Continuons avec la suite logique dans le processus de recherche d’emploi, à savoir les entretiens. Si vous arrivez à en avoir, évidemment.

Je sais, j’aurais du poster cet article juste après celui concernant la recherche d’offres, mais il n’était pas encore prêt. J’en ai donc publié d’autres déjà finis depuis longtemps pour vous faire patienter, et me laisser le temps de fignoler celui-là.

 

La première chose à savoir pour un entretien et de ne surtout pas y aller les mains dans les poches : vous devez maîtriser le texte de l’offre sur le bout des doigts afin de faire le rapprochement avec votre profil, ce qui vous permettra de prouver au recruteur que vous êtes le candidat idéal. Il vous faudra également être allé sur le site de l’entreprise afin de connaître son activité, ses services… Votre interlocuteur vous en fera une présentation mais, au cas où il vous demanderait si vous avez un jeté un coup d’œil à leur site web, il serait assez préjudiciable de répondre non…

Maintenant que vous avez préparé l’entretien, il faut vous rendre présentable. Cela veut dire, entre autres, qu’il faut être bien rasé pour les hommes. Enfin, pour les femmes aussi, après tout.

Assurez-vous également de ressembler à la photo de votre CV si vous en avez mis une. Si vous avez le look Francis Lalanne sur la photo et que vous vous pointez en mode Charles le chauve, le recruteur risque de tiquer un peu. D’où la nécessité de mettre une photo récente sur votre CV, chaque détail a son importance.

Pour la tenue, il va falloir vous équiper d’un costard cravate. Vous pourrez tombez la veste en été mais pas avant d’être dans le bureau.

Quant aux femmes, le tailleur est de rigueur. Si jamais vous avez le moindre doute sur la qualité et le professionnalisme de votre tenue, n’hésitez pas à m’envoyer vos photos. :-)

Tenue impec’, pas de morceau de viande coincé entre les dents, pas de poils qui dépassent trop du nez ni des oreilles ? C’est bon, vous êtes prêt à partir.

Et vous êtes prêt À L’HEURE, hein !

De même que je vous avais prévenu par le passé qu’il était inacceptable de faire des fautes d’orthographe dans une lettre de motivation, surtout avec l’aide des correcteurs orthographiques, il en est de même pour la ponctualité en entretien. Déjà que c’est mal vu d’arriver en retard, c’est encore moins pardonnable de nos jours avec tous les outils mis à votre disposition pour calculer votre trajet et éviter les bouchons : Mappy, Google Maps, les GPS…

Arrangez-vous donc pour arriver à l’heure, et même un peu en avance, tant qu’à faire. Pas trop tôt non plus, sinon ça fait genre « je m’impose et je force la main au recruteur ». En gros, n’arrivez pas plus de dix minutes en avance.

Malgré toutes vos précautions, il se peut que vous soyez en retard…

Saletés de travaux !

Pourritures de bus !

FEIGNASSES DE GRÉVISTES !!!

Vous l’aurez compris, le destin s’acharnera volontiers pour vous mettre tout un tas de bâtons dans les roues, COMME PAR HASARD ce jour bien précis.

Paradoxalement, c’est le genre de truc qui pourrait me faire croire en Dieu. Franchement, si j’étais seul depuis des milliards d’années tout là-haut avec comme seul loisir de mater ce qui se passe sur Terre, je m’arrangerais pour pourrir au maximum la vie des pauvres taches dont je contrôle l’existence.

Bref, si vous êtes en retard, passez un petit coup de fil pour prévenir la personne qui doit vous recevoir. Faute avouée est à moitié pardonnée, mais vous avez intérêt à avoir une excuse en béton armé.

C’est d’autant plus injuste que, très souvent, ce sont vos hôtes qui sont à la bourre. Ils sont déjà sur place, ils ont eu toute la journée pour organiser leur boulot et se rendre disponible pour vous recevoir… et pourtant, certains vous feront patienter. Pas moyen de dire quoi que ce soit, vous ne pouvez pas vous le permettre. En même temps, c’est une loi de la nature : plus on est proche de l’endroit où l’on doit se rendre, plus on a de chances d’être en retard.

En fait c’est surtout pour ça que je vous conseille de ne pas arriver trop en avance. L’attente pourrait vous sembler bien longue… Soit dit en passant, si vous êtes venu en voiture et que vous vous êtes garé sur une place payante, ne soyez pas radin avec l’horodateur. Entre les retards possibles et le contenu de l’entretien, vous pouvez y passer une bonne heure et demie.

Profitez-en pour vous relaxer, ce n’est qu’un entretien. Certes, c’est un moment important, une occasion qu’il ne faut surtout pas faire capoter, mais il ne faut pas non plus se laisser ronger par le stress. Vous donneriez l’image de quelqu’un ne sachant pas résister à la pression, alors que c’est une qualité très souvent demandée. Tout au long de l’entretien, tâchez d’être détendu tout en restant professionnel.

 

Ayé, le grand moment est arrivé : le recruteur fait son entrée et se présente devant vous. L’entretien commence dès maintenant alors faites attention à tous les petits détails. La poignée de mains, par exemple, doit être énergique mais pas écrasante. Ça peut paraître superflu comme recommandation, mais lors d’un entretien tout compte.

Le plus souvent vous serez reçu par une seule personne, mais il se peut qu’il y en ait deux. Il s’agira soit d’un supérieur et d’un subordonné, ou alors d’une personne chargée des ressources humaines et d’une autre spécialisée dans le métier correspondant au poste pour lequel vous postulez.

Attendez qu’on vous propose de vous asseoir, c’est une question de politesse. À moins de tomber sur un sadique qui va s’amuser à vous regarder de sa chaise en vous demandant si vous comptez rester debout tout l’entretien, le recruteur devrait vous faire signe assez vite de prendre place. C’est une sorte de protocole social en fait, un rituel à observer.

 

Voici ensuite la phrase que vous allez entendre dans 99% des cas :

« Je vous propose dans un premier temps de vous présenter l’entreprise puis le poste à pourvoir, et après vous me parlerez de vous, de votre parcours, de ce que vous cherchez… »

Comme si c’était une manière originale de procéder, alors qu’en fait cela se passe tout le temps comme cela.

Cette première partie de l’entretien va exiger de vous un certain travail d’attention et de prise de notes. Il s’agira d’emmagasiner en un temps record un maximum d’informations sur l’activité de l’entreprise, sa manière de procéder et vos futures missions si vous êtes l’heureux élu. N’hésitez pas à couper le recruteur pour reformuler ce qu’il vient de dire, histoire de lui montrer que vous avez bien compris ce qu’il vous raconte.

Il est également très important de poser des questions sur l’entreprise et le poste ; soyez donc attentif à ce que votre interlocuteur vous dit et aussi à ce qu’il ne vous dit pas (taille des clients, effectif de la société…). Cela vous permettra d’avoir au moins une question à poser, même si elle vous paraît superflue.

 

C’est maintenant à votre tour de vous présenter. N’ayez pas peur de répéter ce qui se trouve sur votre CV, vous pourrez difficilement être plus original que les renseignements que vous y avez indiqués. En revanche, profitez de votre temps de parole pour expliquer les choix que vous avez fait au cours de votre formation, pour dire pourquoi vous avez choisi de vous spécialiser dans tel ou tel domaine et pourquoi vous recherchez un emploi dans tel ou tel métier.

Revenez ensuite sur vos expériences passées en développant vos missions afin de montrer au recruteur l’étendue de vos compétences. Si possible, essayez de glisser des références à l’offre à laquelle vous postulez, en la mettant en rapport avec votre parcours et votre profil professionnel. En plus de prouver que vous êtes le candidat idéal, cela montre que vous avez bien compris les tenants et les aboutissants du poste.

 

La parole est maintenant de nouveau au recruteur qui va vous assaillir de questions en vous fixant de son regard perçant mais en conservant une attitude neutre, comme si cette odieuse intrusion au plus profond de votre être ne lui procurait aucun plaisir, alors qu’en fait c’est un sadique qui prend son pied en vous mettant mal à l’aise.

Comment ça, j’exagère ?

Bref, voici quelques questions sur lesquelles vous risquez de tomber au cours d’un entretien.

Commençons par le grand classique qui consistera, pour le recruteur, à vous demander de citer vos qualités et vos défauts ; en général, un ou deux de chaque.

Pour les qualités, si on vous en demande plus d’une, je vous conseille d’en donner au moins une professionnelle et une relationnelle. Gardez bien en tête qu’il ne s’agit pas uniquement d’un boulot, vous allez passer huit heures par jour avec vos collaborateurs (enfin sauf s’il s’agit d’un poste avec déplacements, mais ne compliquons pas les choses). Vous pouvez avoir un profil en béton armé, vous resterez à la porte si vous êtes un connard. Cela ne suffira pas forcément de dire que vous êtes sérieux et professionnel, donc si vous avez déjà travaillé auparavant, dites à votre interlocuteur que vous avez toujours eu de bonnes relations avec vos collègues lors de vos précédentes expériences, et que cela prouve que vous avez un bon relationnel.

En ce qui concerne les défauts, c’est forcément plus délicat puisque vous devez répondre sans vous griller auprès du recruteur. Pour cela, essayez de faire en sorte que vos défauts soient en quelque sorte des qualités, ou tout du moins leur version exacerbée. Je sais que ce n’est pas évident, mais c’est possible. Vous pouvez par exemple dire que vous êtes têtu, c’est un peu un défaut mais, en un sens, c’est une variante de l’obstination qui est une qualité. Vous avez pigé le truc ? ^^

Attention quand même à ce que le défaut ne soit pas trop important au point d’éclipser une éventuelle qualité sous-jacente. Par exemple, si vous collectionnez des objets liés au IIIème Reich, vous aurez du mal à vous justifier en évoquant une passion dévorante pour l’Histoire en général.

Une variante consiste à vous demander « Pourquoi devrais-je vous recruter plutôt qu’un autre candidat ? ». Et là, bon courage… Difficile de ne pas voir cette question comme une sorte de conclusion permettant au candidat de rappeler sa motivation et à quel point son profil correspond à l’offre. Si vous arrivez à trouver une manière originale de répondre à cela, et si la personne en face de vous n’a pas un balai coincé dans l’issue de secours, vous pouvez tenter le coup. J’ai essayé la carte de l’humour une fois en disant que c’était bientôt mon anniversaire et que ça serait un beau cadeau ; ça a fait rire le recruteur mais je n’ai pas été pris pour autant. À vous de voir…

 

Parfois, cette question sur vos qualités et défauts vous sera posée de la manière suivante : « Si je demande à votre précédent employeur de me parler de vous, que me dira-t-il ? », sans forcément aller jusqu’à vous demander un contact à interroger.

D’ailleurs, histoire de vérifier que vous ne racontez pas de bobards, on peut vous demander des références. Je pensais que cela se faisait fréquemment mais apparemment non. À titre personnel, cela ne m’est arrivé qu’une seule fois. Toujours est-il qu’il faut y être préparé et que, si vous avez vraiment confiance, vous pouvez vous-même prendre l’initiative de proposer au recruteur de lui fournir les coordonnées d’un ou deux anciens employeurs à contacter. Cela ne peut que vous servir.

J’en profite pour préciser, si c’est vraiment nécessaire, qu’il est donc très important de ne pas laisser d’ennemis derrière soi quand on quitte une entreprise…

 

On en arrive maintenant à la délicate question des prétentions salariales. Qu’une fourchette soit donnée ou pas dans le texte de l’offre, le sujet sera très probablement abordé en entretien, d’autant plus que le salaire indiqué dans l’annonce ne sera pas forcément celui qui vous sera proposé, puisque les entreprises ajustent parfois le montant en fonction de l’expérience du candidat retenu.

Pendant l’entretien, soit le recruteur vous dira cash combien le boulot est payé, soit il vous demandera quelles sont vos prétentions. Vous pouvez lui indiquer le salaire que vous perceviez avant (si vous en étiez satisfait) et/ou celui que vous souhaitez toucher.

Comme cette question a de grandes chances de tomber, préparez votre réponse à l’avance ; beaucoup de sites permettent de donner une échelle de salaire en fonction du poste, du niveau de formation, de l’expérience et de la région où vous vous situez. Vous pourrez ainsi donner un chiffre médian qui ne vous grillera pas. Une prétention trop élevée risque de vous faire passer à côté du poste ; mais si vous indiquez un montant trop bas, le recruteur va penser que vous vous sous-estimez. Dans tous les cas, laissez entendre que vous êtes ouvert à toute négociation.

Cependant, il se peut que ce sujet ne soit pas évoqué. Là, j’avoue ne pas trop savoir si vous devez vous-même le mettre sur la table. Cela dit, bien que l’argent soit un sujet tabou en France, vous ne pouvez pas signer pour un poste sans connaître votre rémunération. Il faudra bien en parler à un moment ou à un autre, d’autant plus que le salaire peut être complété par certains avantages : 13ème mois, tickets resto, intéressement…

 

Une fois que le recruteur et vous avez fait le tour des interrogations professionnelles, ce n’est pas forcément fini. Vous aurez en effet peut-être en bonus un certain nombre de questions inutiles originales auxquelles il faut être préparé.

Dans le genre « Non mais attendez je ne comprends pas pourquoi vous me posez cette question parce qu’elle ne vous apportera franchement rien et puis je ne vois vraiment pas ce que je vais bien pouvoir répondre, zut quoi à la fin ! », il y a la fameuse : « Où vous voyez-vous dans X années ? », X étant généralement égal à 5 ou à 10.

Merci pour le gros piège… Si vous avez des objectifs de carrière, exposez-les mais il ne faut pas passer pour un mercenaire prêt à quitter son poste du jour au lendemain. Si l’emploi pour lequel vous postulez ne vous promet aucune perspective d’évolution et que vous faites preuve de trop d’ambition, cela va se retourner contre vous. Inversement, un candidat qui n’a pas d’objectif particulier en terme d’évolution professionnelle ne donnera pas spécialement envie d’être recruté. Cette question est un délicat numéro d’équilibriste, essayez de préparer une réponse avant l’entretien.

Sachez aussi que, comme je vous l’avait dit dans l’article sur la rédaction de CV, votre interlocuteur peut vous interroger sur tout ce que vous aurez indiqué dans votre curriculum. Faites donc bien attention à ce que vous y mettez et préparez-vous à répondre à ce genre de questions.

Enfin, si vous avez visité des sites Internet donnant des conseils sur les entretiens, vous avez sûrement remarqué une petite partie sur les questions trop personnelles qu’un recruteur n’a pas le droit de vous poser, et auxquelles vous pouvez donc parfaitement ne pas répondre. Cela peut concerner les opinions politiques ou l’orientation sexuelle par exemple. Personnellement ça ne m’est jamais arrivé, et je ne connais personne qui se soit retrouvé dans cette situation. Les spécialistes du recrutement conseillent de calmement répondre au recruteur que la réponse ne le regarde pas et n’est en aucun cas liée au sujet de l’entretien. Ça doit quand même être bien étrange comme situation…

Pour les femmes et l’épineuse question de la maternité couplée à la vie professionnelle, je ne suis évidemment pas du tout qualifié pour vous répondre. Il paraît que les recruteurs n’ont pas à vous interroger là-dessus car ce critère ne doit aucunement rentrer en compte dans leur décision finale. Dans la réalité, ce n’est pas aussi évident… Je vous laisse donc chercher par vous-même des conseils sur des sites spécialisés, vous trouverez tout ce qu’il vous faut pour rassurer votre interlocuteur sur votre capacité à être une femme de l’an 2000, pouvant assumer simultanément les rôles de mère et de femme active.

 

La dernière chose à laquelle il faut être préparé, bien qu’elle n’arrive pas forcément en dernier au cours d’un entretien, ce sont les tests. Et oui, le recruteur ne peut pas totalement juger de votre capacité à remplir votre potentielle future mission par une simple conversation, aussi longue soit-elle. Il va avoir besoin de vous voir à l’œuvre, et pour cela il peut vous tester.

Il y a plusieurs possibilités : soit un test de logique comme dans les évaluations de QI où l’on vous donne une liste de nombres et où il faut donner celui qui suit ; soit un exercice de mise en situation où l’on vous demande d’effectuer dans un temps imparti une mission typique de celles que vous aurez à faire si vous obtenez le poste.

Plus simplement, le recruteur peut vous poser au cours de la conversation des questions sur le métier, surtout s’il est constamment en évolution comme c’est le cas pour le mien.

Enfin, on pourra vous demander de réaliser un travail chez vous ; c’est plus rare mais cela m’est arrivé deux fois récemment.

Après tout, les recruteurs ont le droit d’estimer que l’entretien seul ne peut pas suffire à déterminer si un candidat fera l’affaire ou pas. Rien de mieux qu’une vérification en bonne et due forme ! Bref, ne soyez pas surpris si cela vous arrive.

 

Si à la fin de l’entretien vous sentez que la personne en face de vous n’est pas spécialement emballée à l’idée de vous recruter, sachez que le Pôle Emploi propose une prestation appelée Évaluation en Milieu de Travail Préalable au Recrutement (EMTPR). En gros, c’est un stage non payé d’une courte durée durant lequel le candidat va effectuer des missions bien précises et être suivi puis évalué par un tuteur, afin de déterminer s’il est apte à travailler dans ce domaine. Voici un lien qui vous donnera des informations plus précises sur l’EMTPR.

Le Pôle Emploi propose également un atelier de préparation aux entretiens ; n’hésitez pas à demander à y participer, cela ne pourra que vous aider.

Voilà, c’est (enfin) fini. Vous pouvez vous détendre et rentrer au bercail.

 

Une fois arrivé chez soi, faut-il sauter sur son ordinateur et envoyer un message au recruteur pour le remercier de l’entretien et pour lui dire que vous avez très envie du poste ? C’est un conseil que l’on entend souvent ; perso je trouve que ça fait un peu lèche-bottes… Soi-disant que cela permet d’insister sur votre motivation pour le poste. Mouais… Si vous n’avez pas été foutu de le montrer en 30 minutes d’entretien, ce n’est pas un e-mail de deux lignes qui va vous sauver la mise.

À vous de voir, c’est une pratique qui se fait et qui est parfois conseillée. Je l’ai fait une fois ; derrière, le mec ne m’a même pas rappelé pour me dire que je n’avais pas le job. Ça valait bien le coup de faire des ronds de jambe…

Le Pôle Emploi conseille de rappeler très vite l’entreprise pour savoir où en est le recrutement. Il paraît que ça aide les recruteurs à se décider car cela leur permet de voir quels sont les candidats motivés… Je trouve ça vraiment naze comme argument, et encore plus naze comme comportement si les boîtes agissent comme ça. En gros, elles jouent à cache-cache en se disant « Hop, on se met dans un coin et on attend de voir quels candidats nous courent après, haha c’est trop drôle ». Putain mais je suis au chômage, c’est pas un jeu pour moi ! Je fonctionne peut-être trop simplement mais je pense qu’il n’y a pas à chercher midi à 14 heures. L’entreprise est intéressée, elle appelle le candidat pour lui proposer un autre entretien ou directement un contrat ; elle n’est pas intéressée, elle le dégage. Point.

De toute façon, je trouve ça assez malpoli de brusquer l’entreprise dans son planning, d’autant plus que les décisionnaires sont déjà occupés par leur travail à côté. Et si ça se trouve, ils n’ont même pas fini de recevoir tous les candidats… Quel est l’intérêt alors de rappeler au bout de deux jours ? Et puis après tout, c’est à l’entreprise de vous recontacter. Normalement.

Puis ça met le candidat dans une position délicate. Je suis toujours tiraillé entre les deux positions : soit je rappelle et je prend le risque de brusquer le recruteur, soit je ne rappelle pas et je lui laisse peut-être penser que je ne suis pas motivé.

Ce problème ne se poserait pas si les boîtes agissaient simplement en respectant leur parole de rappeler chaque candidat, si possible après un délai pas trop long. Mais bon, j’imagine que c’est une manière un peu trop bisounoursesque de raisonner.

Toujours est-il que, comme évoqué précédemment, on ne vous rappellera pas toujours après un entretien pour vous informer que votre candidature n’a pas été retenue. Ça, c’est le manque de classe ultime. Une boîte ne reçoit pas 50 candidats pour un poste, ce n’est quand même pas la mer à boire de les rappeler, ou au moins d’envoyer un petit e-mail.

Si on ne vous recontacte pas, et à plus forte raison si on vous avait indiqué un délai (genre, « on vous donne une réponse en fin de semaine »), vous pouvez rappeler au bout de deux semaines ; ça ne sera pas impoli, bien au contraire. Il est tout à fait normal de s’inquiéter au bout d’un certain temps. Mais dites-vous que si vous n’avez pas eu de nouvelles en 15 jours, c’est rarement bon signe… Essayez quand même, c’est votre droit le plus absolu d’obtenir une réponse. Puis si le recruteur ne vous a pas rappelé pour s’éviter la peine de devoir vous annoncer une mauvaise nouvelle, il mérite bien de se faire forcer la main. Juste pour le faire chier.

Pour ne pas paraître trop pressant, vous pouvez vous contenter d’envoyer un e-mail à la personne qui vous a reçu, en lui demandant poliment où en est le processus de recrutement et en rappelant que vous êtes toujours disponible et intéressé par le poste.

Si vous recevez une réponse négative, n’hésitez pas à en demander les raisons. Ce n’est pas impoli, précisez bien que c’est un renseignement qui va vous aider. Cela peut en effet être utile de savoir s’il manque quelque chose dans votre profil ou si vous avez montré une mauvaise facette de votre personnalité lors de l’entretien. Il est cependant assez dur d’obtenir une réponse précise. Le plus souvent j’ai droit à une conversation de ce genre :

« On a beaucoup hésité mais on a choisi un autre candidat dont le profil nous semblait plus correspondre au poste.

- D’accord… Je peux vous demander pourquoi ?

- Euuuuuuh… En fait, euuuuuuh… Disons qu’on a beaucoup hésité mais on a choisi un autre candidat euhhhh… un candidat dont le profil nous semblait plus correspondre au poste. »

En général, ils aiment bien tourner autour du pot pour ne pas avoir à vous répondre. Si vous avez tendance à vite verser dans l’insulte, lâchez l’affaire…

 

Puisqu’il paraît que je suis un éternel pessimiste, j’ai décidé de vous surprendre en finissant par l’hypothèse où vous seriez reçu.

Enfin, pas forcément reçu pour le poste en lui-même. Et oui, sachez qu’il est relativement rare (en tout cas, à titre personnel) qu’un recrutement ne se règle qu’en une tournée d’entretiens.

Premièrement parce que, s’il y a beaucoup de postulants, ce n’est pas évident d’en choisir un seul. Deuxièmement parce que, le recrutement n’étant pas la responsabilité que d’une seule personne, il vous faudra rencontrer d’autres collaborateurs de l’entreprise.

S’il est possible que le deuxième entretien se fasse avec le même interlocuteur que le premier, le plus souvent vous rencontrerez quelqu’un d’autre : soit une personne du même service que celui où le poste est à pourvoir (ce sont souvent les chargés de ressources humaines qui s’occupent du premier tour), soit un salarié de l’entreprise avec qui vous serez amené à collaborer, ou encore un supérieur hiérarchique.

Deux entretiens suffisent la plupart du temps, mais dans le cas de grandes entreprises il se peut qu’il y en ait un troisième, afin de rencontrer le big boss.

 

Je pense avoir à peu près fait le tour de ce qu’il y a à savoir sur les entretiens. Si vous ne deviez retenir que deux choses, ce serait de bien le préparer et d’y aller relax (mais pas trop !).

Bon courage !


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Je n’ai parlé que des entretiens classiques. Je sais que certaines entreprises proposent des entretiens particuliers où tous les candidats sont réunis dans une pièce avec une mise en situation filmée qui permettra de déterminer lequel s’en sort le mieux. Il paraît aussi que de nouvelles méthodes de recrutement pour le moins originales ont récemment fait leur apparition. Ainsi, certaines boîtes organiseraient des parties de poker entre les candidats sélectionnés afin de tester leur capacité à prendre des décisions et leur résistance au stress. N’ayant jamais expérimenté cela, je l’ai volontairement occulté de mon article. Si vous avez vécu ce type d’expériences, n’hésitez pas à nous le faire partager par un petit commentaire.

D’ailleurs, que ce soit sur ce sujet ou un autre, je pense vous proposer bientôt de participer à ce blog en m’envoyant vos témoignages. Alors soit j’en ferai un seul article best of, soit je publierai votre prose telle quelle en consacrant un article à chaque intervenant. Je ferai un appel à témoin dans les semaines à venir, donc commencez à plancher dessus si cela vous intéresse. :)

 

Générique : Vitalic – U and I