Il y a des choses qu’on sent venir. Comme ça, à l’instinct. Ou en étant un chouïa observateur.

Le boss se plaint constamment de la baisse de trésorerie ? Hum, pas bon. Les dernières personnes embauchées subissent un licenciement économique ? Ouch, dur ! Les huissiers commencent à donner de leurs nouvelles à intervalles de plus en plus réguliers ? C’est… mauvais signe*.

Le génie ne prévient pas quand il arrive, ça serait trop simple. Alors un matin, sans trop savoir pourquoi, tu fais le rapprochement. Tu te rappelles toutes tes observations précédentes et tu en ajoutes une nouvelle :

« Tiens, il ne reste plus que le patron et moi. »

Si t’es pas trop fatigué, il ne te faut normalement pas plus de 2,7 secondes pour en conclure que le prochain à prendre la porte ne sera pas le patron.

Il n’empêche : même quand tu t’y attends un minimum, tu tires un peu la tronche quand la nouvelle fatidique te tombe sur le coin de la… ah bah mince, de la tronche. Surtout quand tu l’apprends en revenant de vacances.

Cela dit, c’est plutôt logique. L’été est autant propice aux vacances qu’aux chutes drastiques d’activité, et donc de trésorerie. Sauf pour l’URSSAF, évidemment.

Et puis, il faut dire que je l’avais un peu cherché. Non pas que j’étais une grosse feignasse dont la nullité a plombé l’entreprise. Enfin, j’espère pas… (J., si tu passes par là, merci de me rassurer).

Non, je dis ça par rapport à mes vacances. J’étais allé en Roumanie cette semaine-là ; c’était probablement un signe… Si j’avais choisi les Seychelles ou Tahiti, peut-être qu’une augmentation m’aurait attendu à mon retour.

Non, faut pas rêver quand même.

Bref, après 18 mois de bons et loyaux services, mon contrat prenait brutalement fin.

C’était mon premier emploi post-études. L’ayant trouvé seulement quatre mois après avoir acheté obtenu mon diplôme, inutile de dire que je nourrissais de sérieux espoirs de retrouver un travail relativement vite, et ce malgré « la crise ».

Je me trompais lourdement. Personne n’est parfait.

 

Générique de fin : Michael Jackson – Earth Song

 

* Si l’expression « ça pue du derche » aurait été plus pertinente, vous en conviendrez que cela n’aurait pas été très convenable.