Ouuuh, ça fait longtemps que je n’avais pas écrit ici… Un mois et demi, pour être exact. Il faut dire que j’avais bien mérité une petite pause après le dernier article. Toutes mes excuses.

Il y a un adage qui dit que l’on crée sa propre chance, ou un truc dans le genre. Enfin, c’est un discours que l’on entend surtout de la bouche de ceux qui ont réussi dans un domaine particulier car, tellement fiers de leur succès, ils refusent d’envisager l’hypothèse que la chance ait pu les aider, ne serait-ce qu’un tant soit peu. Seul leur talent compte.

On trouve ce genre de raisonnement dans le football où il est coutume de dire que les actions de jeu dites « chanceuses » profitent surtout aux grands joueurs. Si vous tirez dix fois au but et hors de portée d’un gardien réputé pour son talent, les poteaux se chargeront de le sauver et de repousser votre tentative à sa place. Si vous réalisez la même expérience avec un gardien réputé pour être une grosse chèvre, les poteaux lui renverront le ballon en pleine poire et il inscrira ainsi un magnifique but contre son camp. Vous pourriez même tirer faiblement et droit sur lui, un faux rebond se chargerait de modifier la trajectoire de la balle et de la rediriger vers le fond des filets.

Par ricochet, parler de créer sa propre chance est également un moyen de culpabiliser ceux qui ont échoué et qui osent s’en plaindre, en leur affirmant que cet échec est entièrement de leur faute car ils ne se sont pas donné les moyens de réussir.

Loin de moi l’idée de nier l’influence que chacun d’entre nous a sur sa propre destinée ; tout ne peut pas être régi par la chance. Mais force est de constater que, parfois, l’univers s’en mêle et vient glisser son grain de sel, ce dernier étant souvent avarié. Genre, dans mon cas.

 

J’avais postulé à une offre d’assistant marketing trouvée sur le site d’une agence d’intérim.

J’adore les agences d’intérim. Vous cliquez sur « postuler », vous balancez votre CV, vous envoyez et c’est torché en deux minutes chrono. Pas besoin de se casser le croupion avec cette chose aussi absurde qu’inutile qu’est la lettre de motivation.

Bref, j’ai donc envoyé mon CV pour cette offre, même si le poste n’était pas très intéressant – et l’annonce, loin d’être claire. Le job consistait à exécuter des tâches relativement basiques en marketing ; rien de très sorcier ni de très gratifiant, mais un boulot est un boulot et j’étais plus que disposé à obtenir celui-là.

Avec mon bac+4 en marketing et mon expérience d’un an et demi, je restais raisonnablement confiant quant à mes chances d’obtenir un premier contact téléphonique, voire un entretien face to face.* Mais cette microscopique lueur d’espoir s’est finalement transformée en énorme désillusion. One more time.*

J’ai en effet reçu un coup de fil de l’agence d’intérim m’informant que ma candidature n’avait pas été retenue car… car… car j’étais trop qualifié pour le poste.

Scrogneugneu de bordel de bite… Comme si j’avais besoin de ça dans ma situation !

Mais qu’est-ce que ça peut bien leur foutre, de toute façon ??? Ils ont peur que je continue de chercher un emploi à côté et que je lève les voiles à la seconde où je trouve une opportunité plus intéressante ? Leur offre concernant une mission de trois mois, ils ne devraient pas avoir de souci à se faire.

À moins que, là encore, l’intérim fasse office de période d’essai pour un poste à plus long terme. Leur crainte de me voir me lasser d’un job en dessous de mes capacités serait alors plus compréhensible. J’avais déjà évoqué cela dans un précédent épisode : pour rappel, je m’étais fait recaler d’une mission en intérim de quelques mois car il y avait trop de distance entre mon domicile et le lieu de travail, et l’entreprise ne pensait pas que je ferais le trajet tous les jours. Comme je le disais à l’époque, la durée de la mission devait être bien plus longue que celle initialement annoncée.

 

Étant en plein road-trip de commercial quand j’ai reçu cet appel, je n’ai pas décroché et ai donc appris cette mauvaise nouvelle par répondeur interposé. Le lendemain, je décide donc d’appeler l’agence pour en savoir un peu plus. Je n’ai pas appris grand-chose, l’explication de base sur mon profil trop qualifié se suffisant à elle-même.

Mieux, je me suis fait engueuler par la pisseuse à l’autre bout du fil quand j’ai émis l’hypothèse que je pourrais appeler directement l’entreprise (dont le nom figurait dans l’annonce), afin de les convaincre de me recevoir et de me laisser leur prouver que je voulais réellement décrocher ce boulot et que je ne leur ferais pas faux bond à la première occasion.

Je comprends leur position : ils font office d’intermédiaire afin que l’entreprise n’ait pas à s’occuper du recrutement. L’agence risquerait donc de se faire vertement rappeler à l’ordre si elle laissait un candidat contacter directement l’entreprise, voire de perdre l’entreprise en tant que client. Ok, tout ça, je comprends. Mais faudrait aussi que la réciprocité soit vraie : je doute que la nana qui m’a engueulé se soit mis à ma place ne serait-ce qu’une seconde…

À côté de ça, à défaut de trouver du boulot dans ma branche, j’essaie de postuler pour des petits tafs administratifs pourris sur des courtes périodes ; et évidemment, je me fais recaler à chaque fois… Mais bon, le problème vient très certainement de ces feignasses de chômeurs qui refusent de travailler, hein.

 

En un sens, pour en revenir au début de l’article, j’ai crée ma propre malchance depuis le début : j’ai choisi de faire ces études, j’ai choisi de postuler à l’offre qui m’a permis d’obtenir mon premier emploi, emploi que j’ai accepté de prendre et qui m’a ramené au chômage. Il en va de même pour l’anecdote que je vous raconte dans cet épisode : c’est moi qui ai choisi de postuler à cette offre d’emploi alors que mon profil était supérieur à celui demandé, j’ai donc créé ma propre malchance en incitant l’entreprise en question à me recaler pour ce motif assez original – dans le sens où ça ne m’était jamais arrivé auparavant.

Enfin niveau malchance, j’ai ma dose depuis too long.* Du moins c’est ce que je croyais. Jusqu’ici, j’avais déjà eu le trio « vous n’avez pas assez d’expérience – vous n’avez pas le permis – vous habitez trop loin » ; voilà maintenant que l’on me reproche d’avoir trop d’expérience. Si je continue sur cette lancée, on rejettera peut-être bientôt mes candidatures à coups de « Ah non ce n’est pas possible car vous avez une voiture, ce n’est pas très écologique », ou bien « Vous habitez trop près, on n’a pas envie que vous pensiez au boulot même en étant chez vous ». Je pense que je peux le faire.

Là, je suis blasé et je ne cherche plus à comprendre. Qu’ils aillent au diable.

Enfin c’est ce que j’ai pensé sur le moment, sous le coup de l’émotion.* Puis j’ai réalisé qu’il ne fallait pas souhaiter de mal aux gens. Make love,* not war.

L’important est de ne pas se laisser abattre par tous les tracas inhérents à la recherche d’emploi afin de rester alive*, même si on ne peut pas vraiment considérer que j’ai une high life.* Mais je ne me laisserai pas abattre, je saurai renaître de mes cendres tel un phoenix.*

Par ailleurs, j’ai toujours le blog qui me permet d’avoir une sorte de digital love* avec vous, mes cher(e)s lecteurs/trices.

Je sais, je n’ai pas réussi à placer beaucoup de titres de chansons de l’album « Homework ». Mais avouez que c’est compliqué de caser les expressions « Da Funk »* et « Revolution 909 »* dans une phrase.

 

Générique : Daft Punk – Superheroes

 

* Cliquez sur les liens si vous voulez vous rappeler l’époque où les Daft Punk savaient faire de la vraie musique, et non de la bouillie disco/funk avec des featuring à deux balles.