Alors là, immense coup de gueule.

Le 16 octobre 2009, Anne Lauvergeon, qui était à l’époque présidente de la société Areva, pète littéralement les plombs lors du Women’s Forum, sorte de réunion défoulatoire de crypto-lesbiennes frustrées :

Je me demande comment Anne Lauvergeon a pu ne pas remporter le Prix de Nobel de physiologie. On a en effet découvert, grâce à cet éminent cerveau, que le mâle blanc était l’échelon le plus bas de la race humaine.

Ce ne serait pas de la discrimination, par hasard ?

Inversons les rôles. Remplacez le mot « blanc » par « noir », « arabe » ou « musulman », et le mot « mâle » par « femelle » : vous pouvez être sûr que la personne prononçant une telle phrase se verrait immédiatement montrée du doigt, traînée en justice et ostracisée. Pourtant, cette séquence est passée totalement inaperçue. Même son passage au journal de 20h de France 2 n’a pas provoqué de polémique.

 

Ce dérapage n’est malheureusement pas un cas isolé. La recherche de la diversité à tout prix et la peur de se faire traiter de raciste amènent tout un tas de dérives stupides depuis quelque temps, notamment dans le domaine de l’emploi.

Ainsi, depuis plusieurs années déjà, les acteurs du monde du travail ont mis en place une « charte de la diversité en entreprise », que les entreprises signataires s’engagent à respecter.

On peut légitimement se demander en quoi consiste cette charte de la diversité. Sous couvert de promettre une égalité des chances entre tous les candidats, quel que soit leur profil (sexe, âge, handicap, origine ethnique…), ne s’agit-il pas plutôt d’une manière détournée d’assurer aux personnes soi-disant défavorisées qu’elles seront avantagées dans les processus de recrutement ?

En effet, si les deux premiers articles de la charte mettent l’accent sur l’importance de la non-discrimination (ce qui est tout à fait louable), l’article suivant indique clairement qu’il faut faire le maximum pour recruter des personnes issues de telle ou telle diversité, « et notamment culturelle ». Contradictoire, non ? On retrouve le même paradoxe dans la définition de la charte qui, je cite, « condamne les discriminations dans le domaine de l'emploi et décide d'œuvrer en faveur de la diversité ». Il me semble que si on œuvre en faveur d’un groupe, quelles que soient ses caractéristiques, on en défavorise un autre. À moins de considérer que certains groupes peuvent être défavorisés, et d’autres non. On s’éloigne déjà de l’égalité des chances promise par cette même charte…

Le site Internet va même jusqu’à dire que, signer la charte, c’est « améliorer la performance de l’entreprise ». Cela sous-entend donc qu’une entreprise est plus performante si elle accueille en son sein des travailleurs issus de certaines diversités. Les travailleurs qui n’en seraient pas issus seraient donc moins performants ??? Encore une fois, inversez les rôles. Jamais une charte proposant de n’engager que des mâles blancs et d’améliorer la performance de l’entreprise ne pourrait voir le jour sans créer la polémique. Celle-ci serait entièrement justifiée dans ce sens, alors pourquoi pas dans l’autre ? Et pourtant, cette charte de la diversité existe et je n’invente rien de ses termes, vous pouvez aller vérifier par vous-même sur le site Internet.

 

Certaines personnes concernées sont contre cette charte et toute discrimination positive en général car elles veulent obtenir un emploi sur leurs mérites, et pas grâce à leur couleur de peau. Ce qui, en soi, est totalement légitime et compréhensible. D’ailleurs, n’a-t-on pas là un flagrant délit de racisme ? Considérer que des personnes devraient être favorisées car elles seraient de pauvres petites choses sans défense, ce n’est pas considérer qu’elles seraient « inférieures » ?

Ça peut sembler ridicule d’accuser les anti-racistes de racisme, mais j’assume.

Toujours est-il qu’il y a bien évidemment, dans l’autre camp, tout un tas d’individus qui applaudissent des deux mains cette initiative car ils se considèrent victimes de discrimination, ou bien car ils estiment, dans un magnifique élan d’empathie, que des personnes moins bien loties qu’eux en sont victimes et veulent leur porter assistance.

En somme, des autoproclamés arrières-arrières-arrières-petit-fils de Robin des Bois, qui prennent les emplois des uns pour les refiler aux autres.

 

Tout d’abord, rien ne prouve que ces discriminations existent. Enfin si, il y en a très probablement ; mais certainement pas dans des proportions aussi importantes qu’on veut nous le faire croire, du genre « si vous êtes noir ou maghrébin, votre candidature sera systématiquement rejetée ». Après tout, personne ne vérifie les fameux testings effectués et dont on peut douter de l’objectivité. Le coup du CV totalement identique envoyé deux fois avec deux patronymes différents, le CV au nom français étant conservé tandis que celui avec un nom à consonance étrangère passe directement aux oubliettes, le tout sans que l’entreprise ne fasse le rapprochement entre les deux candidatures, je trouve ça un peu gros.

Et quand bien même il y aurait des discriminations, il semblerait plus logique et moins grave qu’elles touchent les personnes d’origine étrangère plutôt que celles de souche. Je ne cautionne absolument pas ces pratiques, simplement je trouve le discours incohérent : il faudrait refuser les discriminations, sauf celles qui touchent les populations locales. Je ne parle que d’origine ethnique car le critère sexuel n’est qu’un prétexte ; cette charte concerne avant tout les demandeurs d’emploi issus d’horizons différents, même si ce n’est pas clairement affiché.

Au-delà de ça, on propose tout simplement de discriminer pour lutter contre les discriminations ! Pire, on invente un rapport de force en faveur d’un groupe ethnique pour justifier le fait qu’on va discriminer ce groupe en question afin de rétablir l’égalité.

 

D’ailleurs, les populations autochtones sont-elles si favorisées que ça ? Prenons mon exemple puisque, pour reprendre les propos de la mère Lauvergeon, je suis un mâle blanc. Et hétérosexuel, qui plus est ; je cumule vraiment toutes les tares… Bref, je suis donc le prototype même du français soi-disant privilégié.

Et pourtant, je ne trouve pas de travail… Et croyez-moi, je suis loin d’être le seul. J’en connais un paquet autour de moi, et vous aussi sans aucun doute.

Alors entendre qu’il faudrait favoriser certains demandeurs d’emploi en fonction de critères ethniques ou sexuels afin de corriger un prétendu déséquilibre… Personnellement, à deux ans de chômage, je n’ai pas vraiment l’impression d’être avantagé !

Puis il faut être logique : si certaines catégories étaient favorisées, les individus concernés auraient tous un emploi. Il n’y aurait donc pas besoin de favoriser les autres, puisque seuls ces derniers seraient au chômage.

 

Je n’ai évidemment jamais pensé que j’avais pu rater une opportunité d’embauche à cause de ça. Contrairement à certains, je ne me cherche pas d’excuses bidons ; et l’argument débile des étrangers qui piqueraient le boulot des français, je le condamne fermement. Beurk caca prout. Simplement, je critique le principe. Quand vous êtes au chômage depuis longtemps et que vous entendez ce genre de discours, il est légitime, je pense, d’être consterné à l’idée que des dégénérés pareils puisse décider de votre avenir professionnel.

Et puis bon, c’est trop facile de toujours parler de la couleur de peau comme unique raison. Qui dit que la personne est vraiment employable ? Combien s’expriment dans un français approximatif, ou ont un comportement en société des plus déplacés ? Il suffit de sortir de chez soi pour s’en rendre compte. Attention : je ne fais aucune généralité, je n’affirme surtout pas que toutes les personnes ayant telle ou telle caractéristique ethnique, sexuelle ou religieuse seraient inemployables, absolument pas (en gras et en souligné pour bien vous convaincre, mieux vaut deux fois qu’une). Des cons, il y en a partout : chez les blancs, les noirs, les rouges, les verts à pois roses, les hommes, les femmes, les croyants, les athées, les homos, les hétéros, les chiens, les chats, les supporters du PSG, ceux de l’OM (surtout ceux de l’OM, quand même),… etc.

Donc j’insiste, je ne fais aucune généralité. Simplement, je demande que l’on n’en fasse pas non plus dans l’autre sens, en prétendant que toutes les personnes issues des différentes diversités seraient forcément employables. Elles ne le sont pas toutes, pour diverses raisons, et omettre de préciser que cet état de fait peut être un frein à leurs recherches d’emploi pour systématiquement mettre le racisme et/ou le sexisme en avant est une grossière faute d’analyse qui relève avant tout d’une malhonnêteté intellectuelle volontaire et préméditée*.

 

Prenez l’exemple des sorties en discothèques, elles aussi sujettes à des testings en tout genre. Si vous avez 5 mecs qui se pointent sans fille, bourrés, en faisant du bruit et en étant mal habillés, ils vont se faire refouler à l’entrée. Croyez-vous qu’ils mettront cela sur le compte de leur comportement ? Certainement pas… C’est forcément du racisme.

D’autant plus qu’il ne s’agit que d’une composante du problème. Les discriminations à l’embauche touchent un paquet de monde. Alors bien sûr, des personnes vont se voir refuser un boulot à cause de leur couleur de peau, faut pas se leurrer. Encore une fois, des cons, il y en a partout ; donc chez les recruteurs aussi. Mais ce n’est pas le seul critère discriminant, loin de là !

Les entreprises ne veulent pas des jeunes car ils n’ont pas d’expérience.

Elles ne veulent pas des vieux car ils sont trop proches de la retraite, ils sont vus comme dépassés et il faudra recommencer le recrutement à court terme quand ils arrêteront de travailler.

Si vous être trop expérimenté, ce n’est pas bon non plus ! En effet, vous allez exiger un salaire trop élevé, ou alors l’entreprise va penser que vous allez vous ennuyer et que vous quitterez votre poste à la première occasion… Je suis d’autant plus bien placé pour en parler puisque je l’ai moi-même vécu ; vous aurez l’occasion d’en savoir un peu plus dans un futur proche. ;)

Pas de femmes non plus, car elles tombent enceintes et, apparemment, c’est scandaleux. C’est quand même incroyable de reprocher aux femmes de faire exactement ce que la nature leur permet de faire… D’autant plus que le congé maternité permet à des demandeurs d’emploi de choper un CDD de quelques mois, c’est toujours bon à prendre. Du coup, l’idée d’imposer un congé paternité obligatoire me semble, à première vue, une idée intéressante. Méfiance tout de même, ça vient du MEDEF… C’est peut-être un prétexte pour freiner les carrières des papas et, par la même occasion, leurs salaires**. Mais on s’éloigne du sujet.

Après tout, on peut aller encore plus loin. Avez-vous souvent vu des hommes à des postes de secrétariat et d’accueil dans des entreprises ? Non, on choisit le plus souvent des femmes.

Des femmes agréables à regarder, bien sûr. Encore une discrimination… Sauf qu’on ne voit jamais les boudins défiler dans la rue pour se plaindre. Cela dit, c’est pas plus mal.

Mais bizarrement on n’entend jamais ce discours. Seules les femmes seraient discriminées au profit des vilains mâles oppresseurs… Des mâles blancs, évidemment.

Oué, j’ai aussi une dent contre les féministes. Ils ne réclament pas l’égalité entre les sexes, mais l’égalité dans les domaines où les femmes sont défavorisées. Jamais vous ne les entendrez demander une égalité des droits de garde des enfants lors d’un divorce, alors que ceux-ci sont obtenus par la mère dans une écrasante majorité des cas. Mais je ne vais pas aller plus loin, je pense que je me suis déjà fait assez d’ennemis avec ce billet.

 

Je fais quand même une conclusion pour être sûr d’avoir bien été compris, et parce que je me doute bien que la tentation de hurler au racisme a fatalement touché certains d’entre vous. Je critique toute forme de discrimination, que ce soit envers les un(e)s ou les autres. Et c’est bien pour cela que je suis consterné par cette charte en général, et par les exemples dérivatifs en particulier, tels les propos prononcés par Miss Nucléaire. Car ces irresponsables ne se contentent pas de dénoncer les discriminations et les inégalités, quelles qu’elles soient. Si c’était le cas, j’applaudirais des deux mains.

Non, ils vont beaucoup plus loin que cela en appelant très clairement (encore fois, allez sur le site de la charte) à une discrimination que l’on appelle positive, allez savoir pourquoi. En plus d’être incohérent avec leurs propres idées, ce discours est absolument néfaste et gerbant. Et pourtant ils le tiennent, tout en se cachant derrière leurs élans de générosité afin qu’on ne puisse les attaquer. Comme le dit le proverbe, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Dans le même temps, ils brandissent le bouclier du racisme au moindre embryon de critique, réduisant ainsi à néant toute possibilité de débat sur le sujet. Les fascistes ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

 

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Cet article était prévu depuis longtemps. Entre temps, Anne Lauvergeon a été débarquée de son poste à Areva et remplacée… par un mâle blanc. C’est con, hein ?

Soit dit en passant, certains experts pensent que les salariés d’Areva pris en otage au Niger ont été victimes d’un service de sécurité étonnamment défaillant vu les circonstances. Ces mêmes experts soupçonnent donc des trahisons au sein même des salariés d’Areva, ainsi que de la part des agents privés - issus des populations locales - chargés de la sécurité des salariés. La transmission d’informations capitales sur la sécurité des futurs otages n’aurait été possible, selon eux, que grâce à une complicité locale. Pour plus de détails, allez consulter cet article.

Peut-être donc que si Anne Lauvergeon s’était entourée d’un petit peu plus de mâles blancs pour assurer la sécurité de ses salariés, cela ne serait pas arrivé.

Qui sème le vent récolte la tempête. Qui pisse contre le vent se rince les dents.

 

Petit message aux associations de m**** (censuré), type SOS Racisme, le MRAP, la HALDE, la LICRA, les chiennes de garde, les indigènes de la République, les indivisibles, le CRAN, le CRIF, le CROUF, le CRUF, le CREUF, le CREUJ, ou Dieu sait quoi encore : si vous passez dans le coin, vous êtes expressément priés de me répondre sur vos sites respectifs et, si possible, de m’attaquer en justice. Ça me permettra de faire le buzz et de multiplier mon nombre de visites par 458. Merci d’avance.

 

Exceptionnellement, pas de générique. Je m’autocensure pour ne pas avoir à mettre « Orelsan – Sale p*** ».

 

* C’est important de faire de belles phrases pour montrer qu’on peut critiquer tout en restant maître de ses nerfs dans son argumentation.

** Comme expliqué par Isa dans l’excellente BD « La vie sentimentale de Laurence P. », à paraître après-demain et à se procurer absolument !