Maintenant que je suis à nouveau disponible sur le marché du travail, il faut que je me replonge dans la jungle de la recherche d’emploi. Et pour cela, je dois mettre à jour mon CV et ma lettre de motivation.

LE truc gonflant.

Non seulement c’est un travail qui prend énormément de temps parce qu’il faut que ces deux documents soient irréprochables ; mais en plus, très souvent, la moindre modification implique de tout recommencer à zéro.

Et une fois que vous pensez avoir fini, il vous vient à l’idée de faire partager vos réalisations pour recueillir des avis que vous imaginez dithyrambiques.

Sauf que c’est loin d’être toujours le cas. Faites le test autour de vous, montrez votre CV ou votre lettre à dix personnes, vous recevrez autant de remarques négatives et de conseils tous aussi différents les uns que les autres. Et parfois même contradictoires, ce qui ne vous avancera pas beaucoup.

Vous recevrez donc parfois des conseils de soi-disant professionnels du recrutement, ou de votre entourage bien décidé à vous aider à vous sortir de cette mauvaise passe.

Et il arrive que les dits conseils soient… particuliers. Le souci est que vous pouvez difficilement envoyer sur les roses les bons samaritains qui acceptent de se pencher sur votre cas, même quand vous doutez de la pertinence de leur aide.

Comment mieux me faire comprendre… ?

 

Avez-vous déjà regardé D&co ? Vous savez, la fameuse émission dans laquelle Laa-Laa (ex-télétubby) vient vous expliquer comment réaménager votre intérieur, probablement après avoir sniffé sa propre peinture.

Je me suis farci un épisode un jour. Comme ça, pour essayer. Pardonnez-moi mon Père, parce que j’ai pêché… Et, avec ma chance légendaire, je suis tombé sur un passage absolument mythique.

On y voit la célèbre Valérie Damidot en plein cogitage devant un mur. Prise d’une illumination dont elle seule a le secret, elle décide de peindre sur ce mur trois rectangles les uns au-dessus des autres, et de coller au centre de chacun d’eux une sorte de petite poignée. Fière d’elle, elle se retourne vers les propriétaires de la maison en leur disant :

« Voilà, c’est comme si vous aviez un meuble incrusté dans le mur. »

Wahou ! Niveau réflexion, c’est méga poussé. C’est le genre de prouesse intellectuelle complexe qui ferait passer « 2001, l’odyssée de l’espace* » pour une histoire de Oui-Oui.

Et bien c’est souvent à ça que je pense quand j’entends certaines remarques sur mon CV et ma lettre de motivation.

Attention, pas toujours, hein ! J’ai déjà reçu des conseils très pertinents que j’ai appliqués.

Mais parfois, c’était carrément psychédélique. Alors bon ok, les goûts et les couleurs… M’enfin faut pas pousser mémé dans les orties non plus.

Mais alors, qu’est-ce qu’un bon CV ? Qu’est-ce qu’une bonne lettre de motivation ?

Nous allons essayer de passer en revue les éléments du CV et de la lettre, identifier les choses à faire et à ne pas faire et, surtout, bien se foutre des conseils les plus folkloriques que j’ai pu recevoir. Ceux-ci se verront décerner des palmes d’or, les petits veinards.

 

 

LE CV

 

La forme :

J’ai rédigé un CV pour la première fois lors de mes recherches de stage à l’IUT, autant dire que j’étais totalement novice en la matière. Pour quiconque dans ce cas, il est tout à fait normal de commencer par le classique « état civil – formation – expériences – centres d’intérêts », avec une mise en page et une présentation minimale.

Puis un jour, une personne de mon entourage m’a très justement fait remarquer que c’était un peu simpliste pour quelqu’un bossant dans le marketing, et que je devrais savoir me vendre mieux que ça.

Tiens, un conseil pertinent. Vous voyez, je ne suis pas totalement hermétique.

Alors j’ai fouiné un peu sur le web pour trouver des CV que des professionnels expérimentés mettaient en ligne, et j’ai fini par trouver quelque chose d’assez esthétique, coloré mais pas trop, voyant mais pas flashy, original mais pas excentrique, salé mais pas poivré.

Des couleurs, des formes, de beaux titres : tout de suite, ça rend mieux.

Je tiens quand même à vous rassurer, j’ai parfaitement conscience que mon blog est très moche avec cette alliance blanc Colgate, bleu encre et jaune délavé. N’allez pas croire que j’ai des goûts de chiotte, mon CV rend mieux que ça, si si. J’ai juste la flemme de faire mieux pour le blog.

Bref, tout ça pour dire que les entreprises reçoivent des paquets de CV, il faut donc essayer de se démarquer tout en restant professionnel. Pas évident mais ça se travaille.

Conclusion : Google est votre ami. Enfin non, il analyse vos recherches, votre comportement sur le net, les sites que vous visitez, les produits que vous achetez, il lit vos mails, tout ça pour vous inonder de pubs. Mais mis à part ça, il est quand même très pratique alors n’hésitez pas à l’utiliser pour trouver un maximum de CV et y piocher des idées intéressantes pour améliorer le votre. Comme moi, recherchez plutôt des CV existants mis en ligne par des professionnels plutôt que de perdre votre temps sur les sites de conseils de rédaction de CV, bordéliques et pas toujours gratuits. Ciblez si possible le même métier que le votre : en termes de design, on ne demandera pas au comptable le même CV qu’à un graphiste. Le conseil vaudra aussi pour la lettre de motivation mais on n’en est pas encore là, alors ne changez pas de sujet, merci.

 

Le fond :

Le titre du CV :

Le conseil qui revient très souvent en premier est de ne surtout pas mettre « Curriculum vitae » comme titre. En effet, à moins d’envoyer votre candidature à un trisomique ou à un rappeur, le destinataire sait que c’est un CV. Ne le prenez donc pas pour plus bête qu’il ne l’est, au risque de vous griller d’entrée.

Quant à savoir si vous devez mettre un intitulé de poste comme titre, cela se fait souvent. Si vous avez déjà un emploi, vous pouvez indiquer votre fonction actuelle. Évidemment, si vous êtes en recherche d’emploi, ne mettez pas « Chômeur ». Je précise, on ne sait jamais. Vous pouvez toujours indiquer le poste qui correspond le plus à votre expérience (si vous en avez une) et/ou à vos compétences, mais cela peut ne pas totalement correspondre à l’offre à laquelle vous postulez, si vous répondez à une annonce. En revanche, mettez un titre si vous envoyez une candidature spontanée afin de donner au recruteur une idée du poste que vous souhaitez occuper.

Conclusion : Mettez un titre si c’est vraiment pertinent dans votre candidature, et non pas juste pour dire que vous avez mis un titre parce que ça fait bien et qu’on vous l’a conseillé.

 

L’état civil :

Cette petite partie a l’air d’être là juste pour la forme mais elle peut être plus importante qu’il n’y paraît.

Je ne m’attarderai pas tout de suite sur le débat « faut-il indiquer son nom quand celui-ci ne sonne pas vraiment terroir français ? », car je parlerai du CV anonyme un peu plus bas. Je précise quand même que je suis totalement concerné par cette question, que j’ai toujours indiqué mon nom et que ça ne m’a pas empêché de dégoter des entretiens et de trouver du travail.

L’âge, maintenant. Il vaut mieux le mettre, c’est un renseignement capital et les recruteurs pourraient penser que vous avez quelque chose à cacher si vous ne le mentionnez pas. De toute façon, vous allez indiquer des dates dans les parties « formation » et « expériences », alors bas les masques. Par contre, petit détail très important : mettez votre âge et non votre date de naissance. Premièrement, le recruteur a autre chose à faire que de calculer votre âge. Deuxièmement, figurez-vous que certains atrophiés de la boîte crânienne réalisent des tests sur votre date de naissance pour vérifier si vous êtes astrologiquement compatibles. C’est une rumeur que j’avais entendu ici et là et qu’une directrice de cabinet de recrutement m’a confirmée. Si vous tombez sur un illuminé pareil, il finira forcément par vous demander ce renseignement mais bon… Ne serait-ce que pour l’argument numéro un, n’indiquez que votre âge.

Notez évidemment vos coordonnées : adresse, téléphone, e-mail. Attention pour ce dernier : créez-vous une adresse professionnelle au lieu d’indiquer votre adresse MSN de type bogossdu75 ou tite_choupinette. Petite astuce : vous pouvez rediriger les mails reçus d’une boîte de réception vers une autre, afin de ne pas en avoir 50 à consulter.

N’oubliez évidemment pas de préciser si vous avez le permis, ainsi que si vous possédez un véhicule. Sachez que si vous ne l’avez pas, vous tomberez au moins une fois sur un recruteur qui vous dira « Bon, évidemment, vous avez le permis… Hein ? Ah bon, vous ne l’avez pas ?». Anecdote vécue et que je raconterai dans un futur billet, je sais que vous en frémissez d’avance.

Et pour finir, la situation personnelle. Honnêtement je ne vois pas bien en quoi c’est intéressant. Ça se fait, c’est comme ça. Soi-disant que le fait d’être marié(e) avec enfants est une preuve de stabilité, tandis que le célibataire est intéressant car il est plus mobile et il peut faire des heures supplémentaires puisque personne ne l’attend à la maison le soir. C'est à peine glauque, comme raisonnement.

C’est surtout pour vous mesdames et vous mesdemoiselles que ce renseignement est handicapant, la femme non ménopausée étant le cauchemar de tout recruteur. Il serait donc évidemment conseillé de ne pas mentionner le nombre d’enfants que vous avez mais c’est une question qui tombera fatalement au cours de l’entretien, de même que si vous comptez en avoir dans un futur proche. Cette discrimination est illégale mais vous ne vous en sortirez pas en répondant au recruteur que ce renseignement ne le regarde pas.

Soit dit en passant, en dessous d’un certain âge (disons, 25 ans), cela se fait d’indiquer sa situation uniquement quand on en a une. Tout le monde se contrefout que vous soyez célibataire à vingt ans, ne le mettez pas.

Palme d’or du conseil à faible valeur ajoutée : « Tu devrais mettre les noms propres entièrement en majuscules, pas seulement la première lettre. » Ahhh, c’est pour ÇA que je galère autant à trouver du boulot : je ne mettais que la première lettre de ma ville en majuscule. C’est simple en fait, la recherche d’emploi. Et le conseil vient d’une soi-disant formatrice dans ce domaine…

Grand prix du jury : Il est décerné à… tiens, encore un conseil à la noix (édit poli) venant de cette même formatrice en recherche d’emploi. J’ai un e-mail professionnel de type prénom_nom@machin.truc. Et bien, croyez-moi ou pas, cette fameuse spécialiste m’a renvoyé mon CV gribouillé et annoté de conseils, en ayant notamment entouré l’underscore de l’e-mail sans rien écrire à côté. Elle voulait peut-être commencer une partie de puissance 4, je ne sais pas…

Le podium est complété par « Mentionne ton permis de conduire ». Bordel mais J’AI PAS LE PERMIS !!! Sinon je le mettrai, je suis pas complètement débile non plus. Enfin je ne l’avais pas à l’époque où on m’a dit ça ; depuis je l’ai eu et, évidemment, je l’indique sur mon CV.

Conclusion : Gardez bien à l’esprit que vous essayez de dégoter un entretien, il faut donc que le tout soit professionnel et sans raconter votre vie.

 

La photo :

Encore un débat interminable. Faut-il mettre sa photo ou pas sur son CV ? Les avis sont partagés mais, à ma grande surprise, il semble que le camp du non soit légèrement dominant. L’argument est le suivant : si votre tête ne revient pas au recruteur, il jettera votre CV sans l’avoir lu… Je pars du principe qu’il finira bien par voir ma tête tôt ou tard et que, si je ne mets pas de photo, c’est parce que je souhaite cacher quelque chose. Certes, le but est d’obtenir un entretien ; mais si le recruteur estime que vous avez un physique rédhibitoire (noir, maghrébin, rouquin…), il finira par rejeter votre candidature après vous avoir vu. Autant s’éviter les affres d’un entretien, je pense notamment au stress et au port du costard, surtout en été.

Alors évidemment, il y a aussi le problème de la discrimination en fonction des origines ethniques. Mais franchement, si vous vous appelez Boubacar, autant mettre votre photo : le recruteur se doutera bien que vous n’êtes ni japonais ni norvégien. Vous pouvez également tenter le CV anonyme, nous y reviendrons plus tard.

Palme d’or du conseil à faible valeur ajoutée : « Tu ne souris pas sur la photo ». Mouais… C’est un document professionnel, je ne fais pas un book pour être mannequin et je ne suis pas non plus en train de me vendre sur un site de rencontres. De toute façon j’ai essayé le sourire et ça ne colle pas. Ok quand je ne souris pas j’ai une tête de psychopathe ; mais quand je souris j’ai une tête de psychopathe qui fait la tournée des maternelles. La photo ne montre que le visage mais on devine le paquet de bonbons dans la poche intérieure du costard.

Grand prix du jury : « Ton nœud de cravate est mal fait ». Oui bah j’ai la glotte sensible, j’aurais été une très mauvaise actrice porno. Ou alors il aurait fallu que j’aie une doublure gorge profonde. Bref, vu le nombre de candidatures reçues, je doute fortement que les recruteurs prennent leurs loupes pour vérifier si le nœud de cravate de chaque candidat est bien fait.

Conclusion : Joker. Je continue d’envoyer des CV avec ma photo, pour les raisons expliquées quelques lignes plus haut, mais je n’irai pas jusqu’à vous conseiller d’en faire autant. Démerdez-vous.

 

Le contenu du CV en lui-même.

Comme expliqué précédemment, j’ai longtemps construit mon CV de manière classique. J’avais une partie « expériences » dans laquelle je présentais en quelques mots mes précédents emplois.

Un jour, lors d’un rendez-vous au Pôle Emploi avec d’autres chômeurs, chacun a fait tourner son CV afin de recueillir les avis des autres demandeurs d’emploi. L’une des personnes présentes m’a fait remarquer qu’on ne voyait pas quelles étaient mes compétences sur mon CV. Ce monsieur ayant lui-même été chargé de recrutement et m’ayant décrit à quelle vitesse il jetait les candidatures, je l’ai écouté avec une grande attention.

J’ai donc décidé de remodeler mon CV d’après ses remarques. Vu le succès que je rencontrais jusque-là, je ne risquais pas de faire pire. C’était d’ailleurs assez logique comme démarche car il m’arrivait de me répéter dans la partie « expériences », puisque j’avais réalisé plusieurs fois les mêmes tâches.

J’ai donc placé une grande partie « compétences » dans laquelle je mettais tout ce que je savais faire, en classant tout cela par thèmes. Pour gagner de la place, j’ai réduit la partie « expériences » au strict minimum : nom de l’entreprise, intitulé du poste, durée, type de contrat. Ça me permettait de ne pas faire doublon avec les compétences, et surtout de garder des choses à dire pour les entretiens.

J’ai montré ce CV à la formatrice que vous commencez à bien connaître au fil de ces lignes. La pauvre, elle prend cher… Mais elle l’a un peu cherché. En effet, elle m’a renvoyé un modèle de CV adapté à mon parcours, à peine mieux que ceux que je faisais il y a cinq ans ! Aucune originalité ni dans la forme ni dans le fond. Chapeau, l’artiste ! Si elle est formatrice en recherche d’emploi, moi je suis neurochirurgien avec un doctorat de physique quantique.

Sans aller jusqu’à parler de réussite complète, ce nouveau CV m’a permis de décrocher quelques entretiens. Pas beaucoup plus qu’avant, mais pas moins non plus.

Puis, au cours d’un apéritif organisé par des professionnels du webmarketing, j’ai pu discuter avec une directrice de cabinet de recrutement qui m’a dit de la manière la plus diplomatique qui soit que mon CV était à chier, principalement parce que, sans un détail de mes expériences, on ne voyait pas bien ce que je savais faire.

Retour à la case départ…

Quand je me suis justifié de ce choix de rédaction (compétences plutôt qu’expériences), elle m’a dit que c’était le genre de conseils bidons que le Pôle Emploi donnait aux chômeurs, qu’elle voyait défiler un paquet de CV construits de cette manière et qu’ils finissaient systématiquement à la poubelle. Ce n’est pas très surprenant de voir un cabinet de recrutement cracher sur le Pôle Emploi (ou l’inverse), chacun défend son bout de gras. Mais pour le pauvre chômeur perdu entre deux conseils contradictoires, c’est un peu délicat de choisir.

J’ai vite remarqué que cette chasseuse de têtes était une VRAIE professionnelle du recrutement et pas une amatrice qui s’improvise spécialiste après avoir suivi deux pauvres ateliers « rédaction CV & lettres de motivation » au Pôle Emploi. J’ai donc suivi ses recommandations sans pour autant revenir à la version 1.0 de mon CV. J’ai redéveloppé la partie « expériences » et ai laissé la partie « compétences », ça fait un peu doublon alors que c’est précisément ce que je voulais éviter à la base, mais elle m’a dit qu’elle le trouvait mieux ainsi. Prout, je n’y touche plus.

À vous de voir ce qui vous semble être la meilleure façon de faire…

En ce qui concerne vos formations, soyez le plus clair possible. Évitez de remonter trop loin (jusqu’au bac, maximum) et expliquez en quelques mots ce que vous avez appris au cours de vos études, histoire de bien situer votre profil.

Et enfin, la partie « centres d’intérêts ». Ou bien « loisirs ». En tout cas, évitez absolument de la nommer « autres » ou « divers », ça ne fait pas pro. Il faut faire très attention à ce que vous y inscrivez, un recruteur pointilleux pourra vous interroger sur son contenu.

Ne mettez pas « lecture » si vous n’avez pas au moins deux livres dont vous pouvez parler pendant plusieurs minutes sans vous arrêter.

Ne mettez pas « sport » si vous n’en pratiquez pas un.

Ne mettez pas « musique » juste parce que vous en écoutez, il faut tripoter un instrument de temps à autre.

Ne mettez pas « voyages » si le seul but de vos escapades à l’étranger est de choper une nana dans chaque pays.

Bon, pour le cinéma, on ne vous demandera pas d’être cinéaste amateur. Mais il faut avoir une culture cinématographique en béton armé.

J’arrête ici, vous avez compris le topo.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette partie est facultative. Ne vous sentez pas obligés de la placer dans votre CV si vous n’avez rien à y écrire.

Palme d’or du conseil à faible valeur ajoutée : « Ne mets pas que tu as un bac+4, ça veut dire que tu t’es arrêté avant le bac+5, ça ne joue pas en ta faveur ». Bah à cette époque, le bac+4 existait encore… je ne me suis pas arrêté en cours de route ! Et à 5000€ l’année supplémentaire, en effet je n’ai pas poussé vers une cinquième année… Désolé d’être aussi décevant.

Grand prix du jury : « N’écris pas ce que tu as appris au cours de chaque formation ». Bah au contraire, il me semble que c’est relativement important de donner quelques informations sur ses études… non ? 4-5 mots indiquant les matières étudiées, ça ne casse pas trois pattes à un canard et ça me paraît être utile sur un CV. Mais bon, peut-être est-ce une perte de temps. Peut-être devrais-je me concentrer sur mon nœud de cravate…

Conclusion : La phrase qui revient le plus souvent est que les recruteurs n’accordent que 20 secondes à chaque CV. Soyez donc clairs et précis, et utilisez tout l’attirail nécessaire (taille, couleur, gras) pour faire ressortir les éléments-clés de votre CV. Et comme pour l’aspect graphique, allez piocher des idées un peu partout en ciblant si possible les CV de professionnels exerçant le même corps de métier que le votre. Vous saurez ainsi comment les personnes ayant un profil similaire au votre mettent en valeur leur parcours.

 

Et le CV anonyme ?

Je n’ai jamais trouvé que c’était une bonne idée. Comme je l’ai dit plus haut, si le recruteur ne veut pas embaucher un candidat à cause de son sexe, de son âge ou de sa couleur de peau, il ne l’embauchera pas, même si ce candidat aura obtenu un entretien grâce au CV anonyme. Je pars du principe que le recruteur se méfie en recevant un CV anonyme, puisqu’il trahit d’une certaine manière la personne qui l’envoie. Honnêtement, ce n’est pas le bobo du 16ème qui va envoyer un CV anonyme… C’est plutôt celui ou celle qui estime que son nom, sa couleur de peau, son sexe, sa ville ou son âge va le/la pénaliser par rapport à d’autres candidats dans le processus de recrutement.

Je ne sais plus qui avait fait un sketch sur le CV anonyme (les Guignols de l’info, peut-être) en montrant que tous les éléments d’un curriculum pouvaient être discriminatoires. Le nom indique l’origine ethnique, l’adresse peut-être handicapante s’il s’agit d’un quartier dit sensible, l’expérience peut donner une indication sur l’âge ou le lieu d’habitation, les compétences et la formation peuvent donner une indication sur le profil ou, là encore, sur le lieu d’habitation… Bref, la conclusion du sketch était que le CV anonyme idéal était tout simplement une page blanche. Ça m’avait fait plutôt sourire… Du coup je ne pense pas que ça vienne des Guignols, qui ont arrêté d’être drôles depuis une bonne dizaine d’années.

Bref, la mise en place du CV anonyme part d’une bonne intention mais c’est une idée foireuse, soyons francs. D’ailleurs, les récentes études ont montré son échec complet. Je le déconseille fortement et apparemment je ne suis pas le seul, si tant est que mon avis seul ne vous suffise pas.

 

 

LA LETTRE DE MOTIVATION :

 

La rédaction :

La première question à se poser est de savoir si l’on envoie une lettre manuscrite ou dactylographiée. L’envoi de candidatures par e-mail est complètement entré dans les mœurs de nos jours, ne craignez donc pas de faire chauffer votre clavier. D’ailleurs, la plupart du temps, vous trouverez une adresse e-mail dans les offres d’emploi. Si vous avez le choix entre l’e-mail et l’adresse postale, n’hésitez pas à choisir la première solution.

Idem pour les candidatures spontanées : les entreprises ont très souvent une page « recrutement » sur leur site web avec, soit un e-mail, soit un formulaire de contact permettant de joindre des documents Word.

Plus rarement, certaines offres d’emploi vous imposeront la lettre manuscrite ; il y a encore des maniaques qui croient dur comme fer à l’analyse graphologique. Si cela peut se concevoir pour des postes de cadres supérieurs, c’est difficilement compréhensible pour des emplois moins gradés.

Faites très attention à l’orthographe ! C’est absolument impardonnable de faire des fautes dans une candidature, à plus forte raison de nos jours avec les correcteurs orthographiques. Méfiez-vous quand même, il arrive à ces derniers de délirer un peu. N’hésitez donc pas à vérifier orthographe, accords et conjugaisons sur Internet, ou éventuellement à faire relire votre lettre par quelqu’un de doué en orthographe (genre moi) et d’assez sympa pour vous aider (genre pas moi).

 

L’état civil :

Ne vous sentez pas obligés de suivre mon conseil sur cette partie car je risque de me trouver seul contre tous. En effet, je vois sur la plupart des lettres que les candidats recopient leur état civil complet, et c’est également un conseil que l’on me donne. Non mais réfléchissez deux minutes, bordel de nouille : votre état civil complet se trouve DÉJÀ sur votre CV que, normalement, vous allez envoyer en même temps que la lettre. C’est incroyable à quel point on peut se prendre la tête pour des détails, mais tout est important.

Palme d’or du conseil à faible valeur ajoutée : « Il faut aussi que tu mettes ton numéro de portable et ton e-mail. » Et ma taille ? Et mon poids ? Et mon numéro de sécu ? Hein ? Hein ?

Conclusion : Ne perdez pas de temps ni de place à tout remettre dans la lettre de motivation. Nom, prénom et adresse complète suffisent largement.

 

La présentation de la lettre :

Tiens, un autre débat : à qui faut-il adresser la lettre de motivation ?

- Il faut mettre « Monsieur », dans tous les cas.

- Non, il faut mettre « Madame, Monsieur ».

- Non, il faut toujours s’arranger pour connaître le nom de la personne à qui on écrit.

Je rassemble tous les avis en une fois sous la forme d’une discussion entre trois interlocuteurs mais c’est totalement fictif. N’allez pas croire que j’organise ce genre de débat ô combien passionnant en soirée.

La plupart du temps, le nom du contact est indiqué dans l’offre d’emploi. Si ce n’est pas le cas, ou si vous envoyez une candidature spontanée, faites un petit tour sur le site de l’entreprise. Vous aurez peut-être une page dédiée aux forces vives de la société qui vous permettra de savoir si le DRH s’appelle Jean-Christian Ranu, Jean-Patrick Berthier ou Jean-Didier Leguélec. Sinon, tant pis : « à l’attention du Directeur des Ressources Humaines » suivi de « Madame, Monsieur » suffira ; la candidature parviendra tôt ou tard à la personne concernée.

N’oubliez pas d’indiquer l’objet de votre courrier. Faites simple, rappelez le titre de l’offre et/ou la référence, s’il y en a une.

 

Le contenu de la lettre :

Ouuuh, le sujet sensible… En plus d’être délicat, c’est un exercice chiant au possible. Personnellement, je pense que les recruteurs s’intéressent surtout au CV plutôt que de savoir si vous leur envoyez vos sentiments les meilleurs ou bien vos salutations distinguées. Il me semble qu’elle prend toute son importance plus le poste visé est haut gradé, car les DRH analyseront votre prose avec soin si vous postulez pour un emploi de cadre supérieur. Mais, quel que soit le poste, la lettre de motivation fait partie intégrante de la candidature ; il faut donc la rédiger avec soin.

Le conseil qui revient toujours est de personnaliser sa lettre en fonction du destinataire. Je trouve ça assez ironique quand on sait que les entreprises envoient en guise de réponse un e-mail bateau, identique à celui que les autres candidats reçoivent. Et encore, quand elles répondent… Mais le rapport de force étant en faveur des recruteurs, vous devez leur bichonner une lettre aux petits oignons tandis qu’eux s’arrêteront à peine pour vous cracher en pleine poire si votre candidature n’est pas retenue, c’est comme ça.

L’autre recommandation que l'on retrouve fréquemment est d’organiser votre lettre de la manière suivante : « vous - moi - nous ». C’est-à-dire que vous devez parler de l’entreprise et de son offre, parler de votre profil, puis dire en quoi les deux sont liés.

C’est dans la première partie que la personnalisation intervient. Mais bon, ne perdez pas non plus dix lignes à rappeler au recruteur quelle est l’activité de son entreprise. Après, c’est sur qu’il faut montrer que vous avez bien compris l’offre d’emploi, que votre profil y correspond et que vous êtes en mesure de l’expliquer. Concentrez-vous surtout là-dessus en terme de personnalisation. Résumez l’offre et les compétences demandées en quelques mots, puis présentez vos atouts pour ce poste.

Attention à ne pas trop faire doublon avec le CV. Je sais, c’est incohérent puisque vous devez parler de votre parcours dans la lettre. Mais, par exemple, évitez de répéter les dates, les intitulés de poste ou les noms d’entreprise où vous avez travaillé. Allez à l’essentiel, vous n’êtes pas payés à la page.

Ne mentionnez pas vos prétentions salariales, c’est un sujet qui ne s’aborde qu’en entretien. Il arrive que cela vous soit demandé dans l’offre d’emploi, mais ça me paraît difficile d’en parler dans la lettre. Essayez de glisser de manière diplomatique que vous en parlerez en entretien.

On retrouve beaucoup de léchage de bottes dans les modèles de lettre. « Je suis dynamique », « j’ai le sens du contact », « j’aime travailler en équipe »…etc. Mouais… Ce genre de baratin est bon pour l’entretien, libre à vous d’en faire des caisses dans votre lettre, personnellement je ne le fais pas. Puis si vous dites que vous êtes dynamique alors que vous regardez vos pieds pendant l’entretien, ça va vous retomber sur la tronche.

Paradoxalement, il est souvent conseillé de ne pas rédiger une lettre trop longue, il suffit d’aller sur les sites de modèles de lettres pour s’en rendre compte. Ça me semble assez difficile d’attirer l’attention d’un recruteur en quelques lignes, surtout quand on doit en consacrer certaines à parler de l’entreprise, ce qui me paraît être bien inutile pour le coup ! Mais en gros, voilà, il faut jongler entre le fait d’aller droit au but et le fait d’en dire assez pour intéresser le recruteur.

Si vous envoyez une candidature spontanée : par définition, il n’y a pas de poste à pourvoir. Renseignez-vous donc un maximum sur l’activité de l’entreprise, ses métiers, son implantation géographique ou tout autre élément pouvant être lié à votre profil et aux compétences que vous pouvez apporter. Si ce n’est pas possible, et bien… mythonnez ! Dites que vous avez absolument envie de travailler dans tel secteur ou bien que vous avez entendu des échos positifs sur l’entreprise que vous démarchez ; vous aurez tout le temps de peaufiner votre mensonge avant l’entretien, si vous le décrochez.

Une fois arrivé à la fin de la lettre, indiquez sans trop paraître pressant que vous seriez ravi de pouvoir en dire plus en entretien, plutôt que de quémander un rendez-vous.

Allez hop, une formule de politesse, on signe de son nom, on se lave les dents et au lit.

Enfin non, pas tout à fait. Le billet n’est pas encore fini.

 

Comme pour le CV, faites très attention aux sites de conseils de rédaction de lettre de motivation. Vous y trouverez un paquet d’exemples tous aussi ahurissants les uns que les autres, tels que :

- Parlant l’anglais, l’espagnol, le mandarin, le russe et l’espéranto, je me tourne naturellement vers votre entreprise spécialisée dans l’export.

- Mes trois années de bénévolat au sein d’une ONG, durant lesquelles j’ai participé à la construction d’une école en Afrique, m’ont appris à développer mon sens du contact et mon envie d’aider les autres.

- Je vous contacte car je suis passionné d’automobile, comme en témoigne mon titre de vice champion régional de rallye.

Je ne suis pas bien sûr que le chômeur lambda qui cherche à améliorer sa lettre de motivation ait un profil qui ressemble un tant soit peu aux exemples proposés. Réellement aucun intérêt…

Il n’y a évidemment pas que cela et vous pourrez piocher ici ou là des idées intéressantes, mais très souvent ces exemples de lettres sont trop précis, il est donc difficile d’y trouver son compte.

Palme d’or du conseil à faible valeur ajoutée : Rien de précis mais, encore et toujours, cette chère formatrice en recherche d’emploi qui m’a renvoyé ma lettre de motivation en ayant entouré un mot sur trois, en ayant relié certains entre eux au hasard et en ayant glissé des points d’interrogation un peu partout. J’en profite pour rappeler que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, et que la consommation de produits stupéfiants est illégale.

Conclusion : La lettre doit venir de vous. Vous pourrez trouver des formulations intéressantes sur des exemples de lettres mais elles doivent être adaptées à votre style d’écriture et bien s’imbriquer dans le contenu global de votre lettre. Ne vous contentez pas de pomper des phrases parce qu’elles sonnent bien ; il faut voir votre lettre comme un puzzle, l’ensemble doit être cohérent.

 

 

CONCLUSION GÉNÉRALE :

À celles et ceux qui seraient tentés de me faire remarquer qu’un chômeur de longue durée ferait mieux de ne pas trop la ramener vu la réussite de ses démarches, je me permets de préciser que le domaine dans lequel je cherche du boulot est assez bouché. Les offres sont peu nombreuses mais, malgré cela, j’arrive à décrocher des entretiens de temps à autre. Je peux donc humblement affirmer que mon CV et ma lettre de motivation ne sont pas complètement ratés. De là à dire que mes conseils sont bons, c’est une autre histoire.

Je sais que j’ai pu paraître ingrat et prétentieux au cours de ce billet, mais je tiens quand même à rappeler que la plupart des conseils estampillés « palme d’or » m’ont été donnés par une femme se disant « formatrice en recherche d’emploi » ! Alors la ville en majuscules et le nœud de cravate, pardon, mais je trouve ça un peu léger… et je plains fortement celles et ceux qui ont suivi ses remarques.

C’est bien sûr très aimable de la part de toutes ces personnes de s’être penchées sur mon CV et ma lettre pour m’aider, mais quand vous êtes au chômage depuis un certain temps et qu’on vient vous donner ce genre de conseils pour le moins originaux, vous tirez la tronche. Et puis ho, humour hein !

À côté de ça, j’ai effectivement modifié mon CV à plusieurs reprises en suivant des recommandations que, pour le coup, j’estimais être pertinentes.

Le meilleur conseil que je puisse vous donner, même s’il peut paraître bête, est le suivant : il faut avant tout que votre CV et votre lettre vous plaisent. Ne soyez surtout pas fermés aux avis extérieurs mais ne vous imposez pas des changements qui ne vous convainquent pas. N’oubliez pas qu’un recruteur peut faire référence à chaque élément de votre CV ou de votre lettre en entretien, vous auriez donc l’air stupide en répondant « non mais ça, c’est quelqu’un qui m’a conseillé de le mettre ».

Quant aux conseils extérieurs, même s’ils explosent le ridiculomètre, pensez à bien remercier les personnes qui vous les donnent. Et surtout, évitez d’utiliser cela pour vous moquer de celles et ceux qui ont essayé de vous aider, surtout si ce sont vos amis. Par exemple, en balançant sur un blog les pires conseils que vous avez reçus. Franchement, ça la fout mal.

 

Générique : Mama Cass Elliot – Make your own kind of music

 

* Film à voir, absolument !