Tiens, une musique de Star Wars qui retentit. On dirait une sonnerie de portable. C’est incroyable à quel point certains peuvent être geeks.

Tiens, c’est mon portable en fait.

Tiens, je connais pas ce numéro.

Tiens, c’est une nana d’une boîte d’intérim qui m’appelle parce qu’elle a repéré mon profil dans sa base de données.

Comme quoi, ça sert de déposer son CV en ligne.

Donc la nana m’appelle plus ou moins pour me parler d’un hypothétique poste auquel mon profil pourrait éventuellement correspondre. Mais avant cela, l’éternel sujet sensible arrive sur le tapis :

« Par contre, me dit-elle, vous n’indiquez pas ce que vous faites depuis la fin de votre dernier emploi en 2009. Je suppose que vous avez eu d’autres expériences entre temps. »

Tu supposes mal, cocotte.

Je lui réponds que non, je n’ai pas travaillé depuis trois ans, à part le stage tragi-comique évoqué précédemment mais qui ne figure pas sur mon CV. Et comme toujours dans cette situation, j’essaye d’expliquer rapidos le pourquoi du comment de mon inactivité.

Et là, gros blanc… Après trois interminables secondes, elle me répond « Euh… Envoyez-moi votre CV à jour pour qu’on fasse le point sur votre profil. »

Ça va bientôt faire deux ans et je n’ai toujours pas de nouvelles de leur part. Je crois qu’ils ont fait le point sans moi et, allez savoir pourquoi, cela ne m’étonne pas une seule seconde.

 

Générique : …

 

Wowowo ! Minute papillon !

Tu balances déjà le générique ? Après un pauvre article pourri de 20 lignes que t’as mis un mois à pondre ? Et en plus tu te parles à toi-même ? Non mais tu te fous de la gueule du monde, là !

Ok, ok, calmons-nous. J’ai de quoi combler un peu le vide avec une autre aventure palpitante.

Mais avant de commencer la narration de cet épisode, quelques petites précisions s’imposent…

Cette histoire remonte à trèèès longtemps, mais j’avais choisi dès le début du blog de la mettre de côté car j’estimais que son contenu pourrait m’être préjudiciable dans ma recherche d’emploi*, ce que vous allez constater par vous-mêmes.

Mais maintenant que j’ai un boulot, et que je ne risque donc plus rien, je m’en fous et je peux ainsi me permettre de sortir cet article du placard. Par ailleurs, le timing de publication n’est pas anodin : je rajoute cette histoire à la suite de celle du dessus car, le hasard faisant bien les choses, les deux concernent des agences intérim.

 

J’adore les boîtes d’intérim. Elles facilitent grandement les recherches d’emploi car, en général, elles ne demandent qu’un CV à celles et ceux souhaitant postuler à leurs offres, et donc pas de lettre de motivation.

Je l’ai dit à de nombreuses reprises, la lettre de motivation est à mon sens une perte de temps doublée d’une hypocrisie sans nom. En effet, on demande à un candidat d’écrire une lettre totalement personnalisée en fonction de l’entreprise et du poste. Mais s’il n’est pas retenu, il recevra une réponse automatique et, pour le coup, pas du tout personnalisée. Si tant est qu’il reçoive une réponse, ce qui est rarement le cas.

Sans parler du flot de banalités insipides que l’on y écrit, à base de « Votre entreprise est reconnue comme étant l’un des leaders dans son secteur », « Dynamique, motivé et aimant le travail en équipe, je souhaite intégrer votre entreprise où je trouverai le cadre idéal pour m’épanouir », ou encore « La conception d’élastiques a toujours été ma grande passion ». Et n’oublions pas la structure que toute lettre de motivation se doit de respecter, le sacro-saint « vous-moi-nous ». Bref, difficile de personnaliser une lettre où l’on y balance tous les mêmes conneries, en suivant les précieux conseils des spécialistes de la recherche d’emploi.

De toute façon, vous pouvez écrire la meilleure lettre possible, ce sera complètement inutile si vous n’êtes pas capable de vous vendre en entretien, LE moment où il est capital de montrer votre motivation pour le poste et de convaincre le recruteur que son intérêt est de vous choisir.

Certes, me direz-vous, en étant au chômage, on n’a pas grand-chose d’autre à faire que de rédiger des lettres de motivation. Mais bon, je maintiens quand même mon point de vue.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire mon article sur le CV et la lettre de motivation.

 

L’histoire que je m’apprête à raconter commence donc par une offre d’emploi publiée par une agence d’intérim. Un simple clic et mon CV est envoyé. Dès le lendemain, mon téléphone sonne et je suis convoqué pour un entretien.

Cette entrevue se déroule bien. Le poste est plutôt intéressant : l’entreprise qui recrute souhaite inciter ses clients à utiliser son site Internet. Mon profil orienté web est donc susceptible de pouvoir l’intéresser. De plus, n’étant à l’époque au chômage que depuis peu de temps (c’est pour vous dire à quel point ça fait longtemps que j’attends de publier cette histoire), mon inactivité n’était pas encore rédhibitoire.

Quelques jours plus tard, la boîte d’intérim me rappelle pour m’informer que son client souhaite me rencontrer. La nana de l’agence m’envoie donc un e-mail pour me rappeler la mission à laquelle je postule, mais pas seulement. Elle en profite pour glisser : « Je vous demande une excellente présentation et une prise de note en entretien. »

En lisant entre les lignes, le message qu’elle veut probablement me faire passer est que je suis envoyé par l’agence d’intérim, qu’en un sens je la représente et que je dois donc éviter de donner à leur client une mauvaise image qui remettrait en cause la capacité de l’agence d’intérim à choisir de bons candidats pour les entreprises qui les mandatent.

Soit. M’enfin c’est un peu débile dans le sens où cette même nénette m’a reçu en entretien. Elle a donc pu constater que j’étais venu en costard, rasé et que je prenais des notes. Je n’ai donc pas besoin qu’on me prenne par la main et qu’on vienne m’expliquer comment se comporter en entretien. À la rigueur, si j’avais merdé à ce sujet quand on s’est rencontrés, j’aurais compris. Mais je pense que ça n’a pas été le cas, donc la pertinence de sa réflexion m’échappe quelque peu.

 

Je me retrouve donc dans les locaux de l’entreprise. Mon interlocutrice m’informe que le recrutement ne concerne pas uniquement la mission d’intérim à laquelle j’ai postulé : le candidat retenu sera embauché à l’issue de la mission. Ne voulant pas se faire chier avec le processus de recrutement, l’entreprise a préféré laisser cela aux soins d’une agence d’intérim. De plus, elle souhaite profiter de cette longue période – il s’agit d’un contrat de six mois – pour vérifier que le candidat retenu fait bien l’affaire.

En fait, la recruteuse admet sans aucun scrupule que la mission d’intérim est une période d’essai déguisée, et rallongée au passage. C’est complètement illégal, but who cares ?

Le problème est que j’ai postulé pour cette mission bien particulière d’accompagnement de clientèle dans le domaine du web, sans savoir qu’il y aurait un après. Or, si mon profil correspond à cette tâche, c’est loin d’être le cas en ce qui concerne le futur.

Mon interlocutrice me dit en effet que les missions que son entreprise se voit confier s’effectuent en général dans le domaine technique, et beaucoup plus rarement dans le domaine du web. Si elle est persuadée que je ferai l’affaire pour le contrat en intérim, elle a plus de doutes sur ma capacité à réussir des missions plus techniques, ce en quoi elle n’a pas tort. Et elle ne veut surtout pas perdre son temps à lancer un autre recrutement dans six mois : le candidat retenu pour la première mission sera embauché en CDI à la fin de la période d’intérim ; il doit donc être capable de s’acquitter des futures tâches techniques que l’entreprise lui confiera.

La recruteuse insiste bien sur son embarras vis-à-vis de mon profil, mais elle me précise que les autres candidats sont dans le même cas. En gros, on est tous aussi nuls les uns que les autres. Ou alors, en voyant plutôt le verre à moitié plein, on peut en conclure qu’on a tous notre chance, sauf bien sûr si l’entreprise décide de ne recruter personne.

C’est donc très perplexe que je prends congé de mon interlocutrice, sans trop savoir quelles sont mes chances d’obtenir un poste auquel mon profil risque de ne pas correspondre.

 

La date à laquelle j’étais supposé recevoir une réponse arrive, et personne ne m’a donné signe de vie. Je me permets donc d’appeler l’agence d’intérim où l’on me dit que les deux personnes en charge de ce recrutement ne sont pas disponibles. Je tente donc ma chance directement auprès de l’entreprise mais, là encore, la personne qui m’a reçue est occupée.

Je réitère mes tentatives plusieurs fois au cours des jours qui suivent, aussi bien auprès de l’agence d’intérim que de l’entreprise qui recrute. Après plusieurs jours, je finis par tomber sur une nana de la boîte d’intérim qui me dit que mes interlocuteurs ne sont toujours pas disponibles. Elle me demande donc pour quel recrutement j’appelle. Je lui réponds et le couperet tombe immédiatement : le poste est pourvu depuis deux semaines ! Elle s’étonne donc du fait que je n’aie pas été prévenu du rejet de ma candidature.

« On aurait dû vous appeler… »

Je confirme…

Pour résumer, j’ai eu deux interlocuteurs au sein de cette agence, dont une qui m’a demandé d’être irréprochable auprès du recruteur afin de ne pas ternir la réputation de l’agence ; et il n’y en a pas eu un seul qui a été foutu de me rappeler. Autant ils craignent que leurs candidats donnent une mauvaise image de leur agence, autant ils attachent moins d’importance à leur propre comportement.

Je voulais leur envoyer un e-mail incendiaire, voire les rappeler pour les allumer et les sentir bien merdeux à l’autre bout du fil, mais je me suis retenu, au cas où j’aurai à nouveau affaire à eux dans le futur.

Vis ma vie de sans-couilles.

Cela dit, pour l’anecdote, j’ai effectivement été à nouveau en contact avec cette agence quelques mois plus tard – mais pas avec les mêmes personnes – dans le cadre d’un autre recrutement. Et là encore, j’ai dû les rappeler pour obtenir une réponse qu’ils m’avaient promise. Une réponse négative, évidemment.

Pour l’anecdote (bis), il leur arrive de temps à autre de m’appeler pour faire le point sur mon profil afin de mettre à jour mon dossier. Quand ça les arrange, aucun problème, ils arrivent à mettre la main sur mon numéro.

Bref, c’est scandaleux. Mais n’ayant pas la rancune tenace, je ne citerai pas le nom de cette agence d’intérim. Je tiens à respecter l’anonymat d’Expectra.**

 

Générique : Shiny Grey – Why

 

* Pour rappel, j’ai écrit il y a un bout de temps un article expliquant pourquoi il m’est arrivé de censurer certains épisodes.

** Oui oui, c’est uniquement à cause de ce passage que j’ai censuré l’article pendant 4 ans.