Il revient, et il n’est pas content !

Euh bah, si, si, ça va. :-)

Il revient, et il est au chômage !

Et non ! Ça fait déjà 6 ans et demi que je retravaille…

Il revient, et il reprend le blog !

Alors pas exactement… Comme je l’avais dit dans le dernier article, il n’est pas prévu que je reprenne l’écriture sur ces pages de manière régulière, comme je le faisais à l’époque. Quoique, le virus (sans mauvais jeu de mot) est clairement en train de me reprendre...

Il revient, et il se fait chier pendant le confinement !

On se rapproche déjà un peu plus de la vérité ! Bon en fait, pas tant que ça, vu que je suis en télétravail. Mais en m’économisant les trajets quotidiens pour aller au boulot et en revenir, j’ai un peu plus de temps pour moi, pour écrire, et pour penser à ceux qui, eux, s’ennuient réellement !

Car oui, en cette période de confinement, le temps peut vous sembler bien long. C’est dans cette optique que je vous propose aujourd’hui une liste de 10 films à voir pendant le confinement (qui sera peut-être suivie par d’autres articles sur les bouquins, séries, BD/mangas, albums… mais je promets rien).

Et... action !

 

Il était une fois en Amérique

Il n’y a pas de mots pour décrire le culte que je voue à ce film. À part peut-être « Putain, mais ta gueule ! » C’est ce qui doit immanquablement traverser l’esprit de mes interlocuteurs quand je commence à en parler.

Pourquoi ? Parce qu’il y a tout dans ce long-métrage de l’immense Sergio Leone. Absolument tout. Amour, amitié, tendresse, violence, trahison, humour, haine, rancœur, vengeance, malice, innocence, bastons, meurtres, viols, retournements de situation, répliques cultes…

Mais commençons par le commencement.

New York, 1933. Le film début par une chasse à l’homme. La cible ? David « Noodles » Aaranson, interprété par le grand, l’exceptionnel, le seul, l’unique Robert De Niro. Noodles fuit une bande de tueurs qui l’accusent d’avoir « vendu ses meilleurs copains », assassinés après un braquage ayant mal tourné. Après un court passage par une fumerie d’opium, il se rend dans une gare et ouvre une consigne qui, à son immense surprise, se révèle être vide. Il s’apprête à prendre le train, fait quelques pas…

… et nous voilà en 1968, face à un De Niro grisonnant. Troublant, mais il faut vite s’y faire car « Il était une fois en Amérique » compte une bonne dizaine d’allers et retours entre l’adolescence de Noodles en 1922, sa période adulte en 1933, et enfin 1968.

En 1922, Noodles et ses amis forment une bande de petits vauriens pauvres d’un quartier juif de New York, multipliant les délits pour le compte du loubard local afin de gagner quelques piécettes. Noodles trouve une tendre échappatoire auprès de sa ravissante amie Deborah, danseuse en herbe, qu’il espionne en se cachant dans les toilettes mitoyennes à la salle où elle révise ses pas de danse.

En 1933, devenus adultes, les 4 compères se sont « professionnalisés » et appartiennent désormais à un véritable gang. En pleine prohibition, la violence est leur quotidien. Les affaires tournent, mais des tensions apparaissent entre Noodles et son meilleur ami Max, interprété par James Woods. On ne met pas 2 coqs dans un poulailler.

En 1968, en fuite depuis 35 ans suite à la mort de ses amis, Noodles est mystérieusement contacté sous un prétexte anodin. Comprenant qu’il a été retrouvé, il revient à New York enquêter sur ce qu’il reste de son passé, et va découvrir l’impensable…

Scénario sans faille, acteurs prodigieux, scènes cultes, répliques mémorables : chaque seconde d’Il était une fois en Amérique est un chef-d’œuvre. Mention spéciale pour la scène où le jeune Patsy, haut comme 3 pommes, se rend chez la plantureuse Peggy avec une pâtisserie, le tarif maison pour découvrir les plaisirs de la chair auprès de la prostituée adolescente du quartier. Mais la demoiselle se fait attendre, et le jeune garçon se retrouve nez à nez avec cette tentation sucrée, hésitant entre la consommation sordide d’un corps et celle, bien plus innocente et en adéquation avec son jeune âge, d’une délicieuse charlotte. Difficile de faire plus beau, plus drôle et plus émouvant que cette scène.

Je suis même ultra fan de la fin ouverte du film, alors que c’est un concept que je déteste en temps normal. Mais là, non. Le choix est clairement laissé au spectateur sur l’issue de l’histoire de Noodles, et ce pari de Sergio Leone est tout sauf une solution de facilité.

Et que dire de l’enrobage ? Visuellement, le film est magnifique. Difficile de ne pas citer la scène mythique du pont de Manhattan. Mais au-delà de ce plan iconique, on se plaît à se balader dans le New York des années 20 et 30, fidèlement reproduit ici.

La musique n’est pas en reste, Sergio Leone l’ayant confiée à son ami et collaborateur de longue date, Ennio Morricone. Le plus grand compositeur de l’histoire du cinéma (pitié, ne me parlez pas de Hans Zimmer…) livre là une bande originale absolument magistrale, qui accompagne merveilleusement bien le film et peut même s’écouter seule.

Alors oui, il faut accepter de rester près de 4 heures devant un film, sans se perdre dans sa chronologie chaotique. Mais la récompense est largement à la hauteur de l’effort fourni.

Troisième et dernier film de la saga de Leone sur l’Histoire de l’Amérique (après Il était une fois dans l’Ouest et Il était une fois la Révolution, qu’il faut également voir), Il était une fois en Amérique est un film cultissime, l’incontestable numéro 1 à mes yeux. Ne passez surtout pas à côté.

« Sur la ligne de départ, on connaît déjà le vainqueur. On connaît d’avance les vainqueurs, et d’avance les tocards… Qui aurait misé un penny sur toi ?

- J’aurais misé tout ce que j’avais sur toi…

- … Et t’aurais tout perdu… »

Conseil de visionnage : je dis rarement ça, mais j’ai une légère préférence pour la VF, mais peut-être parce que je l’ai vu de nombreuses fois en français avant de le visionner en VOST.

 

Citizen Kane

Orson Welles n’a que 25 ans quand il tourne son premier long-métrage. Près d’un siècle plus tard, Citizen Kane est quasi-unanimement reconnu comme étant le plus grand film de toute l’histoire du cinéma. Pas mal pour un débutant !

Ce drame biographique nous narre la vie de Charles Foster Kane (interprété par Welles himself). Cet homme d’affaires immensément riche meurt dès les premières scènes, en prononçant un mot énigmatique : Rosebud. Voulant percer le mystère de cet ultime testament oral laissé par le mourant, un journaliste part à la rencontre de ceux ayant fréquenté ce singulier personnage, leurs témoignages étant autant de prétextes à emmener le spectateur faire plusieurs sauts dans le passé.

Et c’est toute la vie du « citoyen Kane » qui défile ainsi sous nos yeux pendant 2 heures, au gré des recherches du journaliste. Utilisant la technique – très peu employée à l’époque – du flashback, Welles alterne investigations du reporter et épisodes de la vie du protagoniste principal, pas toujours par ordre chronologique.

Et c’est peu dire que Charles Foster Kane a eu une existence riche et mouvementée ! Enfant pauvre confié par ses parents au directeur d’une banque chargé de son éducation, adolescent rebelle, gérant d’une immense fortune, rédacteur en chef d’un journal distribuant des fakes news à tour de bras (ou de rotative, en l’occurrence), homme politique à la carrière furtive, mari aimant puis volage, amant (trop) passionné et obstiné, puis vieux loup solitaire, Kane aura vécu plusieurs vies en une. Et le spectateur est immanquablement happé dans le vertige de cette ascension hors normes et de sa chute inexorable.

Et que dire de la fin, cette incroyable révélation qui nous est faite dans les ultimes secondes et dont nous avons l’exclusivité en tant que spectateurs, avec la certitude que les protagonistes du film, au contraire de nous, ne découvriront jamais la solution du mystère. Quel paradoxe ! Étranger à l’univers du long-métrage, le spectateur est pourtant le seul à être du bon côté de la caméra. Orson Welles clôture en beauté son film en brisant ainsi le 4ème mur d’une manière aussi originale que magistrale.

Oui, ce film est vieux. Oui, il est en noir et blanc. Oui, tout en lui, du jeu des acteurs aux dialogues en passant par la réalisation rappelle chaque seconde au spectateur qu’il visionne un film sorti en 1941. Mais putain, ce que c’est bon !

Et croyez bien que je ne tombe pas dans la facilité qui consisterait à suivre aveuglément les divers classements faits par les critiques, magazines et sites spécialisés. Non, Citizen Kane n’est pas le plus grand film de tous les temps « parce que tout le monde le dit » ; c’est un immense chef-d’œuvre, un monument du 7ème art totalement novateur pour l’époque (de par l’utilisation des flashbacks, entre autres), bref, un film incontournable à voir pour enrichir votre culture cinématographique. Et pour briller en société, en surjouant l’insupportable arrogance de l’auto-proclamé connaisseur : « Quoi ? T’as pas vu Citizen Kane ? » Effet garanti.

Conseil de visionnage : je ne l’ai vu qu’en VOST, je pense que j’aurais du mal à le regarder en VF.

 

12 Hommes en Colère

12 hommes, jurés lors d’un procès, s’enferment dans une pièce pour délibérer sur le cas d’un adolescent pauvre qui est accusé du meurtre de son père. Tout indique que le garçon est coupable, et 11 des 12 jurés en sont convaincus. Mais le 12ème, interprété par l’immense Henry Fonda, s’oppose à eux.

Est-il persuadé de l’innocence du jeune garçon ? Absolument pas. Mais il a un doute, troublé par certaines preuves pas si évidentes à ses yeux, et convaincu que la défense de l’accusé a été bâclée par un avocat commis d’office et peu enclin à se fatiguer sur une affaire perdue d’avance. Et surtout, ce juré se refuse à envoyer sur la chaise électrique un gamin de 17 ans sans lui avoir consacré au moins une petite heure de son temps.

Commence alors une incroyable plaidoirie ou Henry Fonda va tenter de faire changer d’avis ses 11 compagnons dans la chaleur humide et suffocante de la petite pièce où ils sont enfermés, et où se déroulera l’intégralité du film (à l’exception de la première et de la dernière scènes).

Ces « 12 hommes en colère » vont alors repasser en revue tous les éléments à charge, de l’arme du crime à l’alibi de l’accusé en passant par les différents témoignages. Ils iront jusqu’à reproduire et chronométrer, dans une des scènes cultes du film, la démarche hésitante de l’un des témoins à charge, un homme qui prétend être sorti de chez lui en 15 secondes pour surprendre la fuite du suspect, alors que son âge et sa claudication semblent l’empêcher de réussir une telle performance digne d’un sprinteur jamaïcain.

Inutile de dire que les conflits seront nombreux entre les 12 jurés que tout oppose. Leur opinion respective sur l’affaire, bien sûr, mais également leur caractère, leur personnalité, leur condition sociale, leur passé, leurs problèmes, et leurs intérêts personnels.

Un banquier gentil, dans tous les sens du terme.

Un patron bourru (l’antagoniste principal), qui voit dans ce parricide supposé l’occasion de régler ses comptes à distance avec son fils, au point d’en perdre sa lucidité et d’avoir un jugement biaisé sur l’affaire.

Un courtier aussi froid et pragmatique qu’un ordinateur.

Un homme qui, parce qu’il est issu du même milieu social défavorisé que l’accusé, hésite à s’exprimer sur l’affaire et encaisse de plein fouet les préjugés de ses collègues.

Un ouvrier discret mais qui intervient pour recadrer les dérapages de certains jurés.

Un fan de baseball prêt à se plier à la majorité pour entériner le vote au plus vite, afin de ne pas manquer le match auquel il doit assister dans la foulée.

Un architecte érudit et orateur éloquent (le personnage d’Henry Fonda).

Un retraité aimable et bienveillant, mais avec son petit caractère.

Un vieil homme aigri et rempli de préjugés sur les personnes défavorisées, et donc sur l’accusé.

Un horloger calme qui s’efforce d’exposer les faits.

Un publicitaire nonchalant qui préfère jouer au morpion et raconter ses anecdotes de travail plutôt que se concentrer sur les débats.

Et face à eux, un sympathique coach de football américain désigné premier juré, qui tente tant bien que mal de mener les débats et de désamorcer les conflits, tout en ménageant la susceptibilité de chacun.

Voici les 12 personnages hauts en couleur qui s’affronteront, parfois violemment, pendant une heure et demie et de nombreuses scènes d'anthologie.

Réalisé par le génial Sydney Lumet (Serpico, Un après-midi de chien (dont je parlerai plus bas), Network,…), 12 Hommes en Colère est un chef-d’œuvre de psychologie, et probablement le huis-clos le plus emblématique du cinéma.

Conseil de visionnage : peu importe, la VF est très réussie et passe aussi bien que la VOST.

 

Vol au-dessus d'un nid de coucou

Accusé de viol sur mineure, Randall McMurphy (Jack Nicholson) parvient à simuler une folie partielle pour se faire interner dans un hôpital psychiatrique. Il découvre un établissement aux règles particulièrement strictes, géré par la psychorigide infirmière en chef Miss Ratched, à la coiffure aussi droite que ses principes.

Il constate également que les autres patients sont complètement asservis, réduits à une obéissance totale au système établi, et littéralement effrayés à l’idée de s’opposer à l’intimidante infirmière en chef. Mais McMurphy est un esprit libre et rebelle. Refusant d’être infantilisé, son anticonformisme va se heurter de plein fouet à l’extrême rigidité de Miss Ratched.

Du trafic de cigarettes aux parties de cartes clandestines, McMurphy tente constamment de bousculer l’ordre établi et de convertir ses compagnons d’infortune à son mode de vie. Ces derniers sont plus que ravis de découvrir qu’un autre quotidien est possible, loin de l’enfermement dans lequel le personnel hospitalier les enferme en leur imposant un quotidien amorphe et sans avenir. Le paroxysme de cette quête de liberté est atteint quand McMurphy parvient à faire sortir ses nouveaux amis et organiser avec eux une virée en mer.

Dans une autre scène culte, McMurphy, qui s’est vu refuser le droit de regarder du baseball à la télé, décide de simuler le match. Devant l’écran éteint, il commente des actions fictives, crie de plus en plus fort et, se prenant au jeu, les autres patients se mettent également à encourager des équipes inexistantes, au grand dam de Miss Ratched qui, incapable de les calmer, voit son autorité vaciller petit à petit.

Les scènes que McMurphy partage avec Chef, un colosse amérindien sourd, muet et très calme, sont, quant à elles, particulièrement touchantes.

Vol au-dessus d’un nid de coucou est un chef-d’œuvre absolu. Beau, émouvant, drôle, surprenant, mais également dur, cynique et triste, il fait passer le spectateur par toutes les émotions possibles et imaginables. Difficile d’en ressortir indemne et de ne pas vouloir le revoir ni le conseiller à son entourage.

Jack Nicholson est magistral dans ce rôle d’électron libre insaisissable n’obéissant qu’à ses propres règles. Mais cette précision est presque superflue tant elle résonne comme une évidence au vu de ses nombreuses autres performances inoubliables (Shining, Chinatown,…). Louise Fletcher excelle dans la peau de l’infirmière en chef autoritaire, insensible, froide et hautaine, au point d’être en 5ème position du classement des plus grands méchants de l’histoire du cinéma, établi par l'American Film Institute.

Au rayon des seconds rôles, on notera quelques têtes connues parmi les patients : Danny DeVito, Christopher Lloyd (Doc dans Retour vers le Futur, l’oncle Fétide dans La Famille Addams,…), ainsi que Brad Dourif, que les aficionados de la Terre du Milieu connaissent pour son rôle du vil Grima « langue de serpent » dans la trilogie du Seigneur des Anneaux.

Un dernier argument pour vous convaincre ? Vol au-dessus d’un nid de coucou a remporté 5 Oscars en 1976, et pas des moindres : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice et meilleur scénario adapté. Rien que ça.

Conseil de visionnage : je ne l’ai vu qu’en VOST, la VF a l’air d’être très moyenne…

 

Swimming with Sharks

Ce long-métrage n’est pas le plus connu de la filmographie de Kevin Spacey. Et c’est injuste, tant il est sous-côté à mes yeux.

Frank Whaley (vous savez, celui qui se fait buter par Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction, après lui avoir laissé goûter son burger) y interprète Guy, un employé d’un grand studio de cinéma qui, un soir, après avoir appris une nouvelle choquante (mais qui ne nous est pas révélée sur le moment), pète totalement un câble et s’en va séquestrer et torturer son supérieur, Buddy Ackerman, joué par Spacey.

Le film alterne alors entre le présent, où Guy torture Buddy, et des flashbacks racontant l’année écoulée, de l’arrivée de Guy dans l’entreprise jusqu’à la soirée fatidique. Et l’on comprend que Guy ait fini par craquer, tant Buddy se révèle être le pire patron possible. Exigences farfelues, sollicitations 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, insultes, humiliations, crises de nerfs, accès de violence, sabotage de projet : Buddy repousse sans cesse les limites de l’ignoble en testant celles de son infortuné collaborateur, avec en trame de fond un triangle plus ou moins amoureux impliquant la charmante Michelle Forbes.

Le film nous fait ainsi assister à l’évolution radicale de Guy, du jeune premier innocent qui commence le job de ses rêves avec des étoiles dans les yeux, au glandeur ambitieux et hautain en apparence, mais toujours esclave du grand méchant Buddy et incapable de se débarrasser de son manque de confiance en lui et de sa soumission à son supérieur hiérarchique.

Si les flashbacks sont accrocheurs, le présent n’est pas en reste. Mutilé et attaché à une chaise, et à deux doigts de perdre la vie à tout moment, Buddy va petit à petit reprendre l’ascendant sur son subordonné, au point de quasiment inverser le rapport de force pourtant totalement en sa défaveur. Jusqu’au dénouement final…

Inutile de dire que Kevin Spacey est comme un poisson dans l’eau dans ce rôle de patron vicieux, manipulateur, égoïste, violent et effroyablement sadique. À noter également un petit second rôle savoureux de Benicio del Toro qui, au début du film, démissionne du studio et forme Guy, son remplaçant, le temps de quelques scènes particulièrement réussies.

Si la fin, un tantinet exagérée, pêche en crédibilité, le film se tient dans son ensemble. Original, bien rythmé et doté d’un excellent trio d’acteurs, Swimming with Sharks tient le spectateur en haleine durant 90 minutes qu’il ne verra pas passer.

Conseil de visionnage : la VF est bien, mais depuis que je l’ai vu en VOST j’ai une préférence pour cette dernière.

 

L'Ombre d'un doute

« Orson Welles a désigné Citizen Kane comme son meilleur film, Alfred Hitchcock opte pour L'Ombre d'un doute et Sir Carol Reed a choisi Le Troisième Homme - et je joue dans chacun de ces films. »

C’est peu dire que l’acteur Joseph Cotten n’est pas mort étouffé par sa modestie. Difficile cependant de lui en vouloir et de contester la véracité de sa déclaration.

Car si L’Ombre d’un doute est loin d’être le Hitchcock le plus connu du grand public, il n’en reste pas moins un film de grande qualité qui mériterait une partie de la notoriété qu’ont les œuvres les plus populaires du maître du suspense.

Joseph Cotten y interprète Charlie, un homme qui quitte brusquement son domicile pour fuir deux individus qui sont à sa recherche. La particularité est qu’on ne connaît pas leurs intentions, ni ce qu’ils reprochent à Charlie. Impossible de dire qui est dans le camp du bien, ni s’il faut encourager le fugitif ou espérer sa chute.

Charlie part s’installer temporairement chez sa sœur où il retrouve sa nièce, qui porte le même prénom. Et l’on constate immédiatement une relation très forte et fusionnelle entre l’oncle et la nièce, cette dernière étant plus que ravie de la visite de son tonton adoré. Hitchcock évite toutefois de tomber dans le piège de l’ambiguïté incestueuse, les deux Charlie ne partageant qu’une tendresse aussi innocente qu’elle est forte (ou bien je n’ai pas l’esprit assez tordu et j’ai loupé un truc).

Mais les deux mystérieux pourchasseurs retrouvent très vite Charlie, sans toutefois parvenir à mettre la main sur lui. Se faisant passer pour des enquêteurs d’un institut de sondage, ils arrivent à approcher la famille de Charlie, et plus précisément sa nièce, à qui ils font une révélation choquante concernant son oncle, sans pour autant que l’on sache s’ils disent vrai.

C’est ainsi que la sympathie que l’on éprouvait d’emblée pour cet homme distingué, qui semblait jusque-là être exempt de tout reproche, est petit à petit reportée sur sa nièce, pour qui l’on ressent de la peine en la voyant commencer à douter de l’intégrité et de l’innocence de cet oncle qu’elle admire tant.

Je ne vais bien évidemment pas vous gâcher le film en vous dévoilant tout. Sachez juste que Hitchcock montre ici, une fois de plus, que son titre de maître du suspense n’est pas usurpé. Il ne donne les informations essentielles qu’au compte-gouttes jusqu’au dénouement final, en conservant entre temps toute l’attention du spectateur et en instillant en lui ce fameux doute.

Alors, si L’Ombre d’un doute est tenu en si haute estime par ces deux génies que sont Hitchcock et moi-même (la modestie de Joseph Cotten semble avoir déteint sur moi), pourquoi est-il si peu cité parmi les meilleurs films du réalisateur ? Les goûts et les couleurs… Si ça peut vous orienter dans votre choix de le voir ou non, sachez que j’ai adoré Psychose, j’ai beaucoup aimé Sueurs Froides (Vertigo en VO) et La Corde, et je me suis royalement fait chier devant Fenêtre sur Cour

Conseil de visionnage : je ne l’ai vu qu’en VOST.

 

New World

Suite à la mort du président de Goldmoon, le plus grand syndicat sud-coréen du crime organisé, la guerre de succession s’ouvre entre deux cadres de l’organisation : le froid et cynique Lee Joong-gu, et le fantasque mais non moins cruel Jung Chung. Ce dernier est notamment assisté de son meilleur ami, Lee Ja-sung.

Mais il ignore que Ja-sung est en réalité un policier infiltré depuis de nombreuses années au sein de Goldmoon. Ja-sung espère toutefois être muté à l’étranger afin de s’éloigner de toute cette violence et de commencer une nouvelle vie avec sa compagne enceinte. Cette promesse lui a été faite par son supérieur, le chef de section Kang, qui l’oblige toutefois à continuer de jouer ce double jeu en le menaçant de révéler son identité s’il refuse. Kang le charge de favoriser un troisième candidat à la succession, le vice-président Jang Su-ki.

Fatigué par cette si longue mission d’agent double et les contraintes qu’elle implique au quotidien, se sentant trahi par Kang, et tiraillé entre sa mission et sa loyauté envers son meilleur ami, Ja-sung est de plus en plus perdu. La situation s’envenime quand il découvre que Kang le manipule et lui cache certaines choses, tandis que Jung Chung commence à avoir des doutes sur celui qu’il considère comme son frère. Dans le même temps, la guerre de succession prend une tournure sanglante…

Spoiler alert : New World est un film sud-coréen. Blague à part, je ne pouvais pas ne pas citer au moins un long-métrage sud-coréen, tant ce cinéma regorge de pépites méconnues dans nos contrées. Et New World est de loin mon préféré, ce qui n’est pas forcément étonnant au vu de ma préférence pour les films de gangsters.

Bien que le concept de l’agent infiltré qui hésite entre ses deux camps ne soit pas d’une grande originalité, le scénario est bien ficelé et bénéficie de nombreux rebondissements.

La réalisation est excellente et, visuellement, le film est un régal : des restaurants typiques aux obscurs docks où se finissent tragiquement certaines vies, en passant par les quartiers pauvres et les centres-villes aux immenses buildings, le spectateur est totalement immergé dans la diversité des lieux et paysages coréens.

Les acteurs sont également très bons, avec une mention spéciale pour Hwang Jeong-Min qui incarne un Jung Chung complètement déjanté. Son improbable personnage de chambreur vulgaire, qui ose porter des chaussons avec son costard et qui est fier de sa dernière paire de lunettes, ressemble bien plus à un étudiant glandeur qu’à un criminel. Et pourtant, le mélange des genres ne choque pas. Bien au contraire, ses excentricités apportent quelques moments de légèreté bienvenus dans cet univers si sombre, mais en quantité tout à fait raisonnable.

La bande-originale est très soignée, avec certains passages réellement sublimes (la bagarre générale dans le parking, notamment).

Je ne vais pas vous mentir (et tant pis si je passe pour un immonde raciste) : ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver parmi tous ces prénoms et visages asiatiques. Mais que cela ne vous empêche surtout pas de regarder New World, vous passeriez à côté d’un excellent film.

Conseil de visionnage : VOST, évidemment. C’est un film coréen, la question ne se pose même pas.

 

Un après-midi de chien

Sonny et Sal, deux amis un peu bras cassés, tentent de braquer une banque. Devant leurs maladresses, les employés de la banque ont du mal à les prendre au sérieux et à se sentir réellement inquiétés, bien que les deux compères soient déterminés à aller au bout de leur action.

Fatalement, la police et le FBI débarquent sur les lieux. Bloqués à l’intérieur, les braqueurs deviennent par la force des choses preneurs d’otages. Commencent alors d’âpres négociations au cours desquelles Sonny se révèle être bien plus intelligent et habile qu’il n’y paraît, au point de déjouer les pièges tendus par les forces de l’ordre.

Le braquage prend une tournure comique et inattendue quand les badauds, attroupés devant l’entrée de la banque, prennent fait et cause pour les malfaiteurs ! Une sympathie que Sonny prend un malin plaisir à exploiter, notamment dans une scène mythique où il leur lance des billets de banque, provoquant un début de mouvement de foule, au grand dam des policiers.

Dans un mélange de solidarité, de syndrome de Stockholm et de quête de notoriété, les employés de la banque vont également se prendre d’affection pour leurs ravisseurs. Sonny et Sal n’en perdent pas pour autant de vue leurs deux objectifs : une rançon, et un avion pour quitter le pays. Les négociations s’éternisent…

Après 12 Hommes en Colère, voici l’occasion pour moi de placer un second film de Sydney Lumet, immense réalisateur à la filmographie impressionnante (bien que, allez savoir pourquoi, je n’ai pas du tout aimé Serpico).

Après une première partie rythmée et franchement décalée (la raison pour laquelle Sonny a besoin d’argent va vous surprendre ! #putaclic), Un après-midi de chien devient beaucoup plus sombre et lent au fur et à mesure que les négociations avancent, que la nuit approche, que la tension s’intensifie et que l’étau se resserre autour des deux malfrats, dont le braquage s’étend sur plusieurs heures.

Mais cette différence de ton ne choque pas, tant la transition est réussie. Et c’est là l’une des forces de ce film : rendre crédible un changement radical d'ambiance auquel on ne s’attend pas au préalable. Cette évolution est symbolisée par le personnage de Sonny, qui abandonne ses pitreries et maladresses du début du braquage quand l’enjeu devient plus élevé.

Quelques années après avoir interprété deux des frères Corleone dans les deux premiers volets du Parrain, Al Pacino et John Cazale se retrouvent pour former un duo qui fonctionne parfaitement. Al Pacino livre une fois de plus une performance de haut vol, au point d’être nommé pour l’oscar du meilleur acteur en 1976 (remporté par Jack Nicholson, comme évoqué plus haut). De son côté, le regretté John Cazale excelle dans son rôle d’acolyte volontaire mais limité, ressemblant de manière peut-être un peu trop marquée à son personnage de Fredo Corleone dans Le Parrain.

Inspiré de faits réels, Un après-midi de chien fait partie de ces pépites injustement peu connues. De toute façon, à partir du moment où c’est un film de Sydney Lumet, il faut le voir.

Conseil de visionnage : j’ai une petite préférence pour la VOST, mais la VF est de qualité.

 

Team America, police du monde

La Team America est une unité spéciale antiterroriste qui tente tant bien que mal de faire régner la paix aux quatre coins du globe. Mais plus focalisés sur leur objectif, et respectant à la lettre les proverbes « la fin justifie les moyens » et « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs », leurs interventions se terminent immanquablement par une destruction de ce qui les entoure : maisons, commerce, et même les monuments ! La première scène, où l’équipe affronte des terroristes à Paris, montre d’ailleurs la destruction de la tour Eiffel, de l’Arc de Triomphe et du Louvre !

Devant la multiplication des attentats, et redoutant une opération de plus grande envergure, le dirigeant de Team America décide de recruter un acteur qui sera chargé d’infiltrer un groupe terroriste. C’est comme cela que Gary Johnston, acteur à Broadway, va se retrouver embarqué dans une aventure délirante.

Car oui, ce film est une comédie. Rien d’étonnant quand on sait que ce sont Trey Parker et Matt Stone, les créateurs géniaux de South Park, qui sont aux manettes. L’histoire devient totalement WTF quand on découvre que le dictateur nord-coréen Kim Jong-Il veut armer les terroristes, et que cette alliance improbable bénéficie du soutien de nombreux acteurs bien-pensants d’Hollywood qui, au nom du pacifisme, s’opposent fortement à la Team America.

Mais l’originalité de Team America réside ailleurs : les personnages sont tous des marionnettes. Bon, rien de forcément exceptionnel jusque-là… sauf que Parker et Stone ont pris le parti de pousser jusqu'à son paroxysme l’aspect artisanal de la conception leur film, en faisant apparaître à l’écran les fils tenant chaque marionnette.

Le film nous montre donc en permanence des personnages se déplaçant de manière rigide et tout sauf naturelle, leurs bras et jambes réagissant au mouvement des fils, comme si on se trouvait devant un théâtre de marionnettes. Et cette particularité donne des moments d’anthologie, notamment une scène d’amour à hurler de rire !

On retrouve bien évidemment dans ce film l’humour trash et sans limite qui est la marque de fabrique des créateurs de South Park. De Kim Jong-Il aux terroristes islamistes, en passant par un impressionnant casting d’acteurs désignés comme bobos bien-pensants (Alec Baldwin, Susan Sarandon, Matt Damon, Helen Hunt, Georges Clooney,…), Parker et Stone n’épargnent personne dans cette satire au vitriol.

Pas même le côté va-t-en-guerre des USA, symbolisé par le comportement totalement je-m’en-foutiste des membres de la Team America, qui n’hésitent pas à détruire tout sur leur passage, du moment que cela leur permet de réussir leurs missions. Le titre lui-même critique cette propension qu’ont les États-Unis à se prendre en permanence pour la « police du monde », sans se soucier des conséquences de leur politique internationale.

Enfin j’ai quand même lu des critiques disant que ce film véhiculait un message pro-guerre, pro-Bush, nationaliste… Il faut vraiment être aveugle (ou d’une incroyable mauvaise foi) pour interpréter au premier degré le comportement exagérément belliqueux et destructeur des protagonistes principaux.

Mais laissons de côté ces débats sans fin et pas particulièrement intéressants. Team America, police du monde n’a pas pour vocation première de passer un message politique. Il veut avant tout nous faire rire et, pour peu qu’on ne soit pas hermétique à cet humour particulier, il réussit grandement sa mission.

Conseil de visionnage : la VF est acceptable, mais la VOST est bien meilleure.

 

Noël chez les Muppets

Et on finit par un autre film de marionnettes.

Ebenezer Scrooge est un homme d’affaires vieux, aigri, méchant, froid, un brin cruel, et surtout extrêmement radin, au point de refuser à ses employés transis de froid d’ajouter du charbon dans le poêle, et de rechigner à leur accorder un jour de congé pour Noël, une fête qu’il exècre au plus haut point. Mais dans la nuit du 24 au 25 décembre, il reçoit la visite de 3 esprits qui, en lui montrant les Noëls passés, présent et futurs, vont tenter d’insuffler en lui l’esprit de Noël.

C’est tout cela que l’immense Charles Dickens nous conte dans Un chant de Noël, l’une de ses œuvres les plus emblématiques, et probablement l’histoire de Noël la plus connue et la plus revisitée à travers les époques.

Attardons-nous aujourd’hui sur l’une de ces nombreuses adaptations, et pas la moins originale puisqu’elle implique ces charmantes et déjantées bestioles que sont les Muppets.

Dans Noël chez les Muppets, en dehors de Scrooge et de quelques rôles secondaires, la quasi-intégralité des personnages sont interprétés par les célèbres marionnettes (Kermit la grenouille joue Bob Cratchitt, l’employé de Scrooge, et Piggy la cochonne est sa femme). Y compris les deux narrateurs, dont l’un prétend être Charles Dickens lui-même, au plus grand étonnement de son acolyte qui ne cesse d’émettre des doutes sur cette affirmation.

Loin de casser le rythme du film, la relation entre les deux compères y ajoute un grain de folie bienvenu, qui s’intègre d’autant plus facilement dans la narration puisqu'ils interagissent avec l’univers de l’histoire qu’ils sont censés raconter d’un point de vue finalement pas si extérieur que cela. Rien n’est épargné au duo, renversé par l’ouverture d’une fenêtre ou percuté par un enfant courant tête baissée.

Mais revenons à l’histoire. Au gré des visites de chaque esprit, Scrooge (interprété par l’excellent Michael Caine) va revisiter son passé d’enfant solitaire, traverser les murs du présent pour découvrir l’opinion déplorable de sa famille et de ses employés à son sujet, et entrapercevoir un futur bien lugubre. Que ce soit au niveau du physique ou de la personnalité, chacun des 3 esprits colle totalement à la période qu’il est chargé de faire visiter au vieil homme avare et aigri.

Et Scrooge trouvera bien sûr constamment sur son passage une flopée de Muppets, les marionnettes étant omniprésentes. Elles sont notamment mises en avant dans les quelques passages musicaux du film, avec des chansons et des chorégraphies particulièrement entraînantes.

Cet audacieux mélange des genres donne un monument de drôlerie et d’émotion, un film pour les petits mais également pour les grands qui, contrairement à Scrooge, gardent toujours en eux une infime partie de leur âme d’enfant.

Noël chez les Muppets est ma madeleine de Proust, que je revois invariablement chaque année pendant les fêtes de Noël. Alors certes, le 25 décembre est encore loin ; mais rien ne vous empêche de regarder ce film si mignon dès maintenant, en profitant d’être dans la même situation de chômage technique que les lutins du Père Noël ; ou à défaut, vous pouvez noter dans un coin de votre tête de le ressortir quand tomberont les feuilles et les flocons, et pousseront les sapins et les cadeaux (je suis parti loin dans l’envolée lyrique, là).

Pour la petite histoire, le dessinateur Carl Banks s’est inspiré d’Ebenezer Scrooge pour créer le personnage le plus radin de l’histoire de la bande dessinée : le fameux Balthazar Picsou qui, en version originale, se prénomme… Scrooge McDuck. Pensez à moi lors de votre prochaine victoire au Trivial Pursuit.

Conseil de visionnage : je ne l’ai vu qu’en VF, elle est excellente.

 

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Voilà, j’espère que cette liste vous aura plu et vous aura permis de découvrir certains films, parmi ceux qui m’ont le plus marqué.

Si vous les avez déjà tous vus, s’ils ne vous tentent pas, ou si vous êtes partis pour rester chez vous bien au-delà de la date de début du déconfinement, je vous ai mis quelques films supplémentaires après le générique.

Bons visionnages !

 

Générique : Ennio Morricone – Poverty (« Once Upon a Time in America » OST)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bienvenue dans la section « Bonus » de cet article ! Au programme, 5 films supplémentaires que je vous conseille de voir (mais avec une présentation moins développée), parce que :

- ça m’aurait fait mal au cœur de ne pas les mettre ;

- ils ne seront pas de trop pour tenir jusqu’à la fin du confinement ;

- et après 5 ans de silence, je vous dois bien un petit peu de rab.

 

Die Welle / La Vague

Un système politique totalitaire pourrait-il revoir le jour en Allemagne, pays à l’Histoire ô combien chargée dans ce domaine ? C’est l’expérience originale qu’un professeur propose à une classe de lycéens, en créant avec eux une mini-confrérie qui se voit dotée d’un nom, d’un leader, d’un logo, d’un uniforme et d’un code de reconnaissance.

Dans un premier temps, les élèves sont bien évidemment persuadés que la culpabilité liée à leur passé les immunise contre toute dérive. Mais ils vont petit à petit se prendre au jeu… Librement inspiré d’une histoire vraie, Die Welle met très bien en lumière le pouvoir dévastateur de l’effet de groupe.

Conseil de visionnage : je ne l’ai vu qu’en VOST. Oui, en allemand sous-titré. Mais je sais que la plupart des gens ressentent une forte aversion pour la si peu harmonieuse langue de Goethe.

 

The Breakfast Club

Le sportif. La reine de la promo. L’intello coincé. La bizarroïde. Le loubard. Ces 5 étudiants, que tout oppose et qui se connaissent à peine de vue, se retrouvent coincés en retenue un samedi, avec une dissertation à faire en guise de punition. Beaucoup moins attirés par l’écriture que moi, ils vont délaisser leur devoir et, après quelques échanges houleux, vont apprendre à se connaître.

Sorti en cette merveilleuse année 1985, The Breakfast Club est le film emblématique de toute une génération (fallait bien que je case cette expression à un moment ou à un autre) auquel un nombre incalculable de séries et de films font référence.

Conseil de visionnage : je ne l’ai vu qu’en VF, ça passe.

 

Les Démons de Jésus

Une famille de gitans sédentarisés tente de survivre entre petites magouilles, conflits avec une famille rivale, passages au bar du coin et punchlines foudroyantes (les dialogues sont, de loin, le point fort du film). Ou comment s’intégrer dans la société tout en conservant son mode de vie totalement en décalage (et inversement).

Leader du groupe Trust, Bernie Bonvoisin signe là un OVNI cinématographique aussi jouissif que déjanté, bien servi par un casting d’enfer (oh ce jeu de mot pourri) : Thierry Frémont, Patrick Bouchitey, Victor Lanoux (aux antipodes de Louis la Brocante !), la sublime Nadia Farès, ainsi que quelques seconds rôles renommés (Martin Lamotte, Élie Semoun, José Garcia, ou encore la regrettée Marie Trintignant).

 

Stand by Me

Voulant fuir un quotidien peu reluisant et des cellules familiales respectives bien pourries, 4 jeunes garçons partent loin de chez eux, à la recherche du cadavre d’un enfant disparu, persuadés que cette découverte leur permettra de passer dans le journal. Le film raconte leur périple le long du chemin de fer qu’ils empruntent vers l’inconnu, symbole de la transition vers l’adolescence.

Désir d’indépendance, quête de notoriété, fuite des problèmes, passage à l’âge adulte : Stand by Me est une déclaration d'amour à l'amitié, et le film emblématique de toute une… ah merde, non, j’ai déjà utilisé ce joker. En même temps, les 80’s ont été particulièrement prolifiques en films cultes. Celui-là appartient incontestablement à la liste.

Conseil de visionnage : je ne l’ai vu qu’en VOST.

 

The Wall 

Film musical reprenant l’album éponyme mythique de Pink Floyd, The Wall raconte l’histoire tourmentée de Pink, rock star dont la vie s’inspire très largement de celle de Roger Waters, le leader du célèbre groupe : une enfance marquée par l’absence d’un père décédé et la surprotection d’une mère castratrice, une scolarité difficile, une vie sentimentale désastreuse, et surtout une carrière musicale chaotique entachée de nombreux excès.

En pleine gloire, Pink tombe dans une forte dépression due aux contraintes de sa vie d’artiste (répétition des concerts, harcèlement de ses groupies, consommation de drogues,…). Cette dépression le fait peu à peu basculer dans la folie…

The Wall est une œuvre très particulière, et pas seulement parce que c’est un film musical (l’album est joué en continu durant le film, qui ne contient quasiment aucun dialogue). C’est aussi parce qu’en retranscrivant la folie de Pink (qui va jusqu’à s’imaginer en dictateur), il verse parfois dans un psychédélisme déroutant. Mais c’est ce qui fait de ce film une expérience unique, et l’occasion de (re)découvrir l’un des plus grands albums de l’histoire de la musique.

Conseil de visionnage : les chansons seront forcément en VO ; essayez de vous procurer une version sous-titrée si vous n’êtes pas bilingue ou si vous ne connaissez pas la discographie de Pink Floyd sur le bout des doigts.

 

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Cette fois, l’article est bel et bien fini.

Je vous invite à le commenter pour donner votre avis sur ces films si vous les avez déjà vus, ou une fois que vous les aurez regardés si vous les avez découverts en me lisant.

Et bien évidemment, si vous avez vous-mêmes des pépites cinématographiques à conseiller, faites-nous en profiter !

Pour finir, n’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de cet exercice nouveau pour moi, et si vous souhaitez que je renouvelle l’expérience.

À la semaine prochaine, ou à dans un mois, ou à bientôt, ou à jamais. Dans le doute, je ne prends pas trop de risques.