruteur, que votre profil correspond, qu’on vous confirme que vous avez toutes vos chances, que vous n’avez marché dans aucune crotte de chien avant ou après l’entretien… et que malgré tout cela le poste vous échappe, vous êtes forcément dégoûté.
Vous vous en rappelez probablement si vous êtes de fidèles lecteurs, il m’est arrivé par le passé d’échouer à un recrutement parce que je n’avais apparemment pas montré assez de dynamisme et de motivation au cours de l’entretien. Je m’étais donc promis suite à cette mauvaise expérience que cela ne se reproduirait pas.
J’ai pu le voir sur le long terme, je suis meilleur en entretien que je ne l’étais au début de mes recherches : je suis moins stressé, je me vends mieux, je suis beaucoup plus en mode « winner qui en veut mais bon pas trop quand même », parce qu’il ne faudrait pas non plus donner au recruteur l’impression qu’on ambitionne de prendre sa place dans les deux ans à venir.
Bref, à défaut d’emmagasiner de l’expérience professionnelle, j’emmagasine de l’expérience en entretiens d’embauche. C’est sûrement loin d’être parfait mais je ressens les améliorations au fil du temps et, surtout, il ne m’arrive plus jamais d’avoir des regrets en sortant d’un entretien.
Et pourtant…
Comme je l’évoquais en conclusion de l’épisode 22, j’allais entamer à l’époque une période assez prolifique en ce qui concerne les offres d’emploi et les entretiens d’embauche.
La première piste intéressante, qui est l’objet de cet article, fut une offre d’emploi à laquelle mon profil correspondait totalement : un poste en webmarketing pour un candidat ayant déjà une première expérience dans ce domaine, le tout dans une PME en plein développement.
Ma candidature intéresse le dirigeant qui me convoque à un premier entretien, puis à un second. Mais quelques jours plus tard, il m’apprend qu’il a retenu un autre candidat après, me dit-il, avoir beaucoup hésité.
C’est pourtant pas faute d’avoir tout essayé…
Le premier entretien se passe bien. Je suis reçu par le dirigeant qui a l’air d’être cool et sympa. On échange sur l’entreprise, le poste, mon parcours… Classique. Puis vient le moment de la question fatidique :
« Dites-moi pourquoi je devrais vous choisir plutôt qu’un autre candidat. »
J’ai commencé ma réponse par les banalités usuelles : je suis sérieux, travailleur, j’aime ce métier,… etc. Bref, tout le blabla habituel saupoudré d’une bonne dose de dynamisme permettant de rendre mon discours crédible.
Bien conscient que cela ne suffirait probablement pas à me démarquer de mes concurrents, j’ai tenté les cartes de l’audace et de l’humour réunies :
« C’est mon anniversaire dans quelques jours, ça serait un beau cadeau.
- Oui enfin ça c’est pas vraiment un argument, me répond-il en souriant.
- Je sais, mais ça valait le coup d’essayer. »
Je suis un petit comique, hein. D’ailleurs, ça l’a fait rire. Mais ça n’a pas suffi…
J’ai été convoqué à un second entretien avec un potentiel futur collègue chargé d'évaluer mes connaissances.* Ce petit test s’est bien passé et j’ai eu la confirmation, en revoyant le dirigeant à l’issue de cet entretien, que je faisais partie de la short-list et que j’avais donc de sérieuses chances d’obtenir le poste. Mais je me suis malheureusement fait coiffer au poteau avec photo-finish à l’appui.
Je dois reconnaître quand même que le dirigeant a eu la classe de me rappeler pour m’annoncer de vive voix la mauvaise nouvelle. C’est suffisamment rare pour être signalé, même s’il est resté assez flou dans ses justifications. En effet, après m’avoir dit qu’il avait beaucoup hésité avant de faire son choix, je me suis permis de lui demander sur quels critères il s’était décidé. Après tout, cela ne pouvait que m’aider dans mes futures démarches. J’ai eu le droit à « Euuuh… en fait, euuuh… j’ai beaucoup hésité mais… j’ai choisi un autre candidat ». Deux fois la même réponse vague… N'étant pas d’humeur à prolonger la conversation, je n’ai pas insisté et nous nous sommes quittés bons amis.
Et là, forcément, dans une situation pareille tu te demandes ce que tu peux faire de plus… Et puis surtout, BORDEL, qu’est-ce que « l’autre » a de plus que moi ???
Faut-il que les 3 millions de chômeurs en France (4 ? 6 ?) trouvent un boulot pour que je sois enfin recrutable ?
Ça fait un peu comme le mec désespéré qui drague à coups de « si je suis le seul homme sur Terre, tu sors avec moi ? »
C’est un exemple volontairement exagéré. Il va de soi que je n’aborde pas les filles comme ça, et les recruteurs non plus…
… on ne sait jamais, la réponse pourrait être négative.
Générique : Michael Jackson – Who is it
* Pour mes collègues footeux : on a joué contre lui. Small world, hein ?
Épisode 23 - +1,08% d'espoir
Vous vous en souvenez probablement, j’ai récemment (oui, bon, ça va hein…) écrit un article sur la journée-type d’un chômeur-type, en l’occurrence moi.
J’ai toutefois oublié de préciser que la plupart des tâches que j’effectuais durant ces laborieuses journées étaient souvent accompagnées par I-Télé en fond sonore - ou pas -, que je laisse tourner en boucle une bonne partie de la journée.
C’est toujours mieux que les chaînes musicales devant lesquelles je reste rarement plus de cinq minutes d’affilée, leurs programmations respectives étant proches du néant absolu en terme de qualité.
Déjà, ça me permet de rester au courant de l’actualité puisque, rappelez-vous, je lis les journaux en retard. Très en retard, même (ah, Sarkozy devrait officialiser sa candidature courant février ; c’est bon à savoir…).
Et puis surtout, l’avantage compétitif d’I-Télé par rapport aux autres chaînes d’info en continu est que les présentatrices sont vraiment trop trop…
Hum. Passons.
Un jour, l’air de rien, mon regard est attiré par un élément troublant à l’extrémité de mon champ de vision.
Exactement : comme pour le coup de la monstrueuse araignée qui m’avait provoqué en duel, mais en moins flippant. Au contraire même, c’est un détail réjouissant qui est porté à mon attention à cet instant précis.
Je remarque en effet, ô joie ultime, que le CAC 40 a atteint les 4000 points.
Je sens le web-poids de vos regards incrédules, et les remarques qui vont avec.
« Non mais on s’en tamponne les roubignoles avec une porte-fenêtre à isolation thermique de la marque qu’on ne citera pas parce qu’on n’est pas là pour faire de la pub, mais tu sais très bien de quelle marque on parle, celle qui fait la pub avec Jean-Marie Bigard, enfin bref c’est pas important, le but étant surtout de dire qu’on s’en tape les parties génitales avec un objet contondant, c’est-à-dire qui blesse en écrasant mais sans couper, bah oui faudrait pas que ça coupe non plus parce que bon, c’est sensible à cet endroit-là, et puis laisse tomber les dégâts si ça s’infecte, enfin voilà tout ça pour dire que le CAC 40 à 4000 points on s’en fout un peu, et c’est vrai qu’on aurait pu aller directement à l’essentiel en disant directement qu’on s’en fout mais l’image de l’écrasement testiculaire par un objet aussi improbable qu’une porte-fenêtre paraissait essentielle afin d’illustrer notre pensée, sauf qu’on a dit deux fois "essentiel" en deux lignes, on aurait peut-être pu dire "nécessaire" la deuxième fois, tant pis, trop tard, toujours est-il qu’on se contrefout que le CAC 40 ait atteint les 4000 points. »
Détrompez-vous, ce palier symbolique a son importance. Enfin, c’est ce que je me suis dit sur le moment. Mon raisonnement, clair comme de l’urine de hamster, était que ce petit événement allait entraîner des réactions en cascade. Par un miraculeux effet boule de neige, les marchés allaient prendre confiance grâce à ce chiffre rond, les cours de la bourse allaient s’envoler, les grandes entreprises obtiendraient de l’argent frais grâce à la hausse de leurs actions, elles investiraient, recruteraient, feraient bosser des sous-traitants qui recruteraient à leur tour… Bref ça allait être la fête. Pas de quoi sauver la Grèce ni fournir l’Afrique en eau potable, mais suffisant pour créer des opportunités d’emploi.
Comment pouvais-je être aussi sûr de moi à l’époque ? Et bien c’est très simple : indépendamment du fait que j’ai toujours raison, je sais surtout de quoi je parle ; en effet, j’ai fait des études en macro économie appliquée aux politiques nationales de développement de croissance. Jusqu’au brevet.
Et pourtant, allez savoir pourquoi, ça ne s’est pas passé comme je l’avais prévu. L’indice ne s’est pas envolé vers les 5000 points, bien au contraire. Il s’est même totalement écroulé depuis, à un niveau encore plus bas qu’à l’époque de la crise des subprimes qui avait entraîné la première cascade de licenciements et la flambée des prix du pétrole ; c’est dire la merde dans laquelle on s’est enfoncé, du genre diarrhée d’un éléphant constipé depuis 3 mois qui se serait enfilé une mixture à base de piments ultra forts, de sauce piquante, de pruneaux d’Agen et de laxatifs.*
Je me suis bien planté sur le coup. Mais bon, comme a dit Woody Allen, « l'avantage d'être intelligent, c'est qu'on peut toujours faire l'imbécile, alors que l'inverse est totalement impossible. »
Et puis c’est pas pire qu’Elizabeth Teissier qui prévoyait que 2011 serait une « année géniale » pour DSK. Mais bon, c’est pas le sujet puis ce n’est pas mon genre de me moquer gratuitement des gens donc je ne vais pas m’attarder sur ses autres grandes prédictions, du style la victoire de la France à l’Euro 2008, le 11 septembre 2001 qui aurait dû être un jour positif pour les transports et les voyages, ou encore la découverte d’un vaccin contre le SIDA prévue pour 1988, 1992 puis 1997. N’insistez pas.
Qui sait, je vais peut-être finir par avoir raison – avec plus d'un an de retard. Parce que depuis quelque temps, le CAC remonte. Doucement. Pas assez vite pour être revenu à 4000 points quand je publierai cet article, mais c’est mieux que rien.
Si, comme moi, vous n’avez rien de mieux à foutre de votre vie, vous pouvez fouiner sur des sites financiers et chercher à quelle date le CAC est repassé au-delà des 4000 points pour la première fois depuis la crise des subprimes, ce qui vous permettrait de situer cet article chronologiquement.
La lecture en long, en large et en travers des enquêtes de Sherlock Holmes, ça laisse des réflexes.
En tout cas, moi, j’ai atteint les 4000 visiteurs. Et toc ! Remonte ton slibard, Lothar ! (© « K » again)
Générique : Kelly Clarkson – The sun will rise
* J’espère que vous êtes en train de manger ou de digérer pendant que vous lisez cet article.
