Parfois, il faut savoir dire stop ; il faut savoir arrêter les frais quand la situation risque de dégénérer.

Par exemple quand des débats sont tendus, quand les discussions sont houleuses : plutôt que de vouloir à tout prix avoir le dernier mot, placer la dernière estocade, l’ultime coup de grâce, il vaut mieux choisir la maturité et décider que non, on ne va pas relancer son interlocuteur en lui balançant une petite pique bien sentie.

Faire preuve de bonne volonté en pacifiant les débats est parfois plus important que de prouver que l’on a raison.

Oui mais voilà, vous m’aimez bien ; vous me pardonnerez donc aisément le gros doigt d’honneur que je m’apprête à faire à toutes ces belles paroles et l’immaturité flagrante dont je vais faire preuve ci-dessous.

 

Petit rappel des faits : il y a bien longtemps dans une galaxie très lointaine, plusieurs mois avant la création de ce blog, mon CV s’était retrouvé un peu par hasard entre les mains d’une certaine personne. Cette dame, autoproclamée « formatrice en recherche d’emploi », m’avait alors gratifié de bon nombre de remarques et de conseils dont la pertinence était plus que discutable. Après en avoir ri à m’en péter les côtes, j’avais rangé tout cela dans un coin de ma tête, jusqu’au jour où j’ai décidé de créer ce blog ; l’idée d’y consacrer un article m’était alors apparue comme une évidence.

Cela a donné l’épisode consacré aux conseils de rédaction du CV et de la lettre de motivation.

Je prends donc quelques instants pour remercier cette auguste personne qui, par ses sages paroles, a grandement contribué à l’existence de ce blog, puisque cette histoire fait partie des quelques anecdotes qui me faisaient dire à l’époque que « tiens, décidemment, il m’arrive des trucs bizarres au chômage », et qui m’ont incité à choisir ce thème le jour où j’ai décidé de me lancer dans l’univers impitoyable du blogging et de faire des phrases à rallonge, grammaticalement correctes, mais avec juste quelques virgules en guise de maigres coupures qui, j’en ai bien conscience, rendent la lecture des dites phrases fort peu agréable pour vous, mais là promis j’arrête parce que je pense qu’il est grand temps que vous repreniez votre respiration, et puis ho, j’en suis quand même à neuf lignes (sous Word) donc bon, j’arrête, allez je pousse encore un peu histoire de finir la dixième mais après je passe à la suite.

C’est de loin mon article le plus long, mais ça serait quand même bien d’en prendre connaissance avant de continuer à lire cet épisode, histoire que vous ayez connaissance de tous les éléments. Allez, je vous retrouve dans une demi-heure.

 

(…)

 

Ayé, c’est bon ? Vous avez bien cerné le contexte ?

Dans les jours qui ont suivi la publication de l’épisode 5, j’ai nerveusement scruté mon panneau d’administrateur pour vérifier si ma nouvelle amie était venue poster un commentaire. Au bout d’un certain temps, ne voyant rien venir, je me suis dit qu’elle n’avait pas lu l’article ou n’avait pas souhaité y répondre.

Jusqu’à un certain matin où la surprise est venue me cueillir dès le réveil. Bon, vous vous doutez bien qu’il n'était pas sept heures du mat’ et que le coq avait fini de chanter depuis belle lurette. Bref, à peine après l’avoir allumé, mon portable se met à vibrer de partout : j’ai un appel en absence, un SMS me prévenant que j’ai un message sur mon répondeur et un appel en absence de mon répondeur pour m’inciter à consulter ledit message. Le truc pas du tout intrusif, limite tu te demandes si ton opérateur va pas t’envoyer un mec sonner à ta porte pour te demander d’aller consulter tes messages.

Ayant encore un peu la tête dans l’arrière-train, je consulte ce fameux message… Je regrette de ne pas l’avoir enregistré, il en valait vraiment le détour. Mais c’est un service facturé par les opérateurs téléphoniques (par le mien, en tout cas). Et si j’avais ce morceau d’anthologie entre les mains, je n’aurais pas pu résister à le publier ici, ce qui n’aurait vraiment pas été très malin (en plus d’être probablement illégal).

C’est un mal pour un bien, donc. Mais cela ne va pas m’empêcher de vous en livrer ici les meilleurs extraits.

 

Mon interlocutrice mystère commence par me dire qu’elle a constaté, en lisant le blog, que je l’utilisais comme un « paratonnerre ». Je dois être débile, mais j’ai pas compris la métaphore…

Ensuite, elle me remercie (sic) de m’auto-exclure du marché du travail et d’inciter les recruteurs à ne pas m’embaucher. Malgré la méchanceté de la remarque et le plaisir sadique qu’elle prend à m’imaginer rester longtemps au chômage, je dois avouer que je suis loin d’être en désaccord avec l’argument.

En effet, je mentionne le blog sur mon CV et en entretien car cela fait partie de mon profil. Loin de moi la prétention d’affirmer que j’écris « bien » ; mais il est logique de mentionner le blog à un recruteur voulant vérifier mes capacités rédactionnelles, cet aspect de la communication étant souvent présent dans les offres d’emploi auxquelles je postule.

Sauf que, dans 99,99% de ce que j’écris, j’égratigne le monde qui m’entoure ; et plus particulièrement le monde professionnel. Il est donc logique de craindre que mentionner ce blog à un recruteur se retourne contre moi. D’un autre côté, comme je le disais juste au-dessus, c’est aussi le meilleur moyen de montrer ce que je vaux avec un clavier entre les mains…

C’est un dilemme qui revient systématiquement à chaque processus de recrutement ; mais comme j’obtiens peu d’entretiens, je n’ai pas souvent l’occasion de me torturer l’esprit sur ce sujet.

Bref, comme vous le voyez, ça commence déjà fort et c’est loin d’être fini. Afin de rester dans la thématique du « Toi, mon coco, tu vas rester plus longtemps au chômage qu’une autrichienne dans une cave », elle continue de cracher son venin en me disant que, à force de voir ma situation s’éterniser, je vais finir par me retrouver au RMI. Pas au RSA, non ; au RMI… Je précise qu’à l’époque de ce coup de fil, cela faisait tout juste deux ans que le RSA avait remplacé le RMI. Heureusement que c’est une spécialiste en recherche d’emploi, n’est-ce pas ? Et d’ailleurs, j’étais déjà au RSA à ce moment-là. ^_^

La bêtise et la méchanceté ayant fait leur travail, elles vont s’écarter au profit de la folie la plus complète. Ma « spécialiste » me dit en effet que, si je continue à me conduire de la sorte, je vais me retrouver avec des Travaux d’Intérêt Général sur le dos. Carrément ! Elle menace de m’attaquer en justice… Ou tout du moins, elle suppose que quelqu’un d’autre le fera. Peut-être est-elle consciente au fond d’elle-même que ce genre de démarches n’aurait aucune chance d’aboutir (si vous avez lu l’article, vous avez pu constater que je n’y ai rien écrit d’illégal), et que ce n’est donc certainement pas elle qui s’en chargera. Pas folle, la guêpe ! Enfin si, un peu quand même.

Cette charmante femme semblant avoir autant de connaissances en droit qu’en recherche d’emploi, je repose mon téléphone après avoir toutefois réécouté ce délirant message. Je me doute bien que son objectif n’était pas de me faire rire, mais plutôt de m’effrayer. C’est raté… D’ailleurs, un an après les faits, j’attends toujours ma convocation au tribunal.

 

Assez parlé du fond, passons à la forme. Déjà, elle m’a appelé à 8h45. À cette heure-là, il y a quand même de grandes chances pour qu’un chômeur soit encore sous la couette. De là à penser qu’elle a fait exprès de m’appeler aussi tôt afin de ne pas tomber directement sur moi mais sur mon répondeur, il n’y a qu’un pas que je franchis sans hésiter. Et si j’ai bien raison, quelle belle preuve de courage de sa part !

En plus de m’appeler aux aurores (oui bon, bref…), elle a pris le soin de masquer son numéro de manière à ce que je ne puisse pas la rappeler. Cet appel était d’ailleurs doublement anonyme puisque, en plus de cette précaution, elle ne s’est pas non plus donnée la peine de se présenter. Au-delà de l’impolitesse de la démarche, elle a tout fait pour que je ne sois pas en mesure de l’identifier ni de remonter jusqu’à elle ; alors que de son côté, elle possédait toutes mes coordonnées.

C’est aussi pour cela que j’étais remonté contre elle et que j’ai été aussi dur dans l’épisode 5 ainsi que dans celui que vous êtes en train de lire : à aucun moment il n’était prévu qu’elle obtienne mon CV – et donc mes coordonnées. Si cela n’avait pas été le cas, cette déplorable histoire ne se serait jamais produite.

Toujours est-il que je n’ai pas pu la recontacter suite à cet appel (je ne l’aurais de toute façon pas fait, moi aussi je suis lâche) et que, depuis, je n’ai plus eu aucune nouvelle de sa part. Ni coup de fil, ni injonction du tribunal. Mais qui sait, peut-être cet article va-t-il réveiller la bête et l’inciter à me repasser un petit coup de fil matinal.

Mais à sa place, je ne le ferais pas. C’est vrai, au bout d’un moment, faut enterrer la hache de guerre. D’autant plus que cette histoire remonte à très longtemps, on va pas passer nos vies dessus. Je compte sur elle pour faire preuve de maturité… Surtout en cette période de fêtes de Noël, placées sous le signe de la paix et de l’amitié entre les Hommes.

Ouais, je suis un connard. :D

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Petite précision tout de même… Puisque cette spécialiste en droit pénal n’a pas jugé utile de se présenter, je n’ai aucunement la certitude que c’est bien la même personne que j’égratigne dans l’épisode 5. D’un autre côté, je ne vois pas d’autre raison d’expliquer ce courroux qui m’a valu un tel torrent d’attaques matinales. Qui d’autre aurait eu une raison de se comporter de la sorte, tout en ayant mon numéro de téléphone ?

Le fait est qu’il existe une infime probabilité qu’il ne s’agisse pas de la même personne. Et dans ce cas, hmm… Cet article serait problématique et… hmm…

Allez, on se revoit au prochain épisode !

 

Générique : The Verve – The Drugs Don’t Work