Avant d’aller plus loin dans mes péripéties de chômeur, il me semble utile de faire un petit point sur mon parcours. Non parce que je parle, je parle, et je me rends compte que je ne me suis pas présenté. Ou si peu. Rien de passionnant, j’en ai bien peur. Mais ça permet de faire un billet en plus, c’est toujours bon à prendre.

On va passer assez vite sur les 15 premières années, longues et pas très reluisantes. J’étais en effet un horrible fayot qui avait de très bons résultats scolaires. C’était la totale : toujours au premier rang, toujours à lever le doigt pour répondre, toujours à bien faire mes devoirs et, fatalement, toujours premier de la classe. Et pour compléter le tableau, j’aimais les maths et j’étais délégué tous les ans.

S’il y a de la vie sur d’autres planètes, c’est pas impossible que j’en sois un échantillon.

Fort heureusement c’était au siècle dernier, ce qui explique que je sois encore en vie. Je dis ça parce que, de nos jours, c’est vraiment très mal vu de réussir à l’école. Les témoignages d’écoliers, collégiens ou lycéens qui subissent des brimades et des remarques désobligeantes parce qu’ils ont le malheur d’être bons élèves sont aussi nombreux qu’effrayants.

Bon, ce n’est ni un blog politique ni un blog éducatif donc je n’irai pas plus loin, mais je me permets quand même cette petite parenthèse. Entre grosses têtes, il faut être solidaires.

 

C’est au lycée que j’ai arrêté d’avoir ce comportement absolument inacceptable. Je me suis rendu compte que ça ne servait à rien et que c’était même limite chiant parce que les autres en faisaient beaucoup moins, se contentaient du strict minimum en travail et en notes, et ça leur allait très bien. Puis ceux qui fayottaient et qui cartonnaient (souvent des nanas) se faisaient pas mal chambrer alors…

J’avais aussi remarqué quelque chose durant mes années sérieuses : un élève qui a toujours 16 se fait chier dessus aussi bien par ses parents que par ses profs le jour où il a 12, alors que le tocard qui se trimbale des 6 toute l’année est le roi du monde quand il arrive par miracle à décrocher un 9. À la longue c’est frustrant et, la patience et le calme ne faisant pas partie de mes qualités premières, j’ai fini par décrocher.

Un petit machin tout vert a dit un jour que le côté obscur était plus facile, plus rapide, plus séduisant.

C’est pas faux.

Bon, j’ai quand même gardé quelques réflexes de bosseur. On ne se refait pas. Puis il y avait la petite formalité administrative en fin de lycée.

Ahhh le bac… Un grand souvenir. Révisions la veille de chaque matière, sauf pour l’éco, ça m’a pris un week-end. J’avais pris soin d’acheter un zoli bouquin avec l’intégralité du programme parce que je me suis rendu compte que j’avais oublié de prendre des notes durant l’année.

Le bac, je l’ai eu en 3 heures : la durée de l’épreuve de maths. 18 coefficient 7, merci, au revoir.

Le reste a été mi-tranquille, mi-chanceux.

Recrachage des notions d’éco apprises par cœur : 13.

Étude de textes en histoire, forcément. J’allais pas m’enquiquiner avec la dissertation. Pour la géo, j’avais le choix entre la Russie et ses 72 villes d’un côté, et de l’autre côté l’économie du Japon avec Tokyo en forte activité (à colorier en rouge), la périphérie en activité moyenne (orange) et le reste du pays en mode hibernation (jaune). J’ai pas pris la Russie. Ne pas oublier de mettre un titre à la carte. Bref, 12.

Anglais, tranquille : 13.

Oral d’allemand assez mauvais mais l’examinateur était sympa et on parlé foot, vu qu’on était en pleine coupe du monde : 16. C’est la partie « mi-chanceuse » de mon bac.

Philo : 7. Faut vraiment être un taré congénital pour s’intéresser un tant soit peu à cette matière, pardon.

 

Que faire après ? Dès le mois de mars j’avais vu tout le monde s’agiter autour de moi pour retirer des dossiers d’inscription pour l’après-bac. Du coup j’ai fait comme tout le monde et je me suis rendu compte qu’il fallait se pencher sur la question, choisir des formations, remplir des dossiers…

La flemme, mais au moins ça allait m’occuper pendant les cours.

Je me suis renseigné sur STAPS, vite fait. J’aime énormément le sport et j’aurais adoré trouver un métier dans cette branche. Manque de pot, il y a un raisonnement stupide selon lequel il faut être sportif pour faire un métier autour du sport. Alors quand j’ai réalisé l’importance des résultats physiques dans cette formation, je me suis vite résigné. Mes 24 secondes au 100 mètres n’allaient certainement pas jouer en ma faveur.

Bon, pas le choix, je vais devoir me farcir la liste des possibilités de formations. Tiens, ça a l’air pas mal, ce truc : « IUT Gestion des Entreprises et des Administrations ».

L’avantage d’avoir autant de gens impliqués autour de soi, c’est qu’on peut demander des conseils.

J’en ai trouvé deux-trois de ma classe me disant que « oui, GEA ça correspond bien à quelqu’un qui a un bac éco » et « d’ailleurs j’ai postulé pour cette formation ».

Va pour GEA.

C’est vrai que c’est une formation intéressante. Il y a un large panel de matières étudiées sans vraiment se spécialiser, c’est bon pour la culture générale et ça permet surtout de ne pas avoir à prendre de décisions sur son avenir avant deux ans.

Enfin si, on peut se spécialiser en deuxième année si on choisit l’option RH ou l’option comptabilité.

Le seul avantage de RH, c’est la forte représentation féminine. Le programme est gonflant au possible.

La comptabilité est probablement la seconde plus horrible matière que j’ai eu à étudier, juste derrière l’intouchable philo. Paradoxal pour quelqu’un qui aime les chiffres, mais je suis complexe.

Bref j’ai choisi la troisième option, celle qui permet à nouveau de ne pas se spécialiser.

Pourquoi reporter à demain ce qu’on peut faire après-demain ?

De manière générale, je n’ai strictement rien foutu pendant ces deux ans. Vous prenez 6 mecs qui partagent les mêmes passions de gros beaufs lourdauds (foot + analyse visuelle approfondie du sexe faible), vous les mettez en fond de classe et vous obtenez 6 diplômés à l’arrache.

C’est en deuxième année que j’ai eu mes premiers cours de marketing et… Oui, une question ? « Qu’est-ce que le marketing ? »

Crotte. Je savais que je n’y couperai pas.

C’est vrai, je suis systématiquement paumé quand on me pose cette question. Surtout qu’en général on me demande « c’est comme tel ou tel domaine ? », alors que ce n’est pas du tout le cas mais je ne sais jamais expliquer pourquoi. Je m’en sors en disant que c’est un peu comme la communication.

Bon allez, je vais faire un effort pour vous.

Le marketing c’est… hum… euh… Tout mettre en œuvre pour identifier les besoins des clients et y répondre, non ?

Non, je vais pas y arriver. Je vais m’en sortir avec deux pirouettes humoristiques.

 

Pirouette humoristique number one :

marketing 

 

Pirouette humoristique number two :

Les_Simpson_S12E09_Le_cerveau

(petite dédicace à une grande fan qui se reconnaîtra)

 

Bref, toujours est-il que c’est une matière qui m’a plu et que j’ai donc souhaité poursuivre mes études dans cette voie. Je ne saurai pas vous dire pourquoi j’ai été attiré par le marketing, je ne sais déjà pas en donner une définition…

J’ai ensuite suivi un peu à l’aveugle un camarade de promotion qui passait le concours d’entrée d’une petite école de commerce, l’IDRAC. Le concours s’est bien passé, j’ai été admis et ai décidé de suivre la formation en alternance, un peu pour acquérir de l’expérience et surtout pour ne pas avoir à payer les droits d’admission.

Sauf que je n’ai pas trouvé d’entreprise. C’est pas faute d’avoir cherché. On ne peut pas vraiment dire que l’IDRAC m’ait énormément aidé : quatre appels en un an pour me demander si j’avais des pistes, pour me dire que de leur côté ils n’avaient rien pour moi, et pour me rappeler qu’il faudrait que je paye si je voulais faire la formation en continu.

Il a fallu que je me résigne à cette dernière solution, après avoir perdu un an.

Soit dit en passant, maintenant que je suis au chômage je vois beaucoup d’offres d’alternance et peu d’offres d’emploi. Groumpf.

Bref, il n’y a pas grand-chose à dire sur ces deux ans. L’obtention de mon diplôme peut se résumer au chèque à quatre zéros que j’ai refilé pour valider mon admission*. Ils auraient pu me donner le diplôme directement, ça n’aurait pas changé grand-chose. Mais pour la forme il faut quand même attendre deux ans, assister à des cours, rendre des dossiers, passer des examens, effectuer des stages…

Bon, j’ai bossé quand même. Et j’en ai profité pour me spécialiser en marketing.

 

Ma découverte du webmarketing s’est faite totalement par hasard lors de mon stage de fin d’études. Ça n’était pas du tout ma mission principale mais cette dernière ayant été lancée relativement tard, il a fallu m’occuper.

Je suis passé par les grands classiques sans lesquels un stage ne serait pas un stage, à savoir les photocopies et la mise sous pli du courrier.

Un jour, mon tuteur vient me voir pour me dire que le site web de la boîte est mal référencé, et pour me demander si ça m’intéresserait de m’en occuper.

À la base, j’étais un utilisateur normal d’Internet. J’allais sur Google et je faisais mes recherches sans me demander pourquoi les sites apparaissaient dans tel ou tel ordre. Je n’avais donc aucune connaissance de ce métier et de ses spécificités mais ça m’a intéressé alors j’ai dit oui.

J’aurais pu dire « alors j’ai accepté » mais il y avait déjà trop de rimes en « é ».

Bon, c’était pas du référencement top niveau vu que je débutais. Mais ça m’a permis de découvrir un nouveau métier qui m’intéressait doublement, puisqu’il ajoutait la dimension web au marketing, et que cela m’attirait encore plus que le marketing de base.

Je pensais ajouter une simple corde à mon arc, jamais je n’imaginais que cela me permettrait de trouver mon premier emploi. Et pourtant… C’est pile ce que mon ex-futur-employeur cherchait à l’époque, et cette simple mission secondaire de stage a ainsi été plus que bénéfique.

Ayé, on raccorde avec la chronologie du blog. Je fais des parenthèses de plus en plus longues… C’est grave, docteur ?

 

Générique : R. Kelly – The world’s greatest

 

 * Contracter un prêt avant même d’entrer dans la vie professionnelle n’est-il pas un merveilleux signe de précocité ?