Vous l’avez probablement remarqué depuis que vous me lisez, à plus forte raison si vous me connaissez IRL, je suis quelqu’un de relativement blasé qui ne voue pas un amour immodéré pour le genre humain en général.

Je suis aussi un geek qui emploie des termes de geek tels que « IRL », mais ce n’est pas le sujet.

Clairement, c’est une introduction idéale pour amorcer un changement de caractère qui serait illustré dans les lignes à venir.

Ou pas. Cet article ne fera pas exception.

 

Prenons un des nombreux exemples de vice que nous utilisons tous, plusieurs fois par jour pour certains : le mensonge par politesse.

Combien de fois des membres de votre entourage vous ont-ils dit « Surtout n’hésite pas à me demander si tu as besoin d’aide. » ?

Sauf que le jour où vous en avez justement besoin, vous trouvez porte close. Classique.

Cette hypocrisie est tolérée car largement répandue. Cela ne se fait pas de dire franchement que non, vous n’avez pas envie d’aider votre prochain parce que ça vous gonfle plus qu’autre chose. Mieux vaut mentir.

Avez-vous également remarqué que, tout en sachant cela, vous tombez des nues quand vous vous retrouvez à la place de celui-à-qui-on-a-promis-de-l’aide et qui, au final, se retrouve autant entouré qu’un sans-abri en été ?

Personne n’est parfait, pas même moi. J’ai donc effectivement été victime d’une crise de Bisounoursite aigüe qui a eu pour conséquence de naïvement me faire croire à une promesse de coup de main en l’air (c’est la promesse qui est en l’air et non le coup de main, sinon cette phrase n’a aucun sens).

 

Vu le nombre excessivement faible d’offres d’emploi intéressantes sur lesquelles je tombais à l’époque et, par conséquent, le peu de succès rencontré par mes candidatures, j’avais décidé de suivre la recommandation de ma conseillère Pôle Emploi, à savoir tenter ma chance via des candidatures spontanées.

Ma conseillère m’avait très gentiment imprimé une copieuse liste d’entreprises dont l’activité touchait de près ou de loin au marketing et/ou à la communication. Je me suis donc attelé à cette fastidieuse tâche.

J’ai pas passé trois plombes à me demander qui j’allais démarcher. J’aurais pu faire par tirage au sort ou en sélectionnant les sociétés dont le nom sonnait bien, mais j’ai préféré faire plus simple (et moins psychopathe) : va pour l’ordre alphabétique.

Honnêtement, je n’y croyais pas du tout. Je veux bien croire la théorie du Pôle Emploi selon laquelle un pourcentage non négligeable d’emplois sont pourvus via des candidatures spontanées. De la à affirmer que les entreprises ne publient des offres d’emploi qu’en dernier recours, après avoir épuisé les autres pistes (à savoir : ressources internes, réseau, candidatures spontanées), il y a une marge. Je pense qu’une entreprise qui cherche un candidat publie une offre. Si elle n’en publie pas, c’est qu’elle n’a pas de besoin en la matière. Mais bon, c’est une manière comme une autre de chercher du travail et j’aurais été stupide de m’en priver. C’est pour cela que j’ai tenté ma chance, sans grande conviction toutefois.

 

Ce fut donc une agréable surprise de recevoir un appel d’une entreprise (dès la lettre A !) qui souhaitait me proposer un entretien après avoir étudié ma candidature.

Par respect envers vous qui me suivez depuis déjà six mois, je ne vous dirai pas où j’étais ni ce que je faisais quand j’ai répondu au téléphone.

Je n’ai pas eu le temps de m’imaginer sabrer le champagne afin de fêter l’événement. En effet, il ne s’est pas écoulé 45 secondes avant que mon interlocutrice ne fasse preuve d’une admirable franchise. Elle m’a ainsi précisé que son entreprise n’avait aucun poste à me proposer mais que mon profil l’intéressait, et qu’elle souhaitait donc me rencontrer en prévision d’un éventuel futur recrutement.

Cool… J’ai UNE piste, et je sais déjà qu’elle est morte. Au moins, je ne serai pas stressé en me rendant à l’entretien.

 

Celui-ci se passe tout à fait normalement. Je suis reçu par la responsable des ressources humaines qui me présente l’entreprise, son activité et ses métiers, puis elle me laisse évoquer mon parcours, mon profil et mon projet professionnel.

Après m’avoir religieusement écouté, mon interlocutrice me confirme que l’entreprise n’a actuellement pas de poste à pourvoir et me précise que, quand bien même ce serait le cas, il y aurait peu de chances que je décroche le gros lot.

En effet, cette entreprise étant spécialisée en communication et en création graphique, la majorité de leurs recrutements se font dans ce domaine. Mon profil de marketeur orienté web ne les intéressait donc pas, du moins pas pour le moment.

À partir de cet instant, mon CV devient le sujet central de l’entretien. La RRH prend très gentiment l’initiative de pointer du doigt les compétences qui me manquent pour espérer postuler au sein de leur entreprise, et plus globalement pour évoluer vers les métiers de la communication.

Suite à cette discussion réellement intéressante pour moi en tant que chercheur d’emploi, j’ai décidé de m’auto-former à Photoshop, histoire de pouvoir rajouter une ch’tite ligne dans la partie « compétences » de mon CV. Je n’en dis pas plus, ce sera l’objet du prochain article.

D’ailleurs, c’est dommage que Canalblog ne propose pas la fonction de balise spoiler, comme sur les forums. J’aurais pu en mettre une sur le paragraphe précédent afin de ne pas vous gâcher le suspense du sujet du prochain billet. Et puis c’est classe, les balises spoilers.

 

Se sentant décidemment très concernée par mon sort, mon interlocutrice se propose de m’aider dans mes futures recherches en me disant la phrase suivante, à l’origine de cet article :

« Bon courage, et surtout n’hésitez pas à revenir vers nous si on peut vous aider, par exemple si vous avez besoin de faire un stage ou autre. »

Ça, ma cocotte, faut pas me le dire deux fois.

 

(Début du hors-sujet)

Alors là, je me vois dans l’obligation de faire une pause dans l’article parce que j’ai un truc en tête qui me gonfle passablement depuis trop longtemps déjà et, étant un authentique malade mental, je ne peux décemment pas garder ça pour moi au risque d’imploser et de m’en prendre de manière très violente à la première petite vieille qui aurait le malheur de passer dans mon champ de vision. Faut que ça sorte.

Il s’agit d’une mise au point linguistique. Certes, notre chère langue française est très complexe. M’enfin quand même, il faudrait essayer de ne pas trop la massacrer non plus, et surtout de rester un poil cohérent.

Prenons la phrase que vous venez de lire quelques lignes plus haut : « Ça, ma cocotte, faut pas me le dire deux fois. »

90% du commun du mortel (si si, vous en faites partie, ne le niez pas) auraient dit « faut pas me le répéter deux fois ».

ET BAH NON !!!

Si on fait ou si on dit un truc deux fois, on ne le répète qu’une fois. On entend trop souvent dire qu’untel a répété la même chose deux fois. C’est un affreux pléonasme, puisque le verbe « répéter » exprime déjà la notion de deuxième fois.

En revanche, si vous dites une phrase trois fois, vous la répétez deux fois. Et ainsi de suite.

Bon, c’est pas que je sois contre le fait de vous rendre plus intelligents, mais il ne faut pas non plus que vous perdiez le fil de l’article. Et puis ce service que je vous rends n’est pas déductible des impôts que je ne paye pas, donc il n’y a aucun intérêt pour moi. Revenons à nos moutons.

(Fin du hors-sujet)

 

J’en étais donc resté à la fin de l’entretien et à l’aimable proposition de la RRH de m’aider si j’en avais besoin dans les semaines à venir.

En faisant le point sur cet entretien, ma conseillère Pôle Emploi est revenue plus en détail sur un gadget dont elle m’avait vaguement parlé auparavant. Le Pôle Emploi permet en effet aux demandeurs d’emploi de tester leurs compétences grâce à l’Évaluation en Milieu de Travail. L’EMT consiste, pour le chômeur, à effectuer une sorte de stage au sein d’une entreprise sous la responsabilité d’un tuteur afin que ledit tuteur puisse évaluer le candidat sur des missions bien précises, juger si ce candidat a les compétences nécessaires pour effectuer ces missions dans le cadre d’un vrai contrat de travail et, si ce n’est pas le cas, indiquer par quel(s) moyen(s) il pourrait combler ce déficit au niveau de son profil, dans le but de pouvoir postuler à un poste similaire au sein de cette entreprise ou d’une autre.

Il me semble que c’est la phrase la plus longue depuis le début de ce blog. Toutes mes excuses.

 

Tiens ! Et si je proposais l’EMT à ma nouvelle copine recruteuse ? Au vu du contenu de l’entretien que je venais de passer, il apparaissait clairement que l’EMT serait idéale pour me permettre de jauger ma capacité à évoluer vers les métiers de la communication, et pourquoi pas devenir un candidat plus crédible pour un poste au sein de cette entreprise.

Qui sait ? Si je faisais une EMT chez eux, peut-être pourrai-je les convaincre de m’embaucher. Ou sinon, je pourrai ressortir cette expérience lors de futurs entretiens pour prouver aux recruteurs qui me recevront que je suis capable d’exercer tel ou tel métier.

Et puis après tout, la RRH a promis de m’aider si elle le pouvait. Donc oui, c’est sûr, elle le fera. D’ailleurs, il n’y a pas de réelle contrainte pour l’entreprise. Tout d’abord, cela ne lui coûte rien car le demandeur d’emploi n’est pas considéré comme un salarié durant cette période et n’est donc pas payé. De plus, l’EMT se déroule sur une très courte période (80 heures maximum). Enfin, l’entreprise est rémunérée par le Pôle Emploi, à la fois pour la remercier du service rendu ainsi que pour la dédommager du temps que le tuteur aura accordé au candidat.

 

J’écris donc à la RRH de l’entreprise peu de temps après que nous nous soyons vus. Je lui rappelle vite fait qu’elle m’a reçu en entretien puis je lui présente l’EMT en détail et je lui demande si son entreprise peut m’accueillir dans le cadre de cette prestation.

Un an après, j’attends toujours la réponse.

Cela signifierait-il qu’elle ne s’attendait pas à ce que je la prenne au mot quand elle a proposé de m’aider, et qu’en lisant mon e-mail elle a immédiatement regretté de m’avoir tendu la main ? Et donc qu’elle m’aurait volontairement ignoré tout ce temps ?

Noooon, c’est absolument inconcevable.

Je suis sûr que je vais bientôt recevoir sa réponse. Incessamment sous peu.

 

Générique : Sandrine Vanoni et Les Enfants de Bondy – Le Bisou des Bisounours