Tiens, un article improvisé qui vient s’incruster dans ma timeline.

Ça tombe bien, l’épisode 46 est loin d’arriver sur vos écrans. Il risque d’être long et, pour être franc, j’ai réellement la flemme de plancher dessus – en plus d’avoir peu de temps à y consacrer. Donc voilà un os à ronger pour passer le temps et qui aura en outre le mérite de vous faire travailler un peu ; d’où le titre de l’article qui, en plus de faire également référence aux fortes températures du moment, vous incitera – je l’espère – à (re)visionner l’épisode éponyme de South Park.

 

L’idée d’écrire cet article m’est venue en prenant connaissance d’un énième avis sur les candidatures spontanées qui permettraient apparemment d’accéder à tout un tas d’opportunités d’emploi impossibles à dénicher autrement, le bien nommé « marché caché ».

J’avais déjà abordé cet aspect de la recherche d’emploi dans un précédent article. J’y égratignais le fait que les fanatiques de la candidature spontanée brandissaient des chiffres invérifiables pour quantifier la proportion de ce marché caché par rapport à l’ensemble des emplois disponibles, faisant même grimper les enchères : 60% pour les uns, 70% pour les autres, et même 80% pour certains. Pourquoi pas 95% ?

Je ne nie absolument pas l’importance des candidatures spontanées. Comme je l’écrivais dans l’article mentionné plus haut, on m’avait expliqué que les entreprises avaient tendance à regarder en interne (salariés déjà présents + banque de CV constituée par les candidatures précédemment reçues) avant de publier une offre d’emploi.

Tout en émettant des doutes sur le fait que toutes les entreprises fonctionnent de cette manière, je comprends tout à fait le raisonnement. Et même que j’en ai envoyé, des candidatures spontanées ; et pas qu’un peu. Cela m’a permis d’obtenir en tout et pour tout un entretien, dans une boîte qui savait déjà qu’elle n’avait pas de poste à me proposer. On ne peut donc pas vraiment dire que j’ai été plus chanceux avec les candidatures spontanées qu’avec les réponses aux offres d’emploi.

Ces résultats sont toutefois à pondérer : le fait que je sois un putain de loser ne permet pas de rendre mon expérience exploitable et d’en tirer des conclusions pouvant s’appliquer à l’ensemble du marché de la recherche d’emploi.

Je ne m’étends pas plus sur le sujet, passons désormais à la partie où vous allez intervenir.

 

Il m’arrive en effet parfois, dans des élans de modestie heureusement assez rares, d’admettre que je n’ai pas la science infuse. Et comme ce sujet m’intéresse tout particulièrement, autant qu’il me chiffonne et m’inspire (exceptionnellement, j’ai torché cet article quasiment d’une traite), je vous sollicite aujourd’hui pour m’aider à clarifier un peu certains points.

1) Partons du principe qu’une écrasante majorité des offres disponibles se trouve effectivement sur ce fameux marché caché ; disons 70% pour couper la poire en deux. Partons également du principe que c’est une théorie répandue, car de nombreux professionnels de la recherche d’emploi conseillent de mettre le paquet sur les candidatures spontanées. Nous pouvons donc admettre qu’une importante proportion de demandeurs d’emploi : a) reçoit ces conseils ; et b) les applique. On peut donc aisément utiliser le raccourci amenant à dire que de nombreux chômeurs postulent pour un nombre important de postes disponibles. Donc pourquoi le chômage continue-t-il d’augmenter ?

2) Admettons que le raisonnement « marché caché = 70% des opportunités, offres d’emploi = caca boudin » soit toujours exact. Admettons également que la conclusion de l’hypothèse 1) remette en question le fait que 70% des chômeurs postulent à 70% des postes disponibles. Bref, partons du principe qu’il y a bien un marché caché mais que les chômeurs ne cherchent pas à y entrer pour diverses raisons : ils ne sont pas au courant, ils ne croient pas aux candidatures spontanées, ils sont trop occupés à balancer sur Facebook des photos d’eux-mêmes en se mettant sous le nez un doigt où est dessinée une moustache, ils sont trop occupés à essayer de comprendre la mode consistant à balancer sur Facebook des photos de soi-même en se mettant sous le nez un doigt où est dessinée une moustache...etc., les possibilités sont infinies. On peut donc aisément utiliser le raccourci amenant à dire que de très nombreuses entreprises n’arrivent pas à embaucher par le biais des candidatures spontanées, puisqu’elles n’en reçoivent pas assez. Elles devraient donc se résoudre à publier autant d’offres d’emploi que de postes soi-disant disponibles dans ce fameux marché caché. Les demandeurs d’emploi auraient donc accès à ce marché qui, pour le coup, ne serait plus du tout caché. Donc, là encore, pourquoi le chômage continue-t-il d’augmenter ?

3) Quiconque a effectué une recherche d’emploi un minimum poussée peut en témoigner : il y a quand même un sacré paquet d’offres sur le marché, quel que soit le domaine. Des milliers, des dizaines de milliers, et peut-être même bien plus encore. Admettons que le raisonnement « marché caché = 70% des opportunités, offres d’emploi = caca boudin » soit encore et toujours exact. On aurait donc, selon la répartition « marché caché / marché visible » que l’on prend en compte (60/40, 70/30, 80/20…etc.) entre deux et quatre fois plus d’offres disponibles sur le marché caché que sur celui qui est visible, ce qui représenterait un nombre assez hallucinant d’offres. Sérieusement ? Il y a autant de boulot que ça en France ? Donc, là encore, pourquoi le chômage continue-t-il d’augmenter ? (Arrêtez-moi si je radote)

Si ma mégalomanie me poussait à répondre à mes propres questions, je dirais que la hausse permanente du chômage peut s’expliquer par le fait qu’il n’y a très certainement pas assez de boulots à pourvoir, tout bêtement… Certes, j’ai affirmé quelques lignes plus haut qu’il y avait de très nombreuses offres d’emploi émises par les entreprises ; mais c’est une goutte d’eau dans l’océan des personnes à la recherche d’un emploi, même si j’ai bien conscience que cette métaphore est autant poétique que foireuse.

Autre hypothèse, souvent évoquée : il y aurait un écart entre les offres disponibles et les compétences des demandeurs d’emploi. Ou pour parler plus clairement, je ne serais pas le seul chômeur à être un putain de loser. Bienvenue au club.

 

Voilà en gros les points sur lesquels j’aimerais vous voir plancher. De manière plus générale, vos retours d’expériences et vos opinions sur le sujet sont plus que bienvenus. Que vous soyez actuellement en poste ou en recherche d’emploi, que vous soyez un professionnel de la recherche d’emploi ou pas, que vous ayez déjà envoyé (ou reçu) des candidatures spontanées ou pas, que vous ayez déjà recruté (ou été recruté) par cette voie ou pas, que vous ayez parié sur le sexe du Royal Baby ou pas, que vous pensiez qu’un certain ex-dirigeant allemand aurait dû tuer plus de roms ou qu’il aurait au contraire dû les planquer dans sa cave personnelle et organiser avec eux des tournois géants de Mikado, j’attends vos témoignages.

Je me permets toutefois d’ajouter une petite consigne à l’exercice. Je suis tout à fait disposé à lire des avis qui divergent du mien, à plus forte raison s’ils sont argumentés et appuyés par des faits. Cependant, étant horriblement prétentieux et de mauvaise foi, je vous prierais de bien vouloir les exprimer de la manière la plus diplomate possible.

En d’autres termes, je mettrai un zéro pointé à toutes les réponses contenant les expressions « tu as tort », « tu te trompes » ou toute autre formulation similaire. Débrouillez-vous pour tourner ça autrement ou, mieux encore, pour être d’accord avec moi.

Bon courage, vous avez quatre heures. Ou quatre jours. Ou quatre semaines. Ou peu importe, en fait.

Enfin quatre semaines, ça me laisserait le temps de finir l’épisode 46. Et aussi de le commencer...

 

Générique : Barenaked Ladies – History of Everything (« The Big Bang Theory » Opening Theme Song)